Foot Normand
CDF féminine. 1/4 de finale - SM Caen (D3) / Paris FC (D1), dimanche 15 mars à 15H

Théa Gréboval, une Normande dans les rangs du Paris FC contre Malherbe

Dans les rangs du Paris FC (Arkema Première Ligue) qui affrontent les féminines de Malherbe (D3), dimanche, en quart de finale de la Coupe de France, figure une Normande en la personne de Théa Gréboval (28 ans). Fouler la pelouse du Stade Michel-d’Ornano devrait rappeler quelques beaux souvenirs à la Dieppoise.

La Normande Théa Gréboval ne sera pas dépaysée à d'Ornano. C'est dans ce stade que la Parisienne à honorer sa seule sélection en équipe de France. ©Roland Le Meur

Un rendez-vous de prestige attend les filles de Tristan Blanchard, ce dimanche (15 mars). Petit Poucet de la Coupe de France, le Stade Malherbe, pensionnaire de D3, recevra en quart de finale le Paris FC (Arkema Première Ligue), tenant du titre. Avant cette affiche de gala, délocalisée à d'Ornano, la rédaction de Foot Normand vous propose un focus sur la section féminine du club caennais. Quatrième volet de cette semaine spéciale avec un coup de projecteur sur l'adversaire avec la présence dans ses rangs d'une Normande, Théa Gréboval.

C’est un peu David contre Goliath… Les féminines du Stade Malherbe Caen, pensionnaires de D3, ont tiré le gros lot en quart de finale de la Coupe de France avec la réception du PFC. Les Parisiennes, tenantes du titre, sont deuxièmes ex aequo avec le FC Nantes en Arkema Première Ligue et ont l’habitude de disputer la Champions League. Dans ses rangs figure une Normande : Théa Gréboval. Après avoir commencé au FC Offranville à l'âge de 5 ans, la défenseure a ensuite rejoint le FC Dieppe avant de filer au FC Hénin-Beaumont où elle a effectué ses débuts en D1. En juillet 2014, elle s'est engagée au FCF Juvisy, devenu depuis le Paris FC ; un club historique où a longtemps évolué Gaëtane Thiney, ex-internationale tricolore devenue directrice sportive de la section féminine du PFC au mois de décembre 2025. Il y a deux ans, la native de Dieppe avait confié dans nos colonnes son attachement à sa région d’origine. Ce dimanche, elle sera de retour à la « maison » bien que "je considère quand même Caen comme la Basse-Normandie", rigole-t-elle.

Au PFC depuis 12 ans, Théa Gréboval n’a jamais croisé la route du Stade Malherbe au cours de sa carrière. Il faut dire que la section féminine du club caennais, passée du R2 à la D3 en l'espace de quatre ans, n'est née qu'en 2019. Si dans les rangs « Rouge et Bleu », tirer le Paris FC a procuré une joie immense, la native de Dieppe est heureuse d'avoir hérité du Petit Poucet de la Coupe de France. "Je suis contente de jouer contre un club normand. C'est comme quand j'affronte Le Havre en championnat. Je suis fière d'où je viens", glisse l'arrière de 28 ans. Les deux équipes ont d'ailleurs noué un lien d'amitié depuis le début de la saison. L'été dernier, le SMC avait disputé un match de préparation contre la réserve parisienne (actuellement leader de son championnat de R1). Puis, en décembre 2025, les coéquipières de Morgane Hauvet avaient eu la chance d'assister à un match de Ligue des Champions au Stade Jean-Bouin entre le PFC et Barcelone (0-2). 

"J'ai honoré ma seule sélection avec l'équipe de France A à d'Ornano, contre le Chili, en 2017"

Pour ce rendez-vous exceptionnel pour les filles du SMC, cadre exceptionnel. Cette affiche de gala a été délocalisée à d'Ornano. Pour la première fois de sa jeune histoire, la section féminine de Malherbe foulera la pelouse du stade habituellement réservé aux professionnels. Si Théa Gréboval a l'habitude de fréquenter des enceintes de cette envergure comme Océane au Havre ou Charléty parfois à domicile, l'antre caennais revêt un caractère symbolique dans sa carrière. "J'ai honoré ma seule sélection avec l'équipe de France A dans ce stade, contre le Chili, en 2017", raconte-t-elle, une titularisation à la clé ce jour-là. Devant 12 000 spectateurs agitant des drapeaux tricolores, les Bleues s'était imposées 1-0 dans ce match amical. "Je crois qu'en entrant sur le terrain, c'était écrit : « Normand et conquérant », ça m'avait marqué", rembobine-t-elle, à quelques jours d'entrer à nouveau dans ce tunnel à l'ambiance estampillée viking.

Il y a un mois, une double confrontation contre le Real

Sur le papier, le duel paraît grandement déséquilibré. Cela ne fait aucun doute. Au PFC, toutes les joueuses sont professionnelles et rémunérées pour pratiquer leur sport favori. Le club parisien comporte aussi son lot d'internationales. A Malherbe, les protégées de Tristan Blanchard, sur le banc depuis l'été 2025, évoluent sous statut amateur et doivent travailler à côté. Un autre monde. Théa Gréboval se méfie pourtant tout de même de ce tirage qu'on peut qualifier de piégeux. "Nos adversaires seront chez elles, dans un grand stade, avec beaucoup de monde. C'est évident qu'elles donneront tout. Elles n'ont rien à perdre, voire même tout à y gagner", confie la Dieppoise, bien consciente d'être largement favorite. "C'est une D3 de haut de tableau (3e) qui peut être très bien en place défensivement et procéder en transition. La logique voudrait qu'elle ait peu d'occasions dans le match, mais il n'y a pas d'équipe facile. C'est ce qui fait la magie de la Coupe de France".

"Au tour précédent, on a eu la possession tout le match, mais on a du mal à marquer. ce fut difficile à négocier"

Le PFC sait de quoi il parle. Pour se retrouver aux portes du carré final, le chemin n'a pas été si simple. Après une entrée en lice compliquée à Lens (2-0), les partenaires de Clara Matéo, élue meilleure joueuse lors de l'exercice précédent d'Arkema Première Ligue, ont dû batailler face à un adversaire hiérarchiquement inférieur en 8e de finale, l'US Saint-Malo (Seconde Ligue). Elles ont bataillé, longtemps été accrochées avant de décrocher un court succès (1-0). "Au tour précédent, on a eu la possession tout le match, mais on a du mal à marquer. Ce fut difficile à négocier", poursuit celle qui est régulièrement titulaire en championnat.

Un mois après une double confrontation en Ligue des Champions face au Real Madrid (élimination 3-2, 2-0 du PFC), Théa Gréboval et les Parisiennes se préparent à un tout autre duel contre les Malherbistes. Ne pas tomber dans le piège du Petit Poucet, tel est le leitmotiv du PFC avant le coup d'envoi. Sur l'édition précédente, les filles de Sandrine Soubeyrand avaient soulevé leur première Coupe de France. Garder le trophée à la maison reste leur plus grand défi. "On sait très bien que c'est dur de réitérer ce genre de performances. On arrive déjà dans la dernière partie de la saison, on a beaucoup donné et enchaîné, sauf que là, on attaque les matchs les plus importants. Il faut gagner". Quel que soit le dénouement final, les Caennaises, elles, ont déjà réussi leur parcours. Se qualifier serait le plus grand exploit de leur histoire et peut-être même du football féminin français. Le PFC est prévenu.

> Coupe de France féminine. 1/4 de finale - SM Caen (D3) / Paris FC (D1), dimanche 15 mars à 15 heures au Stade Michel-d'Ornano.

Léa QUINIO

Tenant du titre de la Coupe de France, le Paris FC de Théa Gréboval se présentera avec le statut de favori contre le Petit Poucet malherbiste. ©PFC

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