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CDF. 5e tour - AG Caen (R1) / SM Caen (L3), samedi 10 octobre à 19H à Venoix

Malherbe de retour à Venoix, 27 ans plus tard

Pour affronter l’Avant-Garde (R1), au 5e tour de la Coupe de France, c’est un court déplacement qui attend Malherbe (L3) jusqu’au Stade de Venoix, son enceinte historique dans laquelle le club caennais n’a plus évolué depuis un demi-siècle. Supporters et joueurs de l’époque nous racontent ce premier retour, le 6 août 1999.
Le 6 août 1999, pour la réception de Wasquehal, le Stade Malherbe de Stéphane Tanguy avait évolué devant environ 6 000 spectateurs à Venoix. ©MNK et Roland Le Meur

Le 6 août 1999, pour la réception de Wasquehal, le Stade Malherbe de Stéphane Tanguy avait évolué devant environ 6 000 spectateurs à Venoix. ©MNK et Roland Le Meur

"On n’est pas à domicile, mais presque". En conférence de presse, Gaël Clichy a parfaitement résumé le paradoxe qui touche Malherbe, ce week-end. Car si c’est bien l’Avant-Garde qui reçoit son voisin caennais, dans une enceinte où elle a l’habitude d’évoluer depuis plusieurs années maintenant en championnat (N3 ou R1), le Stade de Venoix* restera à jamais la première maison du SMC. La montée en D1 en 1988, la qualification en Coupe d’Europe quatre ans plus tard, cette fameuse confrontation contre Saragosse la saison suivante… Jusqu’en juin 1993, et son installation à d’Ornano, fraîchement sorti de terre, c’est dans ce lieu que les supporters « Rouge et Bleu » se sont construit des dizaines et des dizaines de souvenirs.

"Quand j’étais gamin, mon père m’emmenait sous les tôles", se remémore Fabrice Coursin, ancien président du MNK 1996, référence à ce toit constitué de plaques de métal sur lesquelles les fans frappaient de toute leur force pour faire un maximum de bruit et transformer le site en petit chaudron à la sauce normande. "Avec les licenciés, on avait notre tôle réservée, juste à droite du tunnel d’entrée des joueurs. On devinait la tension qui pouvait régner dans ce couloir si exigu", témoigne Fabrice Catherine, formé au club dont il a gardé les cages à 158 reprises chez les « pros ». "A l’époque, il fallait se pointer deux heures avant le coup d’envoi, dès l’ouverture des grilles, si on ne voulait pas être serré comme des sardines sous les tôles", embraye Fabrice Coursin. "A d’Ornano, comme toutes les places sont numérotées, hormis dans le kop, les gens ont rapidement pris l’habitude d’arriver au dernier moment".

"IL fallait se pointer dès l'ouverture des grilles, si on ne voulait pas être serré comme des sardines sous les tôles"

Fabrice Coursin

Depuis son déménagement dans son grand stade, un soir de défaite face à Montpellier (3-1), "un triste match pour finir", selon Christophe Vaucelle, dit Olaf, le président du MNK, Malherbe n’est revenu qu’une fois dans son ancienne enceinte, pour y disputer une rencontre officielle. Nous sommes le 6 août 1999. Pour le compte de la 2e journée, les hommes de Pascal Théault accueillent l’ES Wasquehal, mais d’Ornano est indisponible ; sa pelouse se trouvant en réfection. "Le terrain était détruit. Ça devenait trop dangereux pour l’intégrité physique des joueurs", indique Fabrice Catherine. Direction donc Venoix, qui n’est pas encore équipé d’une aire de jeu synthétique comme actuellement. "Pour les ex-pensionnaires du centre de formation (avec également Bernard Mendy, Grégory Tafforeau, Jérôme Rothen pour ne citer qu’eux), on n’était pas dépaysés, car on jouait tous les matchs de la réserve là-bas".

"A l'époque, l'ambiance à d'Ornano n'est pas celle qu'on connaît aujourd'hui"

Christophe Vaucelle

Au départ, les amoureux du SMC sont empreints d’une certaine nostalgie à la perspective de ce retour aux racines. "On avait expliqué aux jeunes : « Tu verras Venoix, c’est génial, c’est fantastique »", lâche Fabrice Coursin. "D’autant plus qu’à l’époque, l’ambiance à d’Ornano n’est pas celle qu’on connaît aujourd’hui. On était beaucoup moins nombreux", rappelle « Olaf ». "En dépit du titre de champion de D2 en 1996, le public s’était un peu embourgeoisé", complète son prédécesseur à la tête du MNK. Mais au final, c’est la déception qui l’emporte. "Déjà, le stade avait changé de configuration. Les praticables avaient été enlevés derrière les buts", souligne Fabrice Coursin, à l’origine membre du groupe de supporters, les Gunners. Surtout, malgré environ 6 000 spectateurs, la magie d’autrefois n’est pas au rendez-vous. "Nous étions installés dans le virage Venoix. On devait être une quarantaine". Et le spectacle sur le pré n’aide pas à s’enflammer. "Le match n’est pas rentré dans les annales", en convient Fabrice Catherine, quasi-réduit au chômage technique lors de ce 0-0 peu spectaculaire.

Un quart de siècle plus tard, ce nouveau crochet par ce lieu historique du SMC, cette fois-ci dans la peau des visiteurs, ne provoque pas de sentiments particuliers chez ses fans. "Ça ne me fera pas plus bizarre que ça", confirme « Olaf ». "On y va régulièrement à Venoix. Je suis content que ce stade serve toujours aux jeunes et aux féminines. D’ailleurs, on a déjà assuré de grosses affluences en Gambardella". Preuve aussi qu’en l’espace de 30 ans, les supporters « Rouge et Bleu » se sont totalement appropriés d’Ornano, où ils vivent leur lot d’émotions. Encore récemment. "Quand on est rentrés avec ma fille après Rouen (3-2, le 24 septembre), il y avait beaucoup de circulation, ça klaxonnait de partout. Je lui ai dit : « Tu vois, il y a plus d’ambiance pour une victoire en Ligue 3 que quand on s’est qualifié en Coupe d’Europe ! », lance Fabrice Coursin. On ose imaginer si Malherbe était amené à remonter en Ligue 2 à l’issue de cette saison.

*Le nom de Claude Mercier, ancien capitaine du SM Caen dans les années 1950, y est accolé depuis octobre 2013.

> Coupe de France. 5e tour - AG Caen (R1) / SM Caen (L3), samedi 10 octobre à 19 heures au Stade de Venoix - Claude-Mercier.

Mathieu BILLEAUD

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