"Elle est là, la vérité. Et après, ça boude car ça ne joue pas. Entraînez-vous comme il faut". Mardi matin, annexe 3 du complexe de Venoix, Gaël Clichy anime un atelier spécifique attaquant à base d’appuis-remises, de déviations, de déplacements… A l’entendre hausser le ton par moments, le coach du Stade Malherbe n’est pas complètement satisfait de ce qu’il voit. En même temps, l’ex-Citizen a raison d’être exigeant. Si son équipe possède l’attaque la plus prolifique de Ligue 3, ex aequo avec le FC Rouen (17 réalisations), les coéquipiers de Dennis Appiah auraient pu (dû) faire trembler les filets adverses beaucoup plus souvent. Dernier exemple en date : la défaite sur la pelouse du FC Fleury (J9. 3-2, le 3 octobre). "On ne peut pas terminer les matchs avec une demi-douzaine d’occasions franches et ne pas les valider par des buts. On aurait dû en marquer cinq", pestait le technicien caennais la semaine passée, avant l’entrée en lice du SMC en Coupe de France. En cause, "un manque de justesse dans le dernier geste", pointe l’ancien latéral, en référence à ces contrôles ratés, à ces frappes non cadrées, à ces choix pas toujours pertinents...
Mais si le Stade Malherbe est repoussé à six longueurs du leader yonnais, avant de le recevoir, ce jeudi, ce n’est pas uniquement la faute à une efficacité offensive perfectible, c’est aussi parce que son bloc défensif se montre trop perméable. En ayant déjà ramassé à 12 reprises le ballon au fond de ses cages, Yannis Clementia ne commande que la dixième arrière-garde du championnat, à égalité avec le FC Versailles, le FC Fleury, QRM et le SC Aubagne. Très loin des meilleurs élèves de cette classe de troisième division que sont l’Amiens SC (3), l’AS Cannes (4) et le FC Rouen (5 dont trois contre les « Rouge et Bleu » !). "Défensivement, on ne peut pas concéder si peu et encaisser autant de buts. On se pose des questions sur la manière dont on les prend", s’interroge Gaël Clichy, citant de nouveau en exemple le revers à Bondoufle début octobre. "Sur les trois buts, il y a deux erreurs d’appréciation. Pourtant, on n’est pas ouvert (sous-entendu en infériorité numérique). Un garçon qui défend à l’extérieur plutôt qu’à l’intérieur, ça peut nous coûter un but". La naïveté de l’effectif confrontée à certains cas de figure, inhérente sa jeunesse, est également avancée comme élément d’explication à cette porosité.
Des défenseurs exposés par l'animation de Gaël Clichy
"Notre marge de progression, elle se situe dans les deux surfaces", annonce Gaël Clichy, rappelant qu’il n’est pas le principal acteur sur le rectangle vert. "Pourquoi untel adresserait une passe plutôt que de frapper, croiserait son tir plutôt qu’ouvrir son pied ? Ce sont des moments propres aux joueurs. Ça reste leur décision". Néanmoins, l’entraîneur normand ne se dédouane pas de sa responsabilité. "Notre boulot (au sein du staff), c’est de leur donner des éléments qui facilitent leur décision. On doit les éveiller sur ce qu’on attend d’eux. Et qu’à force de répéter ces situations, ils prennent la bonne", indique le technicien. "Sur le troisième but de Fleury, le tacle de Léo (en position de dernier défenseur sur cette action) n’est pas nécessaire. A moi de l’aiguiller vers une attitude plus calme, un geste plus propre pour la prochaine fois qu’il se retrouvera dans cette situation". Mais le coach du SMC en est persuadé : "Il y a une vraie prise de conscience individuelle pour que le collectif s’améliore".
Pour Gaël Clichy, l’efficacité offensive et la solidité défensive de sa formation sont imbriquées. "Peut-être que si on tue nos matchs en marquant plus de buts, comme contre Valenciennes (J1. 4-0, le 7 août), on ne parle pas de résultats décevant à la fin". Surtout que son animation, avec un bloc positionné haut sur le terrain, exposent ses arrières. Pas assez protégés par leur milieu de terrain et trop souvent transpercés par les transitions adverses, ils éprouvent toutes les peines du monde quand il s’agit de courir en direction de leur gardien, avec 40-50 mètres à couvrir dans leur dos. Devant cette problématique, l’apport d’Henri Saivet pourrait constituer une solution afin de rééquilibrer l’ensemble (lire ci-dessous). En tout cas, le disciple de Pep Guardiola n’entend pas renier ses principes. "Même si je suis le premier à reconnaître que chez les pros, on a besoin de points, on a cette volonté de créer du jeu, de proposer quelque chose aux supporters. J’aurais du mal à valider certaines victoires en ne marquant qu’un but et en n’obtenant pas plus d’occasions nettes". Reste à savoir si la méthode Clichy est compatible avec un objectif de monter en Ligue 2 ?
> L3. J10 - SM Caen (7e - 15 points) / La Roche-sur-Yon (1er - 21 points), jeudi 15 octobre à 20 H 45 au Stade Michel-d'Ornano.
Mathieu BILLEAUD
"On doit apprendre à être moins beau, mais plus efficace. Et vite, car on n'a plus le temps, on a déjà beaucoup perdu. Il y a des situations où il ne faut pas jouer, casser des actions, faire faute, prendre un carton jaune..."
Henri Saivet sur la marge de progression défensive du SM Caen
"On doit apprendre à être moins beau, mais plus efficace et vite, car on n’a plus le temps (…) Il y a des situations où il ne faut pas jouer, casser des actions, faire faute, prendre un jaune, se sacrifier…" 🎙️ Henri Saivet sur la marge de progression du @SMCaen @ligue3betclic https://t.co/HCoDM9YAy1
— FOOT NORMAND (@FOOT_NORMAND) October 15, 2026
