Foot Normand
N1. J34 - Aubagne / SM Caen, vendredi 15 mai à 19H30

Avec quel effectif pour Malherbe la saison prochaine ?

Dieudonné Gaucho, Josué Kimboma, Yann M’Vila pour les joueurs en fin de contrat, et aussi le retour de prêt d’Alexandre Parsemain, la gestion des gardiens ou encore le risque de perdre Mohamed Hafid et Diabé Biolumbu… S’il garde l’espoir d’en conserver certains, le Stade Malherbe pourrait voir plusieurs éléments majeurs partir cet été ; ce qui modifierait son mercato.

Les joueurs en fin de contrat

Dieudonné Gaucho vers un départ à l'étranger

« Tant qu’il n’a pas signé ailleurs, ce n’est pas terminé ». Voici le leitmotiv de la direction de Malherbe concernant ses joueurs en fin de contrat qu’elle aspire à conserver. Dans cette catégorie, figure notamment Dieudonné Gaucho (25 ans). Mais pour le colosse ivoirien, le suspense semble éventé. Début mars, en conférence de presse, le futur ex-n°27 des « Rouge et Bleu » avait confirmé qu’il se dirigeait vers un départ. "Oui, on peut le dire". Et samedi, après le match nul contre Concarneau (0-0), son discours devant le kop, au pied de la tribune Borrelli, ressemblait fort à des adieux. Pourtant, en interne, on ne désespère pas de le faire rempiler. Ce à quoi son entourage nous répond « qu’on est plus proche d’une sortie que d’une prolongation ». Selon nos informations, aucune négociation n’a été entamée avec ses représentants. Au contraire, il se destinerait vers un championnat de première division à l’étranger, comme la Pologne.

Pour Josué Kimboma (20 ans), dont le contrat stagiaire expire le 30 juin, on se veut aussi confiant dans les rangs du SMC. Mais la concurrence est rude pour un jeune qui n’a, au final, disputé que neuf rencontres avec l’équipe fanion, en National ! Lancé dans le grand bain par Gaël Clichy, avec succès, le milieu défensif n’a, pour le moment, pas paraphé le premier contrat « pro » que lui a proposé son club formateur. Rarement bon signe à ce stade de la saison, même si ce timing n’est pas obligatoirement rédhibitoire. "S’il ne reste pas, numériquement, il faudra combler cet espace", avance l’entraineur caennais.

A l’extrémité inverse de la pyramide des âges au sein de l’effectif normand, Yann M’Vila (36 ans le 29 juin) sera également libre au 1er juillet. Mais le technicien n’en fait aucun mystère : il souhaite le garder. "Si j’étais le coach et l’actionnaire qui mettait son argent, Yann resterait. Il y a une volonté du joueur, du staff… Après, qu’est-ce qui est faisable pour le club ? Les dirigeants sont en discussion avec lui". L’ex-Gunner voit dans son ancien partenaire en équipe de France "le garant du projet". "S’il est bon pour lui, il sera bon pour d’autres joueurs", ajoute-t-il. Visiblement, l’entraîneur compte sur son capitaine pour contribuer au processus de séduction de potentielles recrues. Un capitaine aussi précieux à ses yeux sur qu’en-dehors du terrain. "On a cette volonté de s’appuyer sur le centre de formation. Et pour tenir un vestiaire jeune, il nous faut du monde. Même sans parler, Yann assume ce rôle. Le comportement de certains au quotidien serait complètement différent si Yann n’était pas là".

Yann M’Vila ou pas, le Stade Malherbe ne fera l’économie de se renforcer en charnière centrale. Un poste où le n°6 des « Rouge et Bleu » a été définitivement installé début mars, même s’il "peut dépanner au milieu", dixit Gaël Clichy. Mais le départ annoncé de « Didi » Gaucho et le retour de prêt de Souleymane Sagnan à Lens laisseront un vide. Seconde fin de prêt à remplacer, celui d’Alexandre Parsemain (23 ans le 27 mai). Alors que le SMC ne dispose pas d’option d’achat, au sein de l’Etat-major caennais, on reconnaît « qu’il sera compliqué financièrement » de garder l’avant-centre lié avec les Suisses du FC Lugano jusqu’en 2028. Conséquence, "on aura besoin d’aller chercher des buts à l’extérieur", explique le jeune coach. Et avec tout le respect qu’on lui doit, avec des recrues offensives d’un calibre différent de celui d’Armand Gnanduillet.

Le discours de Dieudonné Gaucho, samedi, au pied de la tribune Borrelli, ressemblait fortement à des adieux. ©Damien Deslandes

Les joueurs sous contrat

Il sera compliqué de garder Mohamed Hafid

Autre cas épineux, qui ne date pas d’aujourd’hui celui-là : le gardien. "Yannis a envie de jouer", lâche Gaël Clichy. Rien de neuf sous le soleil normand ; le portier Martiniquais postulant au statut de n°1 depuis, au moins, deux ans. Problème, Anthony Mandrea, pas loin d’être impeccable cette saison, est sous contrat jusqu’en 2027. Et avec sa luxation à une épaule qui lui fera d’ailleurs manquer la reprise de l’entraînement (le 27 juin), difficile d’envisager un transfert cet été de l’international algérien. "Est-ce qu’on doit promettre des choses (sous-entendu à Yannis Clémentia) ? Est-ce qu’on doit faire venir quelqu’un", s’interroge le coach malherbiste. "C’est un vrai sujet". Quoi qu’il en soit, dans l’intérêt de toutes les parties, la cohabitation entre les deux ex-pensionnaires du centre de formation de Nice semble avoir assez duré.

Alors que Gaël Clichy a émis le souhait de conserver un maximum d’éléments qui ont contribué à l’embellie en cette fin de saison (sept journées sans défaite, 3V-4N), quelle sera la réaction du board s’il est attaqué sur Mohamed Hafid et Diabé Bolumbu ? A un an du terme de leur engagement, le risque de les voir partir libre en juin 2027 existe. Le milieu offensif, qui sort d’un exercice plein en National (29 apparitions, 5 buts pour deux passes décisives), a d’ailleurs changé d’agent au mois de novembre. Il a rejoint une grosse structure basée à Londres. Une démarche qu’on réalise rarement quand on veut rester dans son club. En zone mixte après le match nul face à Concarneau, le principal intéressé n’a fermé aucune porte. "Je ne sais pas si vais continuer ou partir. Quand il y a des intérêts, ça s’écoute". L’AJ Auxerre (L1), apparemment friand de « petits » Caennais après avoir déjà attiré Lamine Sy il y a un an (libre), est venu aux renseignements.

Ayant fait du rééquilibrage des comptes une priorité depuis son arrivée en 2024 ; ce qui est tout à son honneur, il serait difficilement concevable pour l’actionnaire principal de voir deux garçons issus de sa formation s’envoler vers une autre destination gratuitement. Qui plus est, le message envoyé aux actuels pensionnaires du centre ne serait pas spécialement positif. Alors, bien sûr, ne nous trompons pas, on parle d’indemnités ne dépassant pas quelques centaines de milliers d’euros (même s’il faudrait certainement y ajouter un pourcentage sur une future revente). Mais s’il était amené à perdre dès cet été Mohamed Hafid et Diabé Biolumbu, le Stade Malherbe s’appauvrirait sportivement. Pour un club prétendant à la montée en Ligue 2 (en tout cas, on n’imagine pas le contraire), ces départs constitueraient forcément un coup dur. L’équation n’est pas simple.

Mathieu BILLEAUD

Comment réagira la direction du Stade Malherbe si elle est attaquée sur Diabé Bolumbu (ici, en train de discuter avec le coach Gaël Clichy), crédité d'une fin de saison séduisante. ©Damien Deslandes

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Comme le nombre de joueurs du Stade Malherbe sous contrat jusqu’en 2027, sur un total de 19. Et pour certains, pas ou peu utilisé par Gaël Clichy sur cette phase retour (Vinicius Gomes, Belkacem Dali-Amar, Adama Diakité, Samuel Noireau-Dauriat, Williams Mazié), on se demande bien si leur avenir s’inscrira en « Rouge et Bleu ». Problème, à moins que les dirigeants sortent le carnet de chèque pour rompre leur engagement, on voit mal ces éléments en question partir d’eux-mêmes. Point commun entre eux : ce sont tous des renforts recrutés l’été dernier.

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