Site icon Foot Normand
Le Paris FC, un formidable adversaire pour les féminines de Malherbe

Morgane Hauvet (SM Caen) : "On rêve de jouer à d’Ornano"

Petit Poucet des quarts de finale de la Coupe de France, la section féminine du Stade Malherbe (D3) aura le privilège de recevoir le tenant du titre, le Paris FC (D1), à la mi-mars. Une magnifique affiche qui sera d’autant plus belle si elle se déroule à d’Ornano, où les Caennaises n’ont jamais évolué dans leur jeune histoire. Bien que le coût financier d’une telle organisation n’est pas à négliger, la balle est dans le camp des dirigeants « Rouge et Bleu ».
Les coéquipières de Morgane Hauvet, folles de joie, après leur qualification aux dépens de La Roche-sur-Yon en 16e, rêvent de vivre de nouvelles émotions, mais dans une autre enceinte caennaise. ©Anthonin Cathrine / SMC

Les coéquipières de Morgane Hauvet, folles de joie, après leur qualification aux dépens de La Roche-sur-Yon en 16e, rêvent de vivre de nouvelles émotions, mais dans une autre enceinte caennaise. ©Anthonin Cathrine / SMC

Bien sûr, les Caennaises espéraient toutes affronter l’ogre lyonnais, avec notamment ses huit Ligues des Champions. Mais en tombant sur le PFC en quart de finale, le week-end des 14-15 mars*, c’est plus qu’un lot de consolation dont a hérité le Stade Malherbe. Pionnier de la pratique en France, du temps où il portait le nom de Juvisy, qualifié pour la troisième année consécutive pour la plus prestigieuse des compétitions européennes, tenant du titre de la Coupe de France, le club parisien constitue une référence en matière de football féminin dans notre pays. "C’était dans le Top 3 des adversaires que l’on souhaitait avec Lyon et le PSG", souffle Morgane Hauvet, l’une des historiques de la section du haut de ses… 22 ans ! "C’est un club emblématique", se félicite sa jeune coéquipière Inès Brahmia-Erhel (18 ans). "Par rapport à notre « petit » championnat de D3, c’est impressionnant de jouer une D1 Arkema, des professionnelles…"

"C’est un tirage exceptionnel", renchérit Tristan Blanchard. L’entraîneur normand y voit "un petit clin d’œil". "On a commencé notre saison face à leur réserve (en préparation)", rappelle-t-il. "On est allé les regarder en Ligue des Champions contre Barcelone (le 17 décembre)", ajoute Morgane Hauvet. "Un souvenir exceptionnel", souligne le coach du SMC. "On a un petit lien avec ce club". Ce qui n’empêchera pas les « Rouge et Bleu » de jouer leur carte à fond. "Comme les filles sont compétitrices et que je suis compétiteur, si sur un malentendu, on peut se qualifier… S’il existe la moindre faille, on essaiera de l’exploiter", promet le technicien. "Le plus important, c’est que les filles profitent de ce moment qui restera à jamais gravé dans leur vie".

L'annexe 3 du complexe de Venoix comme solution de repli

Désormais, la question qui brûle les lèvres de chaque joueuse de son effectif, c’est où se disputera cette affiche de gala ? Techniquement, l’annexe 3 du complexe de Venoix est homologué, contrairement au synthétique où les partenaires d’Eva Lauret ont l’habitude d’évoluer. "L’inconvénient, c’est qu’on ne pourra accueillir que 1 250 spectateurs, sachant qu’on en a eu 960 contre La Roche, en 16e. J’ose espérer face au Paris FC qu’on aura un peu plus de monde", lance, malicieusement, Tristan Blanchard. Forcément, tous les regards sont braqués vers d’Ornano. "On en rêve", ne cache pas Morgane Hauvet. "A l’époque d’Anaïs (Bounouar, la première coach de la section, de 2019 à 2022), on avait fait une séance dans ce stade. C’était déjà dingue. Alors jouer dessus contre une D1 Arkema…" Inès Brahmia-Erhel s’imagine-t-elle refaire le coup du tour précédent, face à Châtenoy-le-Royal (2-1), avec cet extérieur du droit qui avait offert la qualif’ à son équipe ? "Pourquoi pas", répond-elle le sourire jusqu’aux oreilles. "Ça représenterait une incroyable reconnaissance pour les filles", estime l’entraîneur caennais.

Le problème, car il y en a toujours un, ce sont les coûts logistiques générés par un tel match, plusieurs dizaines de milliers d’euros à première vue. Mais alors qu’ils ne cessent d’affirmer que leur projet, « sociétal », dépasse le cadre du sportif, les dirigeants du Stade Malherbe ont la possibilité de mettre concrètement en application leurs belles paroles. Par les temps qui courent, un peu de communication positive, ça ne peut pas leur faire de mal. Et peu importe que la section féminine soit gérée par l’association plutôt que par le secteur « pro » ou que le club perde quelques sous dans l’opération, c’est une occasion presque unique de placer un énorme coup de projecteur sur les féminines, de réaliser une belle fête du foot régional à l’image de la demie de Gambardella en 2022, et peut-être de donner envie à des dizaines voire à des centaines de jeunes normandes de taper dans un ballon. Et ça n’a pas de prix.

*A noter qu'en cas de qualification du PFC pour la finale de la Coupe de la Ligue féminine (le club parisien dispute son quart, ce mercredi 4 février), le match face au SMC aura lieu mercredi 18 mars.

Mathieu BILLEAUD

Quitter la version mobile