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Reprise des entraînements autorisée pour les mineurs depuis le 28 novembre

A l'ASPTT Caen, comme (presque) partout en Normandie, le football reprend un peu ses droits avec les jeunes

Résumé

Suite aux annonces gouvernementales de la semaine dernière autorisant les mineurs à s'entraîner de nouveau depuis le 28 novembre, plusieurs clubs se sont organisés pour permettre à leurs licenciés de refouler les terrains. Même si cette reprise est marquée par de nombreuses contraintes dont certaines se révèlent être un véritable casse-tête pour les dirigeants et éducateurs, le plaisir des jeunes de retaper dans un ballon reste intact. Exemple avec l'ASPTT Caen.

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Lundi soir, au Stade Maurice-Fouque, les U14-U15 de l'ASPTT Caen ont ouvert le bal de la reprise des entraînements. Les U16-U18 ont suivi dans la soirée avant toutes les autres catégories dans la semaine.
Lundi soir, au Stade Maurice-Fouque, les U14-U15 de l'ASPTT Caen ont ouvert le bal de la reprise des entraînements. Les U16-U18 ont suivi dans la soirée avant toutes les autres catégories dans la semaine.
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Des sourires, de la bonne humeur, des « chambrages »... Après un mois de pause forcée à cause de l'instauration d'un deuxième confinement, les 400 jeunes de l'ASPTT ont retrouvé le chemin des terrains depuis lundi soir (30 novembre). Les U14-U15 ainsi que les U16-U18 ont ouvert le bal. Les autres catégories, dont l'école de foot, suivront cette semaine. Aucune compétition n'étant encore programmée alors que les seniors sont à l'arrêt jusqu'à une date indéterminée, des créneaux supplémentaires ont été mis en place, notamment le samedi. "On est contents de les voir. C'est un premier pas", lance le président Guenaël Le Strat. "Ça fait carrément plaisir de reprendre", le rejoint Hugo Pescher, le responsable des U14.

"Les jeunes n'oublient pas leurs crampons, ils ne doivent pas oublier leur masque"

"Les gamins sont heureux", se réjouit Arnaud Hedouin, en charge de la communication et référent Covid du club caennais (comme le règlement de la FFF l'indique). "On est là pour que les jeunes profitent, s'amusent et que les éducateurs ne perdent pas la main", ajoute Guenaël Le Strat. Et pour cette relève, largement sevrée de ballon rond durant cette année 2020, peu importe qu'il n'y ait ni vestiaires ni douches dans un premier temps. "Les jeunes arrivent déjà changés ou ils le font sur place, au bord du synthétique ou dans la tribune, surtout ceux qui viennent directement de leur collège ou de leur lycée", explique Arnaud Hedouin.

Toutefois, avec la dégradation annoncée de la météo dans les prochains jours en Normandie, la non-utilisation de ces infrastructures risque très vite de poser un sérieux problème d'organisation. Car oui, cette reprise est particulière, protocole sanitaire oblige. Prise de température en se présentant au stade, interdiction pour les parents d'assister aux séances, port du masque obligatoire en dehors des entraînements, avant et après... "On essaye de faire comprendre aux jeunes que, jusqu'à nouvel ordre, le masque, au même titre que leur paire de crampons, fait partie de leur équipement de footballeur. Ils n'oublient pas leurs crampons, ils ne doivent pas oublier leur masque", illustre le référent Covid de l'ASPTT.

Les éducateurs ont adapté les contenus aux contraintes

Sur le plan purement technique, il a également fallu composer avec des contraintes, et non des moindres : pas de contacts, de duels ni d'oppositions et une distanciation sociale de deux mètres imposée entre chaque joueur. Sur le papier, pourquoi pas, sur le terrain, beaucoup plus difficile à appliquer. "Sur des générations plus âgées comme les U14-U15 et les U16-U18, ils vont rapidement en prendre conscience. Pour un public plus jeune, comme les U7-U9, ça va forcément être plus compliqué", ne cache pas Arnaud Hedouin. D'ailleurs, que ce soit au début de la séance ou à la fin, les éducateurs, qui n'ont jamais aussi bien porté leur nom que durant cette crise sanitaire, ont martelé cette « consigne » à leur groupe.

"Ça peut paraître bête mais la distanciation sociale leur permet de travailler la prise d'infos"

"Ça peut paraître bête mais ça leur permet de travailler la prise d'informations, de savoir où se situent leurs copains", souligne Hugo Pescher qui, comme ses collègues, a élaboré des contenus prenant en compte ces multiples paramètres. "On a axé sur le développement de la technique individuelle. D'habitude, on le fait plus par le jeu, là, c'est de façon plus analytique. On a aussi bossé l'aspect athlétique sans ballon". Son homologue des U15, Lucas Massello-Heuzé, a, lui, opté pour des entraînements spécifiques découpés par poste : défenseur, milieu, attaquant avec, à chaque fois, un gardien.

"C'est bien de pouvoir reprendre mais avec cette distanciation, c'est également frustrant. Cette notion n'est pas vraiment compatible avec le foot ni le sport collectif d'une manière générale", pointe Guenaël Le Strate. Un président caennais qui s'interroge : "Est-ce que ça n'aurait pas été mieux de démarrer réellement au mois de janvier plutôt que faire du foot sans en faire ?" Et encore, ces contraintes auraient pu être plus conséquentes si la règle d'un ballon par joueur avait été appliquée. "On aurait préféré s'entraîner différemment mais on s'adapte, on ne va pas faire la fine bouche", positive, de son côté, Hugo Pescher. Depuis lundi, le foot a (un peu) repris ses droits. Par les temps qui courent, et malgré l'absence de visibilité dans les semaines à venir, c'est déjà une victoire. 

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