Du haut de ses 35 ans, Vincent Sasso s’apprête à découvrir la Ligue 1 ! Presque un paradoxe pour un élément qui a fait de la longévité (plus de 370 matches chez les professionnels) l’une de ses marques de fabrique. "C’est une opportunité incroyable qui ne se refuse pas. Forcément, c’est gratifiant, surtout à mon âge. Mais ce n’est que le début…", prévient l’ex-Dunkerquois. Pour le défenseur formé au FC Nantes, qui a longtemps évolué en première division portugaise et suisse, la L1 ne tournait pas à l’obsession. "Très honnêtement, je ne me posais pas vraiment la question. Je n’étais pas là en train de me dire : « Il faut absolument que j’y joue »". D’ailleurs, il n’interprète pas sa signature au HAC comme un aboutissement de sa carrière.
"Je suis fier de représenter le club doyen, mais cela donne aussi beaucoup de responsabilités. C’est important de le laisser là où il est actuellement". Sous-entendu dans l’élite du football français. Bien entendu, ce recrutement porte la griffe de Demba Ba. Le nouveau patron du sportif des « Ciel et Marine » l’avait déjà engagé à l’USL Dunkerque (L2), en 2024. "Clairement, il y a un lien. On ne va pas se mentir, la connexion avec Demba et Romain (Decool, son bras droit) a aidé", confirme Vincent Sassot qui réfute toute forme de passe-droit. "Vous apprendrez vite à les connaître, ce sont des gens qui bossent très bien. Ils ne font pas de cadeaux. S’ils avaient estimé que je n’avais pas le niveau, ils ne m’auraient pas fait venir".
Associé en charnière centrale à Ayumu Seko
Surtout que la charnière centrale est un secteur de jeu en totale reconstruction au HAC après les départs (libres) d’Arouna Sanganté (Séville FC) et de Gautier Lloris (Brest). "Pour le moment, on n’a que deux joueurs (avec également Ayumu Seko). Il fallait qu’ils engrangent rapidement du temps du jeu, mais on n’a pas pu les faire souffler", regrette le coach Didier Digard qui espère encore un renfort sur la ligne arrière. Pendant la préparation, Vincent Sasso est l’élément de l’effectif havrais qui a disposé du plus grand nombre de minutes, de préférence à gauche de l’axe de la défense. "Je peux aussi évoluer à droite. Je n’ai pas de préférence". Sur les deux dernières sorties (contre les Anglais d’Ipswich, 0-1, et les Espagnols du Real Oviedo, 2-3), il a été associé à Ayumu Seko.
"Il faut bien évidemment que la connexion se crée le plus vite possible pour qu’on soit performant. Avec Ayumu, je m’exprime en anglais même s’il fait quelques efforts pour parler français", confie celui pour qui la communication ne constituera pas un problème, puisqu’il maîtrise les langues de Shakespeare et de Camoes (le Portugais). "C’est important pour l’intégration des joueurs étrangers, qu’ils se sentent à l’aise. S’il faut les aider… Aujourd’hui, on attend beaucoup et très rapidement des joueurs. Mais on ne doit pas oublier qu’on a tous besoin d’un temps d’adaptation, encore plus quand on arrive de l’étranger". S’il fait partie des nouveaux visages du HAC, version 2026-2027, Vincent Sassot s’exprime quasi comme un ancien. D’ailleurs, fort de son vécu, il a également été enrôlé pour guider les jeunes au quotidien. Et ils ne manquent pas (Enzo Koffi, Daren Monsengo, Djibril Ouziad… pour ne citer qu’eux). "Je suis là pour les accompagner, pour les faire progresser sur et en dehors du terrain". Le maintien du club doyen passe aussi par là.
Mathieu BILLEAUD
