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Avranches et QRM ont repris le championnat sur… Football Manager !

Privés de compétitions comme tous les clubs français depuis la mi-mars, l'US Avranches et Quevilly-Rouen poursuivent leur saison sur le terrain virtuel. ©Damien Deslandes

Privés de compétitions comme tous les clubs français depuis la mi-mars, l'US Avranches et Quevilly-Rouen poursuivent leur saison sur le terrain virtuel. ©Damien Deslandes

Le projet

Quand le virtuel prend le relais du réel

"En interne, on s'est demandé ce qu'on pourrait bien mettre en place pour continuer d'alimenter notre communauté pendant ce confinement. En surfant sur Twitter, une publication m'a fait penser à Football Manager. C'est comme ça que j'ai proposé à tous les clubs de finir la saison dessus", explique Paul Ducassou, le responsable de la communication du Red Star, à l'origine de cette initiative. "L'avantage avec Football Manager, c'est qu'hormis nos logos, il y a tout : les clubs, les effectifs, les joueurs". Dans le même temps, son homologue de Lyon-Duchère Thomas Hernu a eu une idée identique de son côté. "C'est assez drôle".

Un jeu vidéo qui a depuis longtemps acquis ses lettres de noblesse auprès des fans de ballon rond… mais pas seulement. Olivier Miannay, le manager général du Puy, s'en servant pour son mercato ! "Je ne recrute pas en fonction de ça, mais c'est un bon complément à d'autres logiciels de scouting", témoigne le dirigeant sur le site du club auvergnat. Séduisant immédiatement les 18 pensionnaires de N1, ce projet virtuel offre une véritable exposition à un championnat habitué à vivre dans l'ombre de la Ligue 1 et de la Ligue 2. "Ça nous permet d'élargir le champ des personnes qui s'intéressent au National avec plus de gamers", se félicite Paul Ducassou.

Le concept

Reprendre là où tout s'était arrêté

Le principe de ce eNational (comme il a été baptisé par ses créateurs) : redémarrer le championnat virtuellement là où il avait été suspendu réellement (soit à la veille de la J26). A raison de trois rendez-vous par semaine (les lundis, mercredis et vendredis), les neuf dernières journées vont être disputées ainsi que les matches en retard (les deux rencontres de Bastia-Borgo face à Avranches et QRM). Certaines de ses affiches sont retransmises en direct via YouTube. Contrairement à une formule classique de FM où les « gamers » prennent les clubs en main en début de saison (préparation et mercato inclus), les équipes de N1 s'affrontent sur la version Football Manager 2020 Touch, en un contre un.

"Au départ, on souhaitait que tout le monde soit réuni dans la même ligue mais c'était techniquement impossible", annonce Paul Ducassou. Après chaque confrontation, les joueurs transmettent leurs résultats. "On pourra ainsi actualiser le classement général, mais aussi celui des buteurs, des passeurs". Même les avertissements sont comptabilisés. "Grâce à nos collègues de Dunkerque, Villefranche et du Gazélec (Ajaccio), on s'est constitué notre propre commission de discipline". Une fois ce e-championnat terminé, les organisateurs envisagent de prolonger l'expérience en disputant le barrage entre le troisième de N1 et le 18e de Ligue 2. "On va rentrer en contact avec les Niortais (qui occupent actuellement cette position de barragiste en L2) pour voir si ça les tente. Sinon, le troisième jouera contre l'ordinateur".

Les « gamers »

Du joueur « pro » au spécialiste de e-Sport

Chaque club est représenté par un « gamer » au profil assez varié. On y retrouve des footballeurs professionnels à l'image de Dominique Guidi pour le Gazélec Ajaccio et Mathias Serin au Puy (en duo avec le manager général Olivier Miannay), un responsable du recrutement à Dunkerque avec Kevin Lesportes, des spécialistes d'e-Sport comme à Toulon et à… Avranches avec Nicolas (lire encadré ci-dessous). A Quevilly-Rouen, c'est Thomas (25 ans) qui a pris la direction l'équipe. "Je suis plutôt un adepte de FIFA", reconnaît celui qui travaille au service commercial, événementiel et marketing des « Jaune et Rouge ». Pour sauver virtuellement QRM de la relégation, il sera épaulé pour les prochaines journées par de nombreux adjoints dont le milieu offensif Alexis Araujo, un habitué de FM. "Une dynamique s'est créée. Des supporters nous rejoignent sur les réseaux sociaux. Des joueurs comme Prince Mendy et Mehdi Boudjemaa ont également interagi", détaille Antoine Bulard, chargé de communication pour le club normand. Des « gamers » qui décident de la composition, du système tactique, de la philosophie (offensive, défensive, équilibrée, avec un bloc bas ou un bloc haut…) et des changements.

Au-delà de l'aspect « sportif », ce e-championnat reprend tous les codes médiatiques d'une véritable compétition : annonce du groupe de 18 la veille du match, du onze de départ à une heure du coup d'envoi, réaction du « coach » virtuel pour la presse… Un debrief vidéo est même assuré à l'issue de chaque journée par Emmanuel Moine et Vincent Magniez, le duo de commentateurs phare de FFFTV (qui diffuse tous les matches de N1 sur internet). Grâce à un partenariat avec Manager online, un site regroupant des fans de FM, une page Twitter créée spécialement (@eNationalFM) permet de retrouver aussi toute l'actualité concernant ce eNational.

 

Avec Nicolas, Avranches est passé du N1 à la Ligue Europa !

Pour ce e-championnat, l'US Avranches a confié les rênes de sa formation à Nicolas (26 ans), un spécialiste de Football Manager (après l'avoir découvert en 2007, il a notamment participé au championnat de France). Bien connu des puristes de ce jeu vidéo sur la Twittosphère sous le pseudo de @Mac_gamiing, ce Normand s'est pris d'affection pour le club du président Gilbert Guérin depuis le début de la saison. "Chaque année, je lance une partie avec une équipe de National. Etant fan de l'OM, j'en ai fait deux avec Marseille-Consolat avant sa relégation (réelle) puis une avec Tours car je connaissais personnellement l'un de ses joueurs, Cyriaque Louvion. Cette fois-ci, j'ai opté pour celle qui était la plus proche de chez moi", explique celui qui réside à Hérouville-Saint-Clair, dans l'agglomération caennaise.

Et en l'espace de cinq saisons (virtuelles), Nicolas a fait passer l'USAMSM du National à une victoire en Ligue Europa ! Des performances qui ne sont pas passées inaperçues dans le sud-Manche (certaines de ses parties sont diffusées sur la plateforme Twitch). A tel point que le « gamer » a été invité à donner le coup d'envoi d'un match de N1 (un vrai). "Au départ, c'est vrai que j'avais choisi Avranches un peu par hasard mais je suis magnifiquement bien tombé. C'est un club familial auquel je me suis attaché". Si la formule de ce e-championnat (en un contre un sur la version 2020 Touch) ne correspond pas à ses habitudes de jeu, celui qui travaille dans un établissement de restauration rapide se réjouit de cette initiative et espère même un prolongement. "Pourquoi ne pas imaginer une ligue de Football Manager où les 18 clubs de National seraient réunis ? Ça serait génial".

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