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Avec son nouveau coach à sa tête, QRM a repris l'entraînement ce lundi 6 juillet

Bruno Irles : "J'estime franchir un palier par rapport à ce que j'ai connu"

Résumé

Après quelques jours consacrés aux tests médicaux, Quevilly-Rouen a renoué avec les terrains, ce lundi matin, avec à sa tête Bruno Irles. Son départ de Pau, son choix de rejoindre la Normandie, ses objectifs, son effectif et la rivalité avec le voisin du FCR..., le successeur de Manu Da Costa (44 ans) a été interrogé sur tous ces thèmes, et bien d'autres, lors de sa présentation aux médias.

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Bruno Irles en compagnie de quatre des huit recrues de QRM : le latéral droit Robin Taillan,  le milieu polyvalent Alassane Diaby, l'attaquant Andrew Jung et Nicolas Lemaître.
Bruno Irles en compagnie de quatre des huit recrues de QRM : le latéral droit Robin Taillan, le milieu polyvalent Alassane Diaby, l'attaquant Andrew Jung et Nicolas Lemaître.
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Son départ de Pau

"On pouvait nourrir l'ambition de la double montée"

"Avec ce club, on a réalisé quelque chose d'historique. Jamais, il n'avait connu la Ligue 2(1). Pourtant, je n'ai pas eu la reconnaissance que j'étais en droit d'attendre. Je ne vais pas vous le cacher, j'avais cette volonté de continuer à Pau. Je souhaitais garder cet effectif, ces joueurs. Je suis convaincu qu'avec une bonne stratégie sportive, on pouvait non seulement se maintenir mais aussi nourrir l'ambition de la double montée. Comme Thierry Laurey l'a fait avec le Gazélec Ajaccio (en 2014-2015) ou Christophe Pélissier avec Amiens (en 2016-2017). Mais avec les dirigeants, on n'était pas d'accord sur l'aspect sportif. C'est un aspect qui me tient à cœur. Certes, je suis un entraîneur mais je veux intervenir dans le recrutement des joueurs, du staff... A Pau, ça n'aurait pas été le cas la saison prochaine. C'est quelque chose d'essentiel car je serai jugé à partir de ces choix. Au moins, ici (à QRM), si ça ne fonctionne pas, j'assumerais mes responsabilités".

(1)Après 25 journées disputées sur les 34 figurant au programme (pandémie de Covid-19 oblige), le Pau FC était leader du classement de N1, validant ainsi son accession en L2.

Le choix de rejoindre QRM

"Je suis presque un manager général"

"J'ai eu d'autres sollicitations mais rien de concret. De toute façon, je ne veux pas brûler d'étapes dans ma carrière. Certains peuvent penser que je n'avance pas en restant en National (N1). Je ne le vois pas comme ça. Tout d'abord, ce club m'a montré qu'il avait envie que je le rejoigne. Surtout, par ses structures, son passé en Ligue 2 (une saison en 2017-2018), son statut professionnel. J'estime franchir un palier par rapport à ce que j'ai connu ces deux dernières saisons. Au niveau de mon métier aussi. Avant, j'étais un entraîneur avec un œil sur le recrutement. A Quevilly-Rouen où il n'y a pas de cellule de recrutement ni de directeur sportif, je suis presque un manager général. J'ai plus de responsabilités. Ce rôle me plaît. J'ai la confiance de mes dirigeants. La conservation du statut pro(2) ? Ce fut un plus dans ma réflexion mais ce ne fut pas déterminant".

(2)Comme le Red Star, Quevilly-Rouen a obtenu une dérogation de la part de la FFF pour prolonger son statut professionnel sur une durée de trois saisons, au lieu de deux initialement, suite à sa relégation de L2 en N1.

"Ma direction m'a donné l'autorisation de continuer. Maintenant, mon métier, ce n'est pas consultant, c'est entraîneur de QRM"

En parallèle de sa carrière de coach à Quevilly-Rouen, Bruno Irles va poursuivre sa mission de consultant pour Canal + où il intervient principalement dans le Late Football Club. Mais le technicien l'assure, la proximité de la capitale où est tournée l'émission n'a joué aucun rôle dans son choix pour QRM. "Ça n'a pas du tout compté". Cette activité à la TV lui a permis de devenir un meilleur entraîneur si l'on se fie à ses propos : "Je suis plus à l'aise dans ma communication avec mes joueurs. J'arrive mieux à leur faire passer des messages. Ma chronique ne devant pas dépasser 1'20, j'ai appris à être plus précis sur mes retours vidéos pour éviter que les joueurs ne décrochent".

Son effectif

"On va travailler avec un groupe restreint de 18 joueurs"

"Les résultats n'ayant pas forcément été au rendez-vous la saison dernière (14e et premier non-relégable), je voulais vraiment tourner la page. Personnellement, ce mercato constituait un gros challenge. Je ne vais pas vous mentir, je ressentais une certaine appréhension. Je n'avais jamais recruté autant de joueurs. On va travailler avec un groupe restreint. Aujourd'hui, nous avons 15 joueurs. J'en attends encore trois dont certainement deux prêts. La saison dernière avec Pau, la moitié de mon équipe titulaire était composée de joueurs prêtés. A moi d'aller chercher de la qualité. Je suis beaucoup sollicité par des clubs de Ligue 1 et de Ligue 2. Ils savent qu'avec moi, leurs joueurs vont progresser. Je ne suis pas un entraîneur qui s'arrête à la compétition, je suis un formateur (Bruno Irles a été éducateur au centre de formation de Monaco entre 2005 et 2014)".

 

Ses objectifs

"La montée en Ligue 2 ? C'est prématuré d'en parler"

"La montée en Ligue 2 ? C'est prématuré d'en parler. Ça ne serait pas honnête de ma part. Le président (Michel Mallet) l'a fixée à deux-trois ans. Aujourd'hui, vous avez des écuries qui sont plus prêtes que la nôtre : Bourg-en-Bresse, Boulogne, le Red Star... des équipes qui possèdent plus de moyens que nous comme Laval et les deux clubs qui descendent (Le Mans et Orléans). Maintenant, je veux redonner de l'ambition à ce club, qu'on regarde tout en haut. Personnellement, je me définis comme un alchimiste. Une équipe, il faut que ça prenne. Et même si vous mettez tous les ingrédients pour, ça reste très difficile. Je ne peux pas vous assurer que ça fonctionne immédiatement. Ma philosophie ? Pour moi, le jeu doit être un vecteur de performance. Ce n'est pas le jeu pour le jeu. Je n'ai pas un projet de jeu prédéfini que j'exporte de club en club. Je m'adapte au championnat, à mes joueurs. Par contre, il y a des notions que je veux inculquer comme l'intensité".

Un effectif reconstruit de A à presque Z

S'il n'est entré officiellement dans ses nouvelles fonctions que depuis le 1er juillet, Bruno Irles s'est rapidement attelé à la construction de son futur groupe. Il faut dire que le travail n'a pas manqué. Parmi l'effectif en place la saison dernière, seuls six éléments ont prolongé l'aventure : Romain Hanquinquant, Adrien Pianelli, Jordan Gobron, Lucas Toussaint, Stanislas Oliveira et Gustavo Sangaré. Ils ont été rejoints par huit recrues : le gardien Nicolas Lemaître (Reims, L1, p), le défenseur central Ahmed Soilihi (Athletico Marseille, N2), le latéral droit Robin Taillan (Béziers, N1), l'arrière gauche Sami Belkorchia (Villefranche, N1), le milieu polyvalent Alassane Diaby (Pau, N1), l'ailier Yassine Bahassa (Avranches, N1), l'attaquant Andrew Jung (Châteauroux, L2, p) et l'avant-centre Ottman Dadoune (Villefranche, N1). Présent à la reprise de l'entraînement ce lundi 6 juillet, le milieu défensif Romain Padovani (Chambly, L2) va les imiter.

A noter que tout au long de cet exercice 2020-2021, quatre à cinq garçons de la « B », pas toujours les mêmes, vont compléter le groupe. "J'aurais un œil sur la formation. Elle sera valorisée si elle le mérite. Les joueurs de la réserve auront leur chance. A eux de la saisir", lance le coach de Quevilly-Rouen.

La rivalité avec le FC Rouen

"Vraiment l'impression d'avoir signé dans une métropole sportive"

"Quand j'ai annoncé ma signature à QRM, je me suis fait gentiment chambrer. Je comprends qu'il puisse exister une rivalité mais par rapport à ce contexte, je suis vierge, je viens de l'extérieur, je n'ai aucun a priori. Mon sentiment ? J'ai vraiment l'impression d'avoir signé dans une métropole sportive. Avec plaisir, j'irai regarder des matches du hockey (pensionnaire de Ligue Magnus, la première division), du basket (Pro B), du rugby (Pro B) et du FC Rouen (N2). Si le FC Rouen tourne bien, je serais ravi pour eux. Et si les deux clubs peuvent monter d'un cran, je serais heureux pour la ville. Je suis persuadé que si ça prend de notre côté, il y aura des supporters du FC Rouen qui viendront nous voir".

William Louiron, Auréline Quesnel et Romain Lejeune dans le staff

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Bruno Irles, en compagnie d'une partie de son staff ce lundi matin pour la reprise de l'entraînement avec son adjoint William Louiron et le préparateur physique Aurélien Quesnel. ©QRM

A Quevilly-Rouen, Bruno Irles sera secondé par William Louiron (42 ans). Déjà adjoint de Manu Da Costa, l'ex-défenseur central du FCR aura une double casquette puisqu'il dirigera également la « B » (N3). Un rôle de n°1 qu'il étrennera pour la première fois. "William va nous permettre de faire le lien entre l'équipe première et la réserve", souligne le coach des « Jaune et Rouge ». En provenance d'Amiens où il officiait au centre de formation, Aurélien Quesnel (26 ans) aura en charge la préparation physique. "Aurélien m'a été fortement recommandé par Sébastien Lopez-Guia (actuellement préparateur athlétique des féminines du PSG) que j'ai connu à Monaco".

"Dado (Prso), c'est un adjoint caché. Il a un rôle de conseiller"

Formé au Havre, Romain Lejeune (29 ans) complétera ce staff en tant qu'entraîneur des gardiens. "Romain aura un statut particulier puisqu'il fera aussi partie de notre effectif. En plus de Nicolas (Lemaître) et de Romain (Hanquinquant), je voulais un gardien supplémentaire. En parallèle, il va mettre un pied dans sa reconversion en mettant en place des séances spécifiques", indique le technicien à propos de ce portier qui a vécu des expériences en L2 et N1 avec Istres et Créteil.

Quid de Dado Prso ? L'ancien attaquant de l'ASM (45 ans) accompagnant Bruno Irles dans toutes ses aventures professionnelles. "Dado, c'est un adjoint caché. Vous le verrez, peut-être moins qu'à Pau où il était bénévole". S'il n'a pas vocation à être présent physiquement en Normandie à temps plein, l'international croate, passé par le FC Rouen (1993-1995), est régulièrement sondé sur le recrutement. "Je l'ai fréquemment au téléphone. On échange sur les profils. Il a un rôle de conseiller. Il est sincère avec moi. S'il y a quelque chose qui ne va pas, il n'hésite pas à me le dire. Il nous donnera aussi des indications sur nos attaquants. C'est quelque chose qu'il affectionne".

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