Un an après une relégation à l'échelon régional, les U18 féminines du Stade Malherbe s’apprêtent à disputer un barrage d’accession pour retourner au niveau national. Avant la double confrontation qui les attend face à Mérignac, les jeunes joueuses de Florian Royer ont aisément remporté leur championnat domestique en présentant un bilan exceptionnel : 16 victoires en autant de journées disputées, réparties sur deux phases, brassage puis élite. "C’est une saison aboutie sur le plan régional, même si on sait que la compétition n’est pas hyper relevée et ne se déroule pas comme dans d’autres ligues avec deux phases aller-retour classiques", nuance Tristan Blanchard, le manager de la section féminine du SMC. "Cette formule n’est pas toujours évidente, car je trouve que ça casse un peu la dynamique. Mais l’objectif d’être championnes de Normandie est atteint, c’était l’objectif n°1 afin de pouvoir disputer un barrage d’accession au U19 Nat’. Donc, pour l’instant, c'est une réussite".
Cette division nationale, certaines filles l’ont déjà connue. Elles la fréquentaient la saison dernière avant d’être reléguées. "La génération 2005 était montée il y a deux ans après un barrage contre le FC Sochaux. Certaines U16 ou U17 à l'époque ont déjà évolué en U19 et sont restées en U18 cette saison. Au niveau national, c’est difficile de jouer avec un groupe très jeune, car il peut y avoir quasiment quatre ans d’écart parfois", poursuit celui qui est également à la tête de l'équipe première féminine en D3. D’ailleurs, en cas d'accession des U18, la question se posera pour quelques éléments de savoir dans quelle catégorie elles seront alignées ? Certaines joueuses qui ont évolué cette saison sous sa direction auront encore l'âge pour descendre en U19. "Cette année, j’ai des filles qui ne pouvaient pas être en U18 et qui se trouvaient avec les seniors, j’avais également deux U18 et une U17. Donc si on monte en U19 Nat’, elles pourront être au service de cette équipe".
U19 Nat' ou D3 : le dilemme du staff caennais
Mais alors comment construire un effectif stable et compétitif avec des joueuses qui selon leur âge peuvent postuler à une place chez les seniors, en U19, ou en U18 si la relève caennaise venait à perdre ce barrage. "Si on monte, on essaiera de garder un noyau dur et de compléter avec un recrutement qu’on a déjà ciblé et préétabli", reprend Tristan Blanchard. "On repère les filles qu'on a affrontées cette saison, on identifie des profils, on fait un peu de scouting quand on les voit. Et pour celles qui habitent un peu plus loin, à Avranches ou Granville par exemple, on se base sur celles qu’on voit aux interligues et dans les discussions qu’on a avec ces clubs". Le Stade Malherbe organise également des portes ouvertes et peut aussi recruter des filles qui sortent du Pôle Espoirs de la Ligue de Normandie à Lisieux.
Dans tous les cas, entre le recrutement et le progrès de ces éléments à cet âge charnière, la sélection se fait en fonction de leur évolution. "On se pose surtout la question de ce qui est le mieux pour la joueuse", s'interroge le technicien. "Est-ce que c’est mieux de jouer en D3, en U19 nat ? C’est un positionnement qui est lié au processus de développement personnel et sur la dynamique de club derrière. Par exemple, Zélie Mainier-Delarue qui était U18, elle a passé la saison en D3, elle a beaucoup joué avant de se blesser il y a deux semaines. Est-ce qu’il y a un intérêt à la placer en U18 régional ? Je ne pense pas. En U19 national ? La question se pose, car on doit savoir si elle sera un élément indiscutable en D3. Il y beaucoup de management à effectuer et c’est aussi le jeu de la concurrence". Mais avant de s’interroger sur la catégorie et sur le niveau auquel une jeune Malherbiste peut prétendre, Tristan Blanchard souhaite rappeler qu’il y a un barrage à remporter.
> Barrage d'accession en U19 National féminin. FCE Mérignac Arlac (R1) / SM Caen (R1), dimanche 31 mai à 15 heures.
Florian POLTEAU-GOMEZ
