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Stade Malherbe - HAC : derby ou pas ?

Derby ou pas, cette confrontation régionale est particulièrement attendue par les supporters des deux camps ; 15 000 spectateurs sont prévus à d'Ornano samedi soir dont, au moins, 1 000 Havrais.

Derby ou pas, cette confrontation régionale est particulièrement attendue par les supporters des deux camps ; 15 000 spectateurs sont prévus à d'Ornano samedi soir dont, au moins, 1 000 Havrais.

"On veut le derby, on veut le derby, on veut le derby". Après la défaite à domicile de ses protégés contre Valenciennes il y a dix jours (2-1), le MNK a adressé un message à son équipe. Pas question de s'incliner une troisième saison consécutive à la maison face au voisin seinomarin(1). Dans le même temps, à 100 km à l'est de d'Ornano, Victor Lekhal, suite au succès du HAC aux dépens de Dijon (2-0), encourageait les Barbarians, micro en mains, à se déplacer massivement pour ce rendez-vous. Si ces scènes attestent, bel et bien, de l'existence d'une rivalité régionale, peut-on considérer cette confrontation entre Caennais et Havrais comme un derby ? Sur cette interrogation, les versions divergent que l'on soit « Rouge et Bleu » ou « Ciel et Marine ».

"Vous pouvez l'appeler comme vous voulez mais ça ressemble à un derby ?", Sébastien (SMC)

Pour Johann Lepenant, bercé dans cette fameuse rivalité régionale dans les catégories de jeunes, la réponse ne fait guère de doute. "C'est le derby de la Normandie", clame le jeune milieu relayeur du SMC (18 ans), marqué par la présence du kop malherbiste, fumigènes à l'appui, lors d'un duel face au club doyen en U19. "C'est un match important pour les supporters, celui qu'ils attendent le plus, surtout quand il se déroule à domicile. Ça ajoute un peu de piment". "Vous pouvez l'appeler comme vous voulez mais ça ressemble à un derby", abonde Sébastien, le président de We are Mallherbe, qui propose une alternative, sans que l'on sache si c'est sérieux ou pas. "Le « Normandico » si vous préférez. Ça claque, non ?"

Dans le camp adverse, on ne partage pas exactement ce point de vue. "Pour la plupart des Havrais, « le » derby, c'est contre le FC Rouen (actuellement pensionnaire de N2). Il existe une rivalité territoriale, économique, historique qu'il n'y aura jamais avec Caen", explique Florian, membre de la Fédération des supporters du HAC. Quand bien même « Ciel et Marine » et « Diables Rouges » ne se sont plus affrontés en compétition officielle depuis 2004, année de la descente du FCR en National. "On pourrait encore rester dix ans sans en avoir un, ça ne changerait rien". Pour autant, Florian dit Floqe sur Twitter admet que la confrontation contre le Stade Malherbe a gagné en importance ces dernières saisons.

15 000 spectateurs attendus dont 1 000 Havrais

"Il ne faut pas se voiler la face, même si ça n'est pas « le » derby, c'est un match qui a une saveur particulière", reconnaît le supporter du club doyen. "Maintenant, de là, à le qualifier de derby, ça me paraît galvauder. Pour nous, ça s'apparente plus à un lot de consolation", poursuit Florian pour qui l'origine de cette rivalité régionale provient essentiellement de ses homologues « Rouge et Bleu ». "Pour moi, elle a été instaurée par les Caennais. Je crois que ça leur faisait du bien de se trouver un derby. A force, ils l'ont eu". C'est vrai que chez lez fans du SMC, on aime bien taquiner son voisin normand, notamment sur les réseaux sociaux, un domaine dans lequel ils excellent. "D'ailleurs, on rêverait d'avoir des homologues havrais comme on en a à Guingamp mais hélas, ils sont hermétiques à toute tentative d'humour. On est donc obligés de se chambrer nous-même", lance Sébastien.

"On considère que le supportérisme doit s'exprimer dans les tribunes et nulle part ailleurs", Florian (le hac)

"Nous, on n'est pas très réseaux sociaux. On considère que ce n'est pas comme ça que le supportérisme doit s'exprimer. Ça doit se passer dans les tribunes et nulle par ailleurs", répond Florian. Quelle que soit la vision de « ce derby », Caennais et Havrais se montrent souvent exemplaires. Rare sont les incidents sérieux à signaler. Et on ne peut que s'en féliciter. "Entre nous, c'est très gentillet. C'est surtout du chambrage", confirme Sébastien qui ne manque, toutefois, jamais une occasion de tancer le HAC. "On voulait ce rendez-vous en Ligue 1. Ça faisait une éternité qu'on les attendait. On s'est donc senti obligé de descendre d'une division pour les affronter(2)".

Derby ou pas, ce rendez-vous est pour le moins attendu par les supporters des deux camps. Les chiffres ne mentent pas. Mardi soir, pratiquement 13 000 billets avaient déjà été vendus. Ayant lancé une campagne d'abonnements juste avant cette affiche, le Stade Malherbe peut légitimement tabler sur une affluence de 15 000 spectateurs. Une sacrée performance en Ligue 2 à laquelle la communauté « Ciel et Marine » est loin d'être étrangère. C'est bien simple, samedi soir, le parcage visiteur de d'Ornano sera plein à craquer. Parmi les 1 000 places allouées au HAC (soit 5% de la capacité du stade comme le prévoit le règlement), il n'en reste plus une seule. La promesse d'un beau spectacle dans les tribunes. Espérons qu'il y en ait aussi sur le terrain.

> L2. J12 - SM Caen (12e - 14 points) / Le Havre (4e - 20 points), samedi 16 octobre à 19 heures à d'Ornano.

(1)A d'Ornano, le HAC reste sur deux succès : 3-0 en août 2019 et 2-0 en mars 2021.

(2)Le HAC évolue en Ligue 2 depuis 2009 sans discontinuité alors que le Stade Malherbe y est redescendu en 2019.

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