De la cour d’école au centre de formation du HAC
"Je savais qu'un jour, je partirais"
Avant de devenir l’un des éléments les plus prometteurs de la section féminine du HAC, Maël Doré découvre le football presque par hasard. Et pour cause, à 11 ans, la Vendéenne pratiquait uniquement le judo. C’est dans la cour de récréation que la jeune fille tape pour la première fois dans un ballon. "Le foot, je le pratiquais beaucoup à l’école. C'est comme ça que je me suis dit : « J'essaierais bien en club»", rembobine-t-elle. L'internationale U17 débute alors aux Essarts, à proximité de sa maison d'enfance, avant de rejoindre, deux ans plus tard, l’ESOF La Roche-sur-Yon afin de franchir un cap. Malgré la possibilité d’intégrer un sport-études, la défenseure préfère rester proche de sa famille et de ses amis, poursuivant sa scolarité tout en effectuant plusieurs trajets hebdomadaires pour s’entraîner.
"Je jouais au foot par plaisir. Je me rendais trois fois par semaine à La Roche. Je n’avais pas encore cette idée de faire carrière". Des sacrifices déjà importants pour Maël Doré, soutenue sans faille par ses parents, toujours présents pour l’accompagner aux séances comme aux matches. Son arrivée au HAC se dessine ensuite à la suite des Interligues organisées à Châteauroux. Repérée lors du tournoi réunissant les meilleures joueuses régionales, la n°38 « Ciel et Marine » est contactée par le club doyen... sur les réseaux sociaux ! Un départ loin du cocon familial qu’elle appréhende finalement assez peu. "Je savais qu’un jour, je partirais. Et puis je connaissais déjà quelques filles comme Luna Laboucarie ou Thaïs Gallais, que j’avais rencontrées en sélection, donc j'étais rassurée".
Le tournoi de Montaigu, une fierté particulière
"Quand je jouais à La Roche, on était ramasseuses de balle"
Les premières sélections nationales arrivent rapidement dans son parcours. Appelée avec l’équipe de développement U15, Maël Doré découvre progressivement l’univers du haut niveau et des rassemblements internationaux. "L’équipe de France, je l’ai toujours perçue comme une récompense. Ça signifiait que je réalisais de bonnes choses aux entraînements et lors des matches". Parmi ses souvenirs les plus marquants, le Tournoi de Montaigu occupe une place toute particulière. Une compétition symbolique pour la jeune fille originaire de Vendée et qui assistait à cette épreuve chaque année lorsqu’elle était plus enfant.
"Quand je jouais à La Roche-sur-Yon, on était ramasseuses de balles. Jamais je ne me serais imaginée le disputer un jour". Entre ambiance festive, public nombreux et attachement personnel à la compétition, le Mondial de Montaigu, comme il est baptisé, reste pour la Havraise un souvenir fort de ses débuts sous le maillot Tricolore. Tout comme sa première Marseillaise, entendue à l'occasion d’un tournoi U16 disputé en Italie. "C’était spécial. Sur le moment, on ne se rendait pas forcément compte, mais après coup, j’ai réalisé ce que ça représentait".
Une finale historique face au PSG
"On essaiera d'apporter du calme et de la maturité"
Ce dimanche, les jeunes Havraises disputent la finale de la première édition de la Coupe Nike U18 face au Paris Saint-Germain. Un rendez-vous important pour Maël Doré et ses coéquipières, bien décidées à marquer l’histoire de la compétition. "On a hâte de jouer cette finale. Peu importe le résultat, il ne faut pas avoir de regret et tout donner jusqu’au bout". Si l’enjeu est de taille, la défenseure centrale du HAC met surtout en avant l’état d’esprit collectif du groupe « Ciel et Marine ». Pour preuve, tout l’effectif a effectué le déplacement jusqu'à Valenciennes, cadre de ce rendez-vous de prestige. Un rendez-vous qui arrive au terme d'une saison où la jeune joueuse, du haut de ses 18 ans, a connu son baptême du feu en Arkema Première Ligue.
Cette expérience précieuse, Maël Dore souhaite désormais la transmettre à ses plus jeunes partenaires. "Avec Emmy (Lefèvre), Thaïs, Luna ou Talila (Seika), on essaiera d’apporter du calme et de la maturité. Dans des matchs comme celui-ci, il faut gérer ses émotions et rester positives même quand on rate quelque chose". Dimanche, face à leurs homologues parisiennes, les Havraises tenteront donc d’ajouter une nouvelle ligne au palmarès du club doyen. Une affiche prestigieuse pour une joueuse qui, rappelons-le, a découvert simplement le football dans la cour de son école en Vendée il y a quelques années. Désormais aux portes du haut niveau, Maël Doré espère transformer cette finale en nouveau souvenir marquant de sa carrière naissante.
> Coupe Nike U18 féminine. Finale - Le Havre AC (Nat) / Paris SG (Nat), dimanche 10 mai à 12 heures au Stade du Hainaut à Valenciennes.
Romane ENGUEHARD
