Foot Normand
CDF Féminine. 1/4 de finale - Lyon (D1) / Le Havre AC (D1), mercredi 18 mars à 15H

Au HAC, Célestine Boisard, une révélation en « Ciel et Marine »

En quart de finale de la Coupe de France, le HAC cherchera à réaliser l'exploit face à l'OL Lyonnes. Pour réaliser une performance XXL au Groupama Training Center, l'équipe de Maxime Di Liberto s'appuiera, entre autres, sur Célestine Boisard (20 ans), la révélation des « Ciel et Marine » cette saison. Défenseure acharnée, la Normande, estampillée « made in Cavée » se fait autant remarquer par sa solidité que par sa capacité à peser dans la surface de réparation adverse.

Parmi les moments marquants de sa jeune carrière, Célestine Boisard garde en mémoire son baptême du feu au Stade Océane. ©Emmanuel Lelaidier

Auréolée du meilleure classement de son histoire en Arkema Première Ligue la saison dernière (8e), la section féminine du HAC s'installe, petit à petit, dans l'élite du football français, avec un quatrième exercice consécutif à ce niveau. Pour connaître un peu mieux les joueuses de l’effectif havrais, nous partons régulièrement à leur découverte à travers la plume de leur capitaine, Romane Enguehard.

Sa mère a refusé une première fois le HAC

Pour Célestine Boisard, le football s’est imposé très tôt comme une évidence. Elle découvre ce sport à l’âge de huit ans au SC Thiberville, dans l’Eure. Avant de se consacrer pleinement au ballon rond, la jeune Normande explore pourtant plusieurs disciplines. Judo, basket, tennis ou encore gymnastique : la défenseure touche à tout, sans jamais vraiment lâcher son premier amour. "J’ai toujours eu un ballon avec moi. Même quand je partais simplement me promener avec ma mère, il y en avait un pas très loin", sourit-elle. Une passion presque instinctive, qui s’impose naturellement parmi toutes les autres. À l’époque, la Havraise évolue dans plusieurs clubs de la région, en jouant principalement avec les garçons en mixité. "J’étais en section foot avec eux. J'occupais un peu tous les postes, derrière comme devant, je n’avais pas vraiment de position fixe". Son parcours prend un premier tournant lorsque Célestine Boisard est repérée lors des sélections régionales de la Ligue de Normandie. Alors qu’elle est encore scolarisée au collège, le HAC la contacte. Sa mère préfère toutefois attendre. "Elle voulait que je termine mon année et que je passe mon brevet". Un an plus tard, l’opportunité se représente. Sa famille accepte et la jeune joueuse rejoint les rangs « Ciel et Marine » pour intégrer l’équipe des U19 nationales.

Un passage de l'attaque à la défense salutaire

Son arrivée au HAC à seulement donc 14 ans marque une étape importante dans la vie de Célestine Boisard. Elle quitte son environnement familial pour intégrer l’internat et suivre un double projet sportif et scolaire. Cette période passée notamment au Campus pour la réussite de la jeunesse et des sports au Havre (le CRJS sert d’internat du centre de formation féminin) lui permet de gagner rapidement en maturité. "Être loin de mes proches n’a pas été un problème. Je suis très famille, mais depuis toute jeune, j’ai toujours eu mon indépendance". Côté études, la n°28 des « Ciel et Marine » obtient un baccalauréat STMG avant de poursuivre avec un BTS management commercial opérationnel.

"Je ne sais pas encore exactement ce que je veux faire après le foot. Le commerce, ça ouvre beaucoup de portes. Et la nutrition m’intéresse aussi un peu en grandissant". Sur le plan sportif, son évolution est également marquante. Recrutée au départ comme attaquante, Célestine Boisard occupe un rôle offensif pendant ses premières saisons au club doyen. Mais ses entraîneurs, Maxime Di Liberto en tête, détectent rapidement chez elle des qualités défensives. "J’ai fait deux ans devant, excentrée. Puis le coach m’a repositionnée piston dans un système en 3-5-2". Un changement qui s’avère décisif. "Laure (Lepailleur, la manager de la section féminine) m’a dit que si je voulais franchir un cap et atteindre le haut niveau, ce serait en tant que défenseure". Aujourd’hui, l'Euroise ne regrette pas cette transition. "Je me sens beaucoup mieux à ce poste, plus épanouie et plus performante".

Preuve de l'importance qu'elle acquière dans le collectif « Ciel et Marine », Célestine Boisard a inscrit ses deux premiers buts en Arkema Première Ligue cette saison. ©Emmanuel Lelaidier

Un baptême du feu marquant au Stade Océane

Parmi les moments forts dans sa jeune carrière professionnelle, son baptême du feu au Stade Océane reste gravé dans sa mémoire. C’était face à Fleury (défaite 3-1 du HAC, le 24 avril 2024), une rencontre particulière pour la jeune défenseure. "Franchement, ce fut un match rempli d’émotions. J’étais super fière. On m’a donné ma chance et je me devais de répondre présent". Alignée dans une défense à trois aux côtés de Deja Davis et Elisabeth Tsé, Célestine Boisard découvre alors l’exigence du très haut niveau. "Dej et Eli, ce sont deux très bonnes joueuses qui évoluent, aujourd’hui, dans de gros clubs [respectivement au Paris FC et à Washington Spirit). Jouer avec elles m’a énormément appris". Au-delà du résultat, cette soirée marque un cap dans son parcours. "C’était une étape importante pour moi de jouer au Stade Océane, dans mon club formateur. J’en garde vraiment un très bon souvenir".

Une leader naturelle sur et en dehors du terrain

Sur le terrain, Célestine Boisard, du haut de ses 20 ans se distingue par son énergie et son engagement. Une intensité qui fait souvent d’elle un élément moteur dans le groupe. "J’ai toujours été comme ça. Une acharnée de travail", souligne-t-elle. "J’ai faim de ballons et soif d’apprendre". Cette mentalité, l'Euroise tente de la mettre au service du collectif. "J’ai beaucoup d’énergie. Il faut que j’arrive à la canaliser, mais je ne veux surtout pas la perdre parce que c’est aussi ma force. Et si je peux la transmettre aux autres, c’est positif !" En dehors du football, la défenseure havraise mène une vie simple et équilibrée. "Je vois mes amis, ma famille. J’aime bien aller me balader dans les villes autour du Havre ou passer du temps à la plage. Ça permet de s’aérer l’esprit". Alors qu'elle a récemment prolongé avec le club doyen jusqu’en juin 2028, elle préfère avancer étape par étape. "J’étais très contente de continuer ici. Maintenant, il faut vivre au jour le jour".

Dans les pas de Sergio Ramos

Si Célestine Boisard indique ne pas avoir grandi avec une idole précise, certains joueurs ont malgré tout marqué son regard de défenseure, comme Sergio Ramos ou le Niçois Dante. Deux arrières réputés pour leur caractère et leur leadership, mais également pour leur capacité à se montrer décisifs dans la surface adverse. Un domaine dans lequel la n°28 des « Ciel et Marine » s'illustre également. "C’est une phase de jeu que j’adore, qu’on travaille beaucoup à l’entraînement. On sait que lorsque les matchs sont serrés, ils peuvent basculer dans ce domaine". Cette saison, la Havraise a inscrit ses deux premiers buts en Arkema Première Ligue, face à Marseille (victoire 2-1) et contre Saint-Étienne (1-1). Deux réalisations sur corner. "Ce but face à l’OM, c’était fou, j’ai crié, j’ai couru vers mes coéquipières, j’ai ressenti beaucoup d'émotions à ce moment-là !" À l’image de Sergio Ramos, elle rappelle qu’une défenseure peut aussi faire la différence dans les 16,50 mètres. Et pour celle qui dispute seulement sa première saison pleine en D1, ces premiers buts ne sont sans doute que les prémices d’une progression prometteuse.

> Coupe de France féminine. 1/4 de finale - Lyon (D1) / Le Havre AC (D1), mercredi 18 mars à 15 heures au Stade Gérard-Houllier.

Romane ENGUEHARD

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