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L'ancien directeur sportif du Stade Malherbe s'engage chez le voisin caennais

Avec Mathieu Bodmer, le rêve de Fayza Lamari est devenu réalité pour Malherbe

Le Stade Malherbe tient sa recrue du mercato, et il ne s'agit pas d'un joueur ! Quelques semaines après avoir démissionné du HAC, où il a bouclé un mandat de quatre ans couronné de succès en tant que directeur sportif, Mathieu Bodmer (43 ans) occupera un poste similaire chez le voisin caennais (directeur du football), pensionnaire de Ligue 3. Un gros coup signé du propriétaire, la famille Mbappé alors que le SMC reste sur deux saisons catastrophiques sur le plan sportif.
Mathieu Bodmer effectue son retour au Stade Malherbe, dans son club formateur, 23 ans après son départ en tant que joueur. ©Damien Deslandes

Mathieu Bodmer effectue son retour au Stade Malherbe, dans son club formateur, 23 ans après son départ en tant que joueur. ©Damien Deslandes

Nous sommes le 17 avril. Dans le cadre des stages KM, du nom de son fils, Fayza Lamari est présente sur l'esplanade de l'hôtel de ville à Caen. Après s'être arrêtée devant les médias pour évoquer la situation de l'équipe professionnelle (L3, ex-N1), la véritable « patronne » du Stade Malherbe poursuit cet échange de manière informelle avec une poignée de journalistes. Evolution du centre de formation, rôle de Reda Hammache, le désormais ex-responsable du recrutement, changements à venir dans l'organigramme... Les thématiques s'enchaînent. Au bout de plusieurs minutes, et alors qu'il ne reste plus qu'un représentant de la presse, cette discussion dérive sur le voisin havrais, qui bouclera quelques semaines plus tard un troisième maintien consécutif en L1. C'est à ce moment-là que la mère de Kylian Mbappé, le propriétaire du SMC, nous questionne : "Pensez-vous qu'on remonterait en Ligue 2 si on prenait Mathieu Bodmer ?" Ce à quoi nous avons répondu que s'ils n'y parvenaient pas avec celui qui officiait à l'époque comme directeur sportif (DS) au HAC, les « Rouge et Bleu » n'y arriveraient avec personne.

Forcément, cette déclaration revêt un tout autre sens aujourd'hui. Il y a deux mois, nous étions loin d'imaginer que Mathieu Bodmer - qui a entre-temps démissionné de ses prérogatives chez les « Ciel et Marine » - effectuerait son retour dans son club formateur. A ce moment-là, il s'agissait en fait d'un rêve, celui notamment de Fayza Lamari. Un rêve qui est donc devenu réalité. Il faut bien se rendre compte de ce que vient de réaliser l'Etat-major du Stade Malherbe : attirer l'un des DS le plus côtés sur le marché français alors que le SMC est tombé en troisième division. N'ayons pas peur des mots, c'est un ÉNORME coup. Preuve que malgré les difficultés sportives rencontrées à la tête des « Rouge et Bleu », la famille Mbappé possède un impressionnant pouvoir de séduction. Car rappelons-le, les deux dernières saisons traversées par le club caennais se sont révélées, sur le plan sportif, catastrophiques : relégation en National avec une place de lanterne rouge de Ligue 2, cinq entraîneurs différents se succédant sur le banc, fossé se creusant avec les tribunes de d'Ornano, bien qu'on ait constaté une accalmie à la fin de l'exercice précédent.

Avec Mohamed El Kharraze et Julien Momont

Deux ans après son rachat par Coalition Capital, le fonds d'investissement du capitaine des Bleus, cette nomination ressemble fort à un nouveau départ pour le Stade Malherbe. En tout cas, ses supporters l'espèrent, même s'il ne faut pas se mentir, le chantier demeure immense. Pour replacer le SMC sur de bons rails, desquels il s'est égaré bien avant la prise de contrôle du clan Mbappé, Mathieu Bodmer ne débarque pas seul. Il arrive avec toute une équipe, toute « son » équipe en provenance du HAC dont Mohamed El Kharraze, son bras droit (et encore le terme est faible), et Julien Momont, spécialiste de la data. Une condition non-négociable aux yeux de l'Ebroïcien, face immergée de l'iceberg dans cette organisation. S'il a largement démontré ses compétences de l'autre côté du Pont de Normandie, les amoureux des « Rouge et Bleu » ne doivent peut-être pas s'attendre à ce que ce trio obtienne des résultats aussi rapidement aux commandes du club caennais.

Reste à savoir comment Mathieu Bodmer et ses collaborateurs s'entendront avec les hommes déjà en poste. On pense, bien entendu, au coach Gaël Clichy qui a déjà tracé sa feuille de route pour le mercato. Dans sa carrière de dirigeant en devenir, c'est la première fois que le directeur sportif n'aura pas choisi l'entraîneur avec qui il a travaillé. Il y a également Julien Meilhac, le directeur de la formation malherbiste qui jouit d'une grosse cote auprès des dirigeants normands. En témoigne, le renouvellement des équipes techniques du centre qu'il a entièrement piloté*. Quand on connaît l'appétence de l'ex-milieu de Lille, de Lyon et du PSG pour le football de jeunes, on se doute qu'il voudra certainement avoir son mot à dire. Et on ne vous parle même pas de Nasser Larguet, nommé vice-président en charge du technique, une sommité en la matière. Attention à ce que dans ce SMC new look, il n'y ait pas plus de chefs que d'Indiens.

Mathieu BILLEAUD

*Alors que Romain Leroux, Julien Lecoq et Sébastien Maté, respectivement entraîneur, préparateur physique et responsable des gardiens de la réserve (N3, futur N2) n'ont pas été conservés, Grégory Auger, Hugo Lecouturier et Gaëtan Boisroux ont été recrutés par Julien Meilhac pour les remplacer, poste pour poste. Idem pour Fabrice Vandeputte par Gilles Salou à la tête des U19.

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