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Conséquence de l'épidémie de coronavirus et des mesures de confinement

Gilbert Guérin : "Un manque à gagner de 150 000 €"

Résumé

Comme leurs homologues professionnels (L1-L2), les clubs de National sont touchés de plein fouet par cette crise sanitaire sans précédent. S'ils ne sont pas TV dépendants (ils ne perçoivent que 50 000 € de la part de la FFF) et sont extrêmement peu concernés par les transferts, les 18 pensionnaires de N1 ont commencé à faire leur compte. Exemple avec l'US Avranches dont le président Gilbert Guérin a suggéré l'idée d'un parrainage par les équipes de Ligue 1 afin de se faire prêter des joueurs gratuitement pour surmonter ces difficultés économiques.

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Avec la diminution des partenariats privés et du mécénat, le président Gilbert Guérin table sur un budget en baisse de 800 000 € la saison prochaine pour son club de l'US Avranches, passant de 2,4 à 1,6 M€.
Avec la diminution des partenariats privés et du mécénat, le président Gilbert Guérin table sur un budget en baisse de 800 000 € la saison prochaine pour son club de l'US Avranches, passant de 2,4 à 1,6 M€.
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A quelles pertes financières doit s'attendre l'US Avranches ?

"Sur un budget de 2,4 M€, il devrait nous manquer 150 000 € avec la diminution des partenariats privés, des mécénats et des recettes liées aux matches. On ne va pas aller réclamer de l'argent à des entreprises qui doivent penser en priorité à payer leurs salariés. Et sans bénéfice, difficile d'imaginer du mécénat (qui donne droit à des déductions fiscales pour les sociétés). Pour y pallier, on va certainement souscrire un prêt bancaire via la BPI*. Au niveau de notre effectif, on a mis nos joueurs et notre staff au chômage partiel. Avec leur accord, ils ont aussi pris des congés payés durant cette période".

Et pour la saison prochaine…

"Même si on ne sait pas si on va reprendre cette saison, ça ne nous empêche pas de préparer la suivante. On part sur un budget prévisionnel de 1,6-1,7 M€. On s'oriente vers un effectif comprenant moins de joueurs. Il faudra aussi demander à nos salariés, nos joueurs et nos éducateurs de faire un effort sur le plan financier. En contrepartie, on pourrait leur proposer un pourcentage plus élevé lié à nos performances en Coupe de France".

"Se faire parrainer par un club de Ligue 1"

Vous avez aussi suggéré l'idée d'un parrainage par les clubs de L1…

"Chaque équipe de National (18) serait parrainée par une Ligue 1 qui lui prêterait gratuitement trois-quatre joueurs. Pour nous, par exemple, ça serait Rennes. J'en ai parlé à Nicolas Holveck, le nouveau président du Stade Rennais, il s'est montré plutôt ouvert au sujet. Ça serait du gagnant-gagnant. Pour nous, on économiserait sur notre masse salariale. Et ça permettrait à des jeunes joueurs appartenant à des clubs de Ligue 1 de s'aguerrir. En terme de formation, notre championnat n'a plus rien à prouver. Je rappelle que plusieurs champions du Monde sont passés par le National (N'Golo Kanté, Olivier Giroud). Rien qu'à Avranches, je peux vous citer une équipe complète avec des joueurs passés chez nous qui évoluent, aujourd'hui, en Ligue 2 : Dylan Louiserre (Niort), Maxence Derrien (Chambly), Jessy Benet (Grenoble), Jamal Thiaré et Victor Lekhal (Le Havre). En plus, ça ne coûterait strictement rien aux Ligue 1".

Etes-vous favorable à une reprise des compétitions, quelle que soit la date ?

"Oui car cela signifierait déjà que la situation sanitaire serait revenue à la normale. Après, sur un plan économique, cela nous permettrait de dégager quelques recettes liées aux matches. A Avranches, cela représente 6 000 - 7 000 € par réception avec les buvettes. S'il le faut, je suis prêt à jouer en juillet. Il ne faut pas oublier que le football reste notre métier. Après, cette crise est peut-être l'occasion de réfléchir à nos calendriers avec une saison calquée sur l'année civile et une fin de championnat en décembre. On pourrait consacrer la période hivernale au développement du futsal".

*Dans le cadre des aides gouvernementales pour lutter contre la crise économique liée à la pandémie de Coronavirus, toutes les entreprises ont la possibilité de souscrire un prêt de trésorerie, dans la limite de 25% de leur dernier chiffre d'affaires, par une banque privée française. Un prêt garanti à 90% par la Banque publique d'investissement (BPI), remboursable sur un an.

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