Un entraîneur pas (assez) soutenu sur la phase aller, le susnommé coach démis de ses fonctions à Noël, remplacé par un technicien inexpérimenté à ce niveau de pratique, un mercato d’hiver foiré, pour finalement aboutir à des résultats catastrophiques sur les matches retour… Supporters « Rouge et Bleu », vous n’avez pas comme une impression de déjà-vu ? Alors que le Stade Malherbe a été relégué en National pour la première fois depuis 41 ans (!), ses dirigeants, toujours aussi bien conseillés apparemment, réussissent l’exploit de répéter les mêmes erreurs que durant l’exercice précédent. Dans ce contexte, on serait presque étonné qu’ils soient étonnés que « leur » équipe se montre si peu performante sur le terrain. Visiblement, certains n’ont pas retenu la leçon de la saison passée.
Car au regard de leur dynamique actuelle, c’est vers le bas que Yann M’Vila et ses coéquipiers doivent regarder. Et ceux qui prétendent aujourd’hui que le SMC est à l’abris d’une terrible mésaventure sont certainement les mêmes qui affirmaient il y a un an et demi que le club caennais quitterait rapidement la zone rouge de Ligue 2 une fois Nicolas Seube débarqué. Des visionnaires ! A l’heure du coup d’envoi de la 26e journée, avant de recevoir Orléans et de se déplacer au FC Rouen dans une semaine, deux candidats à l’accession, le collectif de Gaël Clichy (12e) ne dispose d’une marge que de huit longueurs sur la zone rouge, avec, qui est plus, un match de plus par rapport au premier relégable, QRM. Hérité de la phase aller, ce petit matelas d’avance se révèle, toutefois, insuffisant pour dormir sur ses deux oreilles. Le Stade Malherbe a d’ailleurs dû accueillir avec soulagement la défaite de son voisin normand contre le leader dijonnais (1-0), ce jeudi. Voilà où il est en rendu, à espérer des faux pas des plus mauvais élèves du National pour se rassurer légèrement.
0,78 point par match sous Gaël clichy contre 1,33 avec Maxime d'Ornano
Si le SMC se retrouve ainsi en danger, c’est parce qu’il est à l’arrêt, ou presque, en 2026. Depuis la nomination de Gaël Clichy sur le banc caennais, son équipe n’a engrangé que sept unités en neuf sorties, soit une moyenne de 0,78 point par match. Seule la Berrichonne de Châteauroux fait moins bien sur cette période ! Pour rappel, Maxime d’Ornano, accusé par le board d’être le responsable de tous les maux des « Rouge et Bleu » sur la première partie de saison, tournait à 1,33. Encore un petit effort et l’ancien Citizen grimpera sur le podium des pires coachs de l’histoire moderne de Malherbe. Actuellement, Fabrice Vandeputte, qui a assuré l’intérim en 2021, occupe la troisième marche (0,75), devancé par Michel Der Zakarian (0,64) et l’indétrônable Bruno Baltazar (0). "Le foot, c’est aussi aller chercher des points", avait reconnu le jeune entraîneur après le revers à Valenciennes (J23. 2-1, le 28 février). On a envie de lui répondre que pour une formation qui n’a gagné que dix rencontres en championnat, avec cinq techniciens différents, ces deux dernières années, c’est SURTOUT aller chercher des points LA priorité.
Une communication qui déroute plus d'un observateur
Il y a une semaine, avant une énième désillusion au Puy (J25. 1-0, le 13 mars), Gaël Clichy s’était refusé à parler "d’urgence", estimant que cela créerait de "la panique" chez les joueurs. Attention, cependant, à ne pas se tromper d’analyse. Ce n’est pas parce qu’on évoque ce sentiment d’urgence qu’on provoque de la panique, mais c’est parce qu’il est déjà présent qu’on y fait référence. Le coach normand a beau répété à chacune de ses conférences de presse qu’il voit son équipe « progresser », cette progression, si tant est qu’elle existe, ne se traduit pas comptablement. Et jusqu’à preuve du contraire, la victoire reste l’unique juge de paix faisant foi dans le sport de haut niveau. Ce n’est pas nous qui l’affirmons, mais Ziad Hammoud. Interrogé à Noël sur le choix de Gaël Clichy, le président du Stade Malherbe avait répondu "que seuls les résultats montrent si la décision est bonne ou pas".
1,78 but encaissé par match sous Gaël Clichy, la pire défense de national sur cette période
En même temps, de s’imposer quand on encaisse plus d’un but et demi en moyenne par match (1,78). Aucune autre pensionnaire de National n’affiche une défense aussi perméable sur cette période. Les dirigeants voulaient du spectacle, ils sont servis puisque les rencontres de la bande à Yann M’Vila sont celles qui génèrent le plus de buts (avec également 12 marqués). Dommage que ce soit plus dans la cage d’Anthony Mandrea que dans celles des adversaires. Pourtant, à l’arrivée de l’ex-adjoint des espoirs Tricolores, le 29 décembre, on a encore promis monts et merveilles aux supporters « Rouge et Bleu ». "On a choisi d’être ambitieux pour la deuxième partie de saison. Il n’y a qu’une seule chose qui compte, c’est le succès du club et on s’est dit que les probabilités augmenteraient avec ce choix", lançait le président Ziad Hammoud à l’époque. "On continue de penser que l’effectif actuel est taillé pour jouer bien plus haut que la position actuelle (10e à ce moment-là)". Raté !
"L’équipe a le potentiel pour taper très haut et faire quelque chose de très grand sur les six mois qui viennent", enchaînait Gaël Clichy. A croire que certaines déclarations vieillissent plus mal que d’autres. Depuis la communication officielle de l’entraîneur caennais, extrêmement positive devant les médias, déroute plus d’un observateur. Son discours, en complet décalage sur certains aspects avec la réalité qu’on perçoit du terrain ; "C’est un parti pris", répète-t-il souvent, commence à devenir inaudible. Même si selon certains échos qui nous sont remontés, le ton en interne, notamment autour de la question de la qualité de son effectif, est radicalement différent. Si cette version est confirmée, dommage qu’il ne partage pas publiquement sa véritable vision sur « son » Stade Malherbe. Ça pourrait peut-être permettre de faire avancer le problème.
> N1. J26 - SM Caen (12e - 27 points) / Orléans (4e - 41 points), samedi 21 mars à 18 heures au Stade Michel-d'Ornano.
Mathieu BILLEAUD
