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Avec Aston Villa, l'ex-Caennais affronte Norwich ce jeudi après-midi (16H)

Fred Guilbert à l'heure du Boxing Day

Résumé

Cette saison, les fêtes de fin d'année ont été courtes pour Fred Guilbert. Deux jours après son 25e anniversaire, l'ex-Caennais foulera la pelouse de Villa Park cet après-midi. Pour le Boxing Day, traditionnel rendez-vous en Angleterre au lendemain de Noël, le latéral droit défiera, avec son nouveau club d'Aston Villa, Norwich pour une confrontation capitale dans l'optique du maintien. L'occasion de revenir sur sa découverte de la Premier League, les spécificités du jeu britannique mais aussi sur la relégation du Stade Malherbe. Une descente en Ligue 2 que le Manchois n'a "toujours pas digérée".

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A l'image de ce duel avec Sadio Mané, l'attaquant de Liverpool, Fred Guilbert défie en Premier League quelques uns des meilleurs joueurs du monde. ©Aston Villa
A l'image de ce duel avec Sadio Mané, l'attaquant de Liverpool, Fred Guilbert défie en Premier League quelques uns des meilleurs joueurs du monde. ©Aston Villa
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Bien qu'il reconnaisse ne pas encore maîtriser parfaitement la langue de Shakespeare, Fred Guilbert s'est acclimaté à merveille à son nouvel environnement à Aston Villa (où il a signé un contrat jusqu'en 2023). "Ne pas être bilingue à 100% ne m'empêche pas de jouer au football", plaisante l'ex-Caennais. Non convoqué par le coach Dean Smith lors des deux premières journées, le latéral droit a enchaîné derrière 12 titularisations consécutives jusqu'à sa suspension contre Chelsea (le 4 décembre, pour avoir récolté cinq avertissements en l'espace d'une demi-saison). Après s'être assis sur le banc sur le match suivant au profit de l'Egyptien Ahmed El-Mohammadi, il a retrouvé sa place dans le onze de départ pour le déplacement à Sheffield (J17).

"Quand john terry me parle, je me tais, j'écoute et j'apprends"

"Même si je ne cache pas que ça m'a un peu piqué de ne pas être retenu, je m'étais préparé, compte tenu de la concurrence, à ne pas forcément jouer au départ". Dans un championnat que de nombreux observateurs qualifient comme le meilleur du monde, Fred Guilbert n'a pas été "spécialement dépaysé", de son propre aveu. "Mon jeu est basé sur les courses. Bien que je sois « nouveau » en Premier League, je me suis relativement bien adapté", poursuit-il.

"Maintenant, c'est vrai que le foot ici est complètement différent de ce que j'ai pu connaître en France. Il y a énormément d'intensité. Les transitions, que ce soit défensivement et offensivement, sont tout simplement hors normes". Marqué par l'ambiance dans des stades pleins, le Manchois a également fait des découvertes en dehors du terrain. "La nourriture. En France, que ce soit la veille ou le jour des matches, vous n'avez pas le droit de manger de sauces. En Angleterre, vous pouvez mettre un peu de mayonnaise dans votre plat, personne n'en fait un scandale. Et je n'ai pas l'impression que les joueurs soient moins performants pour autant (rires)", souligne le défenseur qui, à Birmingham, a le privilège de côtoyer une référence : un certain John Terry(1) (où il officie comme adjoint). "Quand John Terry me parle, je me tais, j'écoute, et j'apprends".

Il n'a pas pu savourer la finale d'accession en PL

Avec Aston Villa, Fred Guilbert ne s'est pas engagé avec n'importe quel club britannique. Champions d'Angleterre et vainqueur de la Cup à sept reprises, les Villans ont remporté la Coupe d'Europe des clubs champions en 1982 (l'ancêtre de la Ligue des Champions). Mais aujourd'hui, les « Claret and Blue » courent après leur prestigieux passé. Promus cette saison, ils luttent pour leur maintien (18e et en position de premier relégable au bout de 18 journées). Il y a sept mois, le natif de Valognes avait, d'ailleurs, assisté à la finale d'accession en Premier League à Wembley (succès 2-1 aux dépens de Derby County). Un événement que le joueur formé au Stade Malherbe n'a pas pu savourer à sa juste valeur. Et pour cause.

"Cette descente, je ne l'ai toujours pas digérée. Je la prends pour moi"

"Ce fut une émotion très particulière. J'avais encore la tête à Caen. On venait juste d'être relégués(2)". Une descente qu'il n'a "toujours pas digérée". "Je la prends pour moi. Comme j'ai joué quasiment tous les matches (34 sur 38 journées dont 33 en tant que titulaire), j'en suis l'un des responsables", affirme le Normand ne fuyant pas ses responsabilités. Une relégation sur laquelle Fred Guilbert a un avis bien précis. "Ça a manqué d'autorité à tous les niveaux".

Avant d'ajouter : "A partir du moment où tu nommes un capitaine qui n'en est pas un (Fayçal Fajr), que le coach (Fabien Mercadal) accorde des passe-droits à certains... Personnellement, j'étais en conflit avec Fayçal. C'est un secret de Polichinelle. Mais quand je vois comment Paul (Baysse) et Claudio (Beauvue) ont été critiqués alors qu'au final, ils se sont toujours montrés professionnels. A mon sens, le président (Gilles Sergent) n'était pas non plus prêt à occuper ce poste dans une situation de crise comme celle qu'on a vécue. Quand ça gagne, tout le monde peut être président, quand ça perd, c'est un peu différent...". On ne peut pas vraiment lui donner tort.

(1)Défenseur emblématique de Chelsea dont il a porté le maillot 717 fois toutes compétitions confondues (1998-2017), John Terry (39 ans) compte notamment à son palmarès une Ligue des Champions (2012), une Ligue Europa (2013) ainsi que cinq titres de champion (2005, 2006, 2010, 2015 et 2017). International anglais à 78 reprises, ce défenseur central, qui fut capitaine en club comme en sélection, a figuré cinq années de suite dans l'équipe type de la FIFA (entre 2005 et 2009).

(2)La finale a eu lieu deux jours après la défaite du Stade Malherbe contre Bordeaux scellant la relégation du club normand en Ligue 2.

RETROUVER L'INTÉGRALITÉ DE L'ENTRETIEN AVEC FRED GUILBERT DANS LE PROCHAIN NUMÉRO DE FOOT NORMAND (N°24) EN KIOSQUES À PARTIR DU 31 DÉCEMBRE.

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