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L2. J24 - Amiens / SM Caen 0-0

Johann Lepenant, le petit prince de Granville a (déjà) conquis Malherbe

Résumé

Crédité de deux prestations de très haut niveau cette semaine, contre Valenciennes, mardi, et face à Amiens, vendredi soir, Johann Lepenant (18 ans), après seulement une poignée d'apparitions chez les « pros », apparaît déjà comme indispensable dans l'équipe de Pascal Dupraz. Si le milieu de terrain issu du centre de formation caennais va devoir confirmer d'ici la fin de la saison, le Stade Malherbe tient incontestablement un joueur rare.

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Alors qu'il n'affichait à son compteur, fin 2020, que quelques minutes de temps de jeu, Johann Lepenant vient d'enchaîner quatre titularisations sur les cinq dernières sorties du Stade Malherbe. ©Damien Deslandes
Alors qu'il n'affichait à son compteur, fin 2020, que quelques minutes de temps de jeu, Johann Lepenant vient d'enchaîner quatre titularisations sur les cinq dernières sorties du Stade Malherbe. ©Damien Deslandes
Corps

Face à Amiens, aucun joueur du Stade Malherbe n'a touché plus de ballons (70), n'a réussi plus de passes (39) ou n'a effectué plus de tacles (6)... Ajoutez à cela huit récupérations et 67% de duels remportés (seul Prince Oniangué s'est montré plus performant dans ce domaine au SMC) et vous mesurez un peu mieux la qualité de la prestation de Johann Lepenant, véritable métronome de son équipe du haut de ses 18 ans. Si la confrontation entre Picards et Normands ne restera pas dans les annales de la Ligue 2 (0-0), la performance du jeune milieu de terrain caennais a épaté les rares privilégiés présents au Stade de la Licorne. "Ce qu'il réalise, c'est juste remarquable", ne passe pas par quatre chemins Pascal Dupraz sous le charme comme l'ensemble de l'assistance.

"Quand vos partenaires vous donnent volontiers le ballon, ça signifie qu'ils ont confiance en vous"

"Je suis sûr que c'est un garçon qui va faire le bonheur de ses coaches", avait lancé le technicien savoyard jeudi midi, en conférence de presse. "Est-ce qu'il fait le mien ? Oui, oui. Et ce n'est pas sous prétexte que l'exposition médiatique va devenir plus importante et son temps de jeu se multiplier de manière exponentielle que ça va se compliquer avec lui. Il va demeurer le même, il me semble. Johann a les deux pieds bien ancrés avec cette soif d'apprendre, de continuer à progresser, d'emmagasiner de l'expérience, d'écouter les anciens tout en nous apportant de la simplicité et de la joie de vivre. Sur le terrain comme en dehors, il répond à nos attentes. D'ailleurs, c'est souvent le cas ici avec les jeunes".

Annoncé depuis longtemps comme l'un des plus grands espoirs du club normand (il a signé son premier contrat professionnel à 16 ans et quatre mois, seul M'Baye Niang au Stade Malherbe a été plus précoce), il ne comptait qu'une poignée de minutes chez les « pros » il y a encore trois semaines. Depuis, le gamin de Granville, véritablement lancé dans le grand bain à l'occasion du 8e tour de la Coupe de France à Guingamp, mi-janvier, crève l'écran, enchaîne les titularisations (quatre en cinq sorties) et semble déjà indispensable au collectif « Rouge et Bleu ». Ses coéquipiers, en tout cas, l'ont définitivement adopté. "Quand vos partenaires vous donnent volontiers le ballon, ça signifie qu'ils ont confiance en vous", abonde le coach savoyard. "Avec sa technique, et le jeu passant par lui, on a la possibilité de faire vivre le ballon et d'allonger les séquences".

Une complicité naturelle avec Jessy Deminguet

Son influence dans le jeu caennais est tellement grande qu'on a l'impression qu'il bonifie ses partenaires à l'image d'un Jessy Deminguet bien plus à son avantage depuis un mois. "C'est assez simple de jouer avec ce jeune joueur que j'aime beaucoup. On s'entend super bien. Il court énormément, ratisse beaucoup de ballons", témoigne le Lexovien (23 ans) qui ferait presque figure « d'ancien » en comparaison à l'ex-pensionnaire du pôle espoirs de Ploufragan (Côtes-d'Armor). "On le voit tout de suite sur le terrain, on a une bonne écoute l'un et l'autre. Evoluer avec ce genre de joueur, c'est toujours positif. Aujourd'hui, c'est bénéfique à l'équipe même si je pense qu'on peut faire plus de différences en enchaînant les matches".

"il joue dans l'évitement et devient ingérable athlétiquement pour l'adversaire"

Avec sa tête de poupin et son gabarit de poids plume, le n°12 des « Rouge et Bleu » dénote également dans un milieu qui a pendant (trop) longtemps fait la part belle aux « golgoths ». "Le football, c'est l'un des rares sports où on peut mesurer 1,70 m, faire 60 kg (1,76 m pour 71 kg pour l'intéressé) et jouer au haut niveau. Il a cette dextérité dans les pinceaux. Parce qu'il est plus petit, moins costaud, il joue dans l'évitement et devient ingérable athlétiquement pour l'adversaire", analyse Pascal Dupraz.

Alors, bien sûr, il n'est pas question de s'enflammer ou de porter aux nues Johann Lepenant, une tendance assez répandue chez les supporters et les journalistes (nous y compris) quand un jeune pointe le bout de son nez. Mais force est de constater qu'il se dégage quelque chose de particulier, que beaucoup d'autres non pas, chez cet élève de Terminale en bac pro commerce. Et bien qu'il soit sous contrat jusqu'en 2023 comme nous l'avait indiqué le président Olivier Pickeu début octobre (alors que son contrat expirait en 2022, une clause prévoyait une prolongation automatique d'un an dès sa première apparition chez les « pros »), l'un des enjeux du prochain mercato du côté du Stade Malherbe sera de le conserver une saison supplémentaire. Car s'il renouvelle ce type de prestation, entraperçue vendredi soir, nul doute que les sollicitations ne vont pas manquer, si ce n'est pas déjà le cas.

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