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Au Stade Malherbe, une animation offensive en question

Jessy Deminguet toujours en instance de transfert, Yoann Court est désormais préposé aux coups de pied arrêtés. ©Damien Deslandes

Aligné en soutien d'un Alexandre Mendy toujours aussi approximatif techniquement, Yoann Court, auteur de son deuxième but avec Caen, a tenté de décrocher pour dynamiser l'animation offensive normande. ©Damien Deslandes

"Quand on est dans la surface de réparation, quand on a les occasions, il faut les mettre au fond. On ne doit pas se soucier de la copie qu'on a rendue avant, c'est tout". Ces propos, Pascal Dupraz les a tenus, vendredi après-midi. Mais pour marquer, encore faut-il se procurer des opportunités. A l'exception du penalty transformé par Yoann Court à un quart d'heure de la fin (sur lequel on ne reviendra pas ici, on vous laisse, si ça vous intéresse, (re)lire les déclarations des deux techniciens sur nos réseaux sociaux), le Stade Malherbe n'a cadré qu'une seule tentative contre Grenoble, à la 4', via Alexandre Mendy. "Aujourd'hui, Caen n'a aucune occasion de but hormis une frappe au début, sinon c'est terminé", résumait Philippe Hinschberger, l'entraîneur isérois. Peu, très peu, trop peu pour ce collectif normand.

"A défaut d'être prolixe en occasions, c'est l'un de nos meilleurs dans la conduite"

Un point de vue que ne partage pas Pascal Dupraz. En tout cas, c'est le sentiment que le coach savoyard a exprimé en conférence de presse quand il a été interrogé par rapport au faible nombre d'opportunités franches qu'a obtenu sa formation. "On a eu une emprise sur la rencontre. On a montré une meilleure tenue de balle que ces derniers temps, on n'a pas fait n'importe quoi, on s'est créés des situations en première période, des déstabilisations de l'adversaire, qu'on aurait dû convertir avec un peu plus de spontanéité", assurait le patron sportif du SMC.

Un peu plus tard, toujours devant les médias, Pascal Dupraz en rajoutait une couche : "J'ai assisté à un beau match de football, à un beau match de Ligue 2. Pour moi, à défaut d'être prolixe en termes d'occasions, c'est l'un de nos meilleurs dans la conduite. Je trouve qu'on s'améliore", estimait l'ex-technicien toulousain reconnaissant, toutefois, "un manque de pertinence dans les centres, quelques avant-dernières et dernières passes mal senties". Bien sûr, l'absence de Yacine Bammou (touché à la cuisse gauche et dont la durée d'indisponibilité n'a pas été communiquée), son goleador le plus prolifique (cinq buts dont trois sur penalty), son avant-centre le plus complet, pèse lourd dans la balance.

L'incroyable déchet de Yoël Armougom dans ses centres

Mais ce constat ne s'applique pas uniquement à la confrontation face au GF38. Depuis le coup d'envoi de cet exercice 2020-2021, le Stade Malherbe peine à s'exprimer offensivement (10e attaque de L2 avec 13 réalisations après 14 journées). Les différents adversaires des « Rouge et Bleu » ont bien compris la manière de perturber les hommes du président Olivier Pickeu : en leur proposant un bloc bas, en les privant d'espaces et en leur laissant un ballon dont on a l'impression qu'ils ne savent pas toujours comment l'utiliser. "On a joué contre une équipe très hermétique", ne manquait pas, d'ailleurs, de souligner, Pascal Dupraz.

"Derrière l'ouverture du score, c'est à nous de faire le jeu, de se créer des occasions"

Une phase de jeu dans la construction illustre parfaitement l'impuissance normande face à une telle opposition avec une charnière centrale cherchant en vain une solution. Positionné en soutien d'un Alexandre Mendy toujours aussi approximatif techniquement, Yoann Court a bien essayé de décrocher, jusqu'au rond central parfois, sans réel succès. "En ce moment, on concède l'ouverture du score rapidement* (dès la 11' contre Grenoble). Derrière, nos adversaires sont en confiance et c'est à nous de faire le jeu, de se créer des occasions", indiquait le n°13 du SMC.

"Mais ce n'est pas évident. Il ne faut pas partir à l'abordage. C'est ce qu'on a tenté de faire. On a pris le temps, on a essayé d'être patient. On a obtenu beaucoup de situations de centres, de décalages. A nous d'être plus juste", poursuivait l'ancien Brestois, auteur de son deuxième but avec Caen en transformant ce penalty si décrié. Effectivement, comme très souvent dans ce cas de figure, Yoël Armougom, fautif sur le but grenoblois en se trouant complètement sur son intervention, a multiplié les centres de son côté gauche. Mais le latéral a fait preuve d'un déchet incroyable, encore plus que d'habitude, dans cet exercice. Paradoxalement, la prochaine opposition face à Troyes (co-leader), une formation réputée joueuse et maître du « cuir » (plus de 60% de possession lors de sa victoire aux dépens du Paris FC ce week-end), pourrait beaucoup mieux convenir aux caractéristiques de la troupe de Pascal Dupraz. Espérons-le pour les supporters « Rouge et Bleu ».

*Contre Grenoble, le Stade Malherbe a concédé l'ouverture du score pour la cinquième fois consécutive.

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