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L2. J14 - Quevilly-Rouen / Le Havre AC, samedi 5 novembre à 19H à Diochon

Josué Casimir : "Les nouveaux dirigeants n’avaient aucun a priori sur ma situation"

Résumé

Au même titre que Yassine Kechta, Josué Casimir fait partie de ces jeunes Havrais qui se révèlent depuis le début du championnat de Ligue 2 sous la houlette du coach Luka Elsner. Son recrutement en provenance de sa Guadeloupe natale, son attachement à ses proches, la confiance de la nouvelle direction du HAC… L’attaquant « Ciel et Marine » (21 ans) a retracé son parcours et les difficultés surmontées pour (enfin) s’imposer dans son club formateur.

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Pour assouvir son rêve de devenir footballeur professionnel, Josué Casimir a dû quitter son île natale de la Guadeloupe, sa famille et ses proches dès l'âge de 16 ans. ©Emmanuel Lelaidier
Pour assouvir son rêve de devenir footballeur professionnel, Josué Casimir a dû quitter son île natale de la Guadeloupe, sa famille et ses proches dès l'âge de 16 ans. ©Emmanuel Lelaidier
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Sa particularité : recruté en Guadeloupe

"Dans ma génération au pôle espoirs des Abymes, je suis le seul à avoir signé pro"

A 16 ans, Josué Casimir a vécu un changement radical en quittant son île natale de la Guadeloupe pour s’installer au Havre. "A la suite de ma participation aux interligues avec la sélection d’Antilles-Guyane, j’ai été retenu en équipe de France U16. C’est ainsi que je suis entré en contact avec un conseiller qui connaissait Momo El Kharraze*. Il m’a pris à l’essai 15 jours". Un essai qui s’est révélé concluant. Toutefois, la transition fut assez brutale. "On ne va pas se mentir, ce fut très dur, surtout que je suis venu seul, avec ma famille habitant à 8 000 km". Un « sacrifice » nécessaire pour assouvir son objectif. "Quand on est footballeur, on rêve du plus grand. Et forcément, ça passe par la Métropole. C’est une étape indispensable". Une étape très difficile à franchir pour les jeunes guadeloupéens. Josué Casimir est bien placé pour le savoir. "Dans ma génération au pôle espoirs des Abymes (environ 25 joueurs), je suis le seul à avoir signé pro".

*Revenu cet été au HAC comme directeur sportif adjoint de Mathieu Bodmer, Mohamed El Kharrazze était déjà recruteur pour le centre de formation du club doyen à l’époque de l’arrivée de Josué Casimir.

Sa passion : sa famille

"Avec mes proches en Guadeloupe, on s’appelle tous les deux jours en Face Time"

C’est une réponse pour le moins originale mais qui reflète parfaitement le personnage. "Je suis très famille (il se répète)", souligne Josué Casimir, cadet d’une fratrie de quatre frères et sœur. "L’un de mes frères, Johnson (31 ans), et ma sœur, Stella (26 ans), vivent à Paris. On essaye de se voir le plus souvent possible". Dans la famille Casimir, les trois « frangins » partagent l’amour du ballon rond. "Johnson vient me regarder jouer au Havre Mon deuxième frère, Stevenson (30 ans) est international guadeloupéen. Ma sœur, elle, est un peu moins câblée foot". Le n°23 des « Ciel et Marine » prend également régulièrement des nouvelles de ses proches restés aux Antilles. "Que ce soit avec ma maman (Marie-Carmelle), mon frère ou des amis, on s’appelle en Face Time tous les deux jours".

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Que ce soit en attaque ou en position de latéral gauche pour dépanner, Josué Casimir est le neuvième joueur de champ le plus utilisé par Luka Elsner. ©Emmanuel Lelaidier

Une personne qui a compté : Daniel Merinon

"Il a pris soin de moi comme si j’étais son fils"

Par peur d’en oublier, Josué Casimir a hésité à nous donner quelques noms qui ont eu un impact dans sa carrière naissante. "Que ce soit en bien ou en mal, tout le monde compte", confie, plein de sagesse, l’attaquant « Ciel et Marine ». Bon, certaines personnes, un peu plus que d’autres quand même. C’est le cas de Daniel Merinon. "C’est quelqu’un de très cher à mes yeux. C’est un grand monsieur", ne tarit pas d’éloges le natif de Baie-Mahault qui était à l’école avec son fils, Youri, en Guadeloupe. "Il a pris soin de moi comme si j’étais son fils. On a passé des journées ensemble. On allait dans nos familles respectives". Un ami qui ne l’a jamais lâché, lui prodiguant toujours de précieux conseils, y compris en matière de ballon rond. "C’est un connaisseur du foot. De Goyave (la ville où il a grandi) au Havre, il m’a accompagné tout au long de mon parcours". Josué Casimir peut aussi s’appuyer sur des proches à l’image de Frédéric Zig. "Même s’il habite à Paris, il vient souvent voir mes matches", ou encore Ruddy d’Haïti. "Ruddy, c’est un ancien, il est plus âgé que mon frère aîné (Johnson). C’est un grand qui m’aide beaucoup sur la gestion de mes émotions".

Un match clé : son entrée contre Grenoble lors de la 1re journée

"On s’est laissé trois mois pour aller chercher quelque chose"

Depuis la reprise du championnat, Josué Casimir est passé d’un extrême à un autre. Et pour cause, ces deux dernières saisons, l’attaquant guadeloupéen n’avait cumulé que 146’ de temps de jeu (contre déjà pratiquement 800’ lors de cet exercice 2022-2023 après seulement 11 journées). "Avant, quand je venais aux entraînements, je connaissais mon sort". Une situation qui, si elle avait perduré, n'aurait pu déboucher que sur un départ. "Avant le changement de staff, on m’avait demandé de partir", confirme, d’ailleurs, celui qui a dépanné comme latéral gauche contre Bastia (J11. 3-0, le 8 octobre). Plus facile à dire qu’à faire. "Quand vous êtes pro depuis deux ans et que vous ne jouez pas beaucoup en Ligue 2, les autres clubs, ils se posent des questions. Il faut se mettre à leur place. Si j’avais dû quitter le HAC, il aurait fallu que je recule pour mieux rebondir. J’y étais prêt".

"Je ne suis plus le même joueur que la saison dernière. Dire le contraire serait mentir"

Mais Josué Casimir n’a finalement pas fait ses valises. L’arrivée cet été de Mathieu Bodmer et de Luka Elsner, en tant que directeur sportif et coach, a tout bouleversé. "En privé, avec la direction, mon conseiller, on a eu une discussion. On ne m’a rien promis, on ne m’a pas dit que je serais titulaire, que je jouerais, on s’est juste laissé trois mois pour aller chercher quelque chose. Les nouveaux dirigeants n’avaient aucun a priori sur ma situation. Quand j’ai entendu ce discours, j’ai ressenti un ouf de soulagement. C’est comme un nouveau départ".

Le n°23 des « Ciel et Marine » n’a pas eu besoin d’autant de temps pour s’imposer. La confiance du nouveau staff se matérialise dès la première journée avec une entrée en jeu à une vingtaine de minutes de la fin face à Grenoble. Cette apparition a agi tel un déclic. "C’est difficile à expliquer mais j’ai ressenti quelque chose. J’en ai parlé avec le coach. Je ne suis plus le même joueur que la saison dernière. Dire le contraire serait mentir". Preuve supplémentaire que l’Etat-major havrais a mis des actes sur ses paroles, cette prolongation de contrat jusqu’en 2025 alors que le précédent engagement de Josué Casimir ne courrait que jusqu’en juin. "Maintenant, il ne faut pas s'arrêter là. Ce n'est que le début", annonce Josué Casimir, pas spécialement satisfait par ses stats (deux passes décisives). Les supporters du HAC attendent la suite avec impatience.

> L2. J14 - Quevilly-Rouen (13e - 15 points) / Le Havre AC (2e - 26 points), samedi 5 novembre à 19 heures au Stade Robert-Diochon.

Josué Casimir

©Emmanuel Lelaidier

Josué Casimir

> Né le 24 septembre 2001 (21 ans) à Baie-Mahault en Guadeloupe.

Attaquant. Droitier. 1,80 m pour 72 kg.

Parcours : Goyave, Mondial Club, Solidarité Scolaire, Le Havre AC (depuis 2017).

Sous contrat jusqu’en 2025.

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