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N3. J4 - Avranches B / Bayeux, samedi 26 septembre à 18H

Matthias Le Gall, l'homme qui veut installer Bayeux en N3

Résumé

Un changement de président en cours de saison (Romaric Meslin ayant succédé à Cyrille Deloffre après la démission de ce dernier fin janvier), un championnat qui s'arrête prématurément à cause de la Covid-19, une montée fêtée plusieurs semaines plus tard dans l'intimité du confinement… Le moins que l'on puisse dire, c'est que Matthias Le Gall a vécu un baptême du feu particulier à la tête de l'équipe première du BFC. Son parcours, son style, son rapport au football… Alors qu'il découvre le N3, le jeune technicien bayeusain (33 ans) s'est livré.

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Après des débuts compliqués en championnat avec trois défaites en autant de journées, le Bayeux FC de Matthias Le Gall tentera de lancer sa saison sur la pelouse d'Avranches. ©Gérard Piwtorak
Après des débuts compliqués en championnat avec trois défaites en autant de journées, le Bayeux FC de Matthias Le Gall tentera de lancer sa saison sur la pelouse d'Avranches. ©Gérard Piwtorak
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Son parcours

"Sentimentalement, mon départ de la Lystrienne n'était pas anodin"

Avant d'être un coach, Matthias Le Gall est tout d'abord un éducateur. D'ailleurs, jusqu'en 2017 et sa prise en mains de la réserve bayeusaine (R3), il n'avait jamais dirigé de seniors. "Auparavant, j'ai eu la responsabilité des U17 DHR et des U19 DH", précise celui qui fut pendant longtemps l'homme d'un seul club : la Lystrienne Sportive. Joueur, éducateur, responsable de l'école de foot… Au Molay-Littry, le technicien du BFC a tout connu ou presque. "J'y ai démarré à l'âge de sept ans. C'est un club un peu particulier pour moi car mon père, Jean-Claude, en a été le président durant 33 ans. Sentimentalement, mon départ il y a sept ans n'était donc pas anodin".

Qu'est-ce qui l'a poussé à quitter son club de cœur ? "J'arrivais à la fin d'un cycle. Autant pour la Lystrienne que pour moi, il me semblait important de passer à autre chose. Je voulais me donner l'opportunité d'entraîner à un niveau supérieur, chez les jeunes dans un premier temps puis avec les seniors, notamment par rapport à l'aspect compétition qui m'est très cher". Forcément, avec le recul, ce responsable d'atelier de production ne regrette pas son choix.

La découverte du N3

"Il y a quelques années, je ne m'imaginais pas à ce niveau"

En tant que joueur, Matthias Le Gall n'a jamais fréquenté une division supérieure au R3. "J'arrive sur la pointe des pieds", ne cache-t-il pas humblement. "Il y a quelques années, je ne m'imaginais pas à ce niveau même si j'avais la volonté d'évoluer au sein du club. Les dirigeants m'en ont donné la possibilité. Depuis 2014, ils ont vu comment je fonctionnais avec mes différentes équipes, les résultats obtenus. A moi désormais de justifier cette confiance". De toute façon, son parcours sur les prés représente-t-il réellement un handicap pour diriger trois crans au-dessus ?

"Je vous répondrai en fin de saison", lance, avec le sourire, l'entraîneur secondé par Alban Le Cleac'h (adjoint) et Rodolphe Rothe-Boll (préparateur physique). "Mais je pense que les deux profils peuvent exister. En comparaison avec un coach qui a connu ce niveau comme joueur, je peux amener une approche différente, un œil extérieur. Le plus important, ce sont les idées qu'on apporte". Maintenant qu'il a goûté au N3, ambitionne-t-il d'aller plus haut ? "Avant de songer à ça, il faut faire ses preuves à ce niveau. En N3, c'est un autre degré d'exigence".

Son style

"Comment mettre les joueurs dans les meilleures dispositions ?"

Pour compenser son absence de vécu en N3, Matthias Le Gall s'appuie énormément sur son groupe et notamment les éléments qui ont déjà goûté à cette division. Son leitmotiv est résumé dans cette interrogation : "Comment mettre ses joueurs dans les meilleures dispositions, physiques, tactiques et mentales, pour qu'ils s'expriment au mieux ?". Sur le plan de l'organisation, le technicien bayeusain assure qu'il n'a pas d'idées préconçues. "Je n'arrive jamais en me disant : « On va jouer ainsi ». Je suis dans une phase où j'aime bien apprendre, découvrir, toucher à tout. C'est mon effectif qui me dicte la tactique".

Toutefois, un principe lui est cher : l'identité club. "Je pense que c'est aussi pour cette raison que les dirigeants m'ont choisi. Surtout que plus vous grimpez dans la hiérarchie des niveaux, plus vous risquez de la perdre. On doit garder cette volonté de défendre les couleurs du BFC". C'est d'ailleurs, entre autres, dans cette optique qu'une troisième équipe senior a été relancée cet été en D4 départementale. "Car cela contribue à la vie du club". Un système de parrainage a également été mis en place. "Chaque joueur senior suit une équipe de jeunes, sur quelques matches ou sur quelques séances afin de créer un lien entre les différentes catégories".

Son rapport au football

"Il y a des idées à prendre partout. Il faut les adapter à notre niveau"

Au-delà de son rôle d'entraîneur de l'équipe première et de responsable du pôle seniors, Matthias Le Gall est un gros consommateur de ballon rond. "Je regarde beaucoup d'autres matches, soit d'un niveau proche du nôtre ou chez les professionnels. J'ai deux approches : l'une avec l'œil du tacticien, la seconde comme simple spectateur". Reconnaissant un faible pour la Premier League anglaise et son intensité, le coach des « Bleu et Jaune » possède des goûts éclectiques, allant du FC Barcelone, Manchester City et l'Ajax Amsterdam pour la qualité de leur jeu à l'Atlético Madrid et l'Inter Milan pour l'aspect défensif.

Mais est-il possible de transposer des principes de jeu observés sur ces équipes européennes à une formation de N3 ? "Il y a des idées à prendre partout. Bien sûr, il faut les adapter à notre niveau. On ne peut pas demander à des amateurs de jouer comme elles. Mais il y a des petits détails qui peuvent nous servir".

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Malgré des débuts compliqués, se pérenniser (enfin) en N3

Deuxième de la poule A de R1 à l'arrêt des championnats à la mi-mars à cause de la pandémie de la Covid-19, mais première équipe éligible à l'accession (la réserve de Granville ne l'étant pas*), le BFC a donc retrouvé la cinquième division nationale, seulement une saison après l'avoir quittée. "L'objectif n'était pas forcément de remonter aussi vite. On était partis pour construire un groupe capable d'y parvenir sous trois ans", rappelle Matthias Le Gall. Un retour anticipé qu'il va falloir assumer. Car après avoir été relégués sportivement lors de ces trois derniers passages en N3 (ou CFA2), les Bayeusains, repêchés en 2018 suite aux déboires financiers de Mondeville à l'époque, n'ont qu'une idée en tête : se maintenir. "Très clairement, on veut pérenniser le club à ce niveau ; ce qui nous permettrait de nous structurer sportivement et administrativement".

Une mission qui ne s'annonce pas si évidente au regard de la concurrence. Surtout que durant le mercato, les « Bleu et Jaune » ont perdu quelques forces vives. A commencer par l'attaquant Erwan Kawczynski, meilleur buteur de R1 avec 18 réalisations en 14 matches. "Avec les départs, on aura une animation offensive différente. Nos recrues (au nombre de neuf) ont des qualités et des profils variés. A nous de les faire cohabiter". Pour le moment, avec trois défaites en autant de journées sans oublier une élimination dès leur entrée en lice en Coupe de France, face à Tourlaville (R1, 1-4, 4-2 tab), la mayonnaise a du mal à prendre.

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