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Le championnat de N1 reprend ce vendredi soir

A Avranches, Virgile Piechocki veut renouer le fil de sa carrière

Résumé

Issu du milieu amateur avant de devenir professionnel à Reims, Virgile Piechocki, l’un des nouveaux visages du mercato avranchinais, reste sur deux exercices extrêmement compliqués ; le dernier complètement tronqué avec Vannes en N2 à cause de la crise sanitaire. Retour sur le parcours de ce milieu offensif qui pourrait bien constituer l’une des bonnes surprises du collectif de Fred Reculeau cette saison.

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Après deux saisons compliquées au Gazélec et à Vannes, pour des raisons totalement différentes, Virgile Piechocki espère se relancer sous le maillot avranchinais. ©Aurélien Renault
Après deux saisons compliquées au Gazélec et à Vannes, pour des raisons totalement différentes, Virgile Piechocki espère se relancer sous le maillot avranchinais. ©Aurélien Renault
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Fred Reculeau n'est pas étranger à son choix

Victor Lekhal, Jonathan Clauss, Victor Lobry… Depuis qu’il évolue en National (2014), l’US Avranches s’est fait une spécialité de révéler et/ou de relancer des joueurs aux yeux du monde professionnel. Première recrue manchoise de ce marché estival, Virgile Piechocki (24 ans) espère être le prochain sur la liste. Que ce soit avec le Gazélec (N1) ou Vannes (N2), le milieu offensif vient d’enchaîner deux exercices assez pénibles, pour des raisons bien différentes. "A Ajaccio, ce ne fut pas une bonne saison d’un point de vue collectif. On a multiplié les défaites. Ce fut très dur psychologiquement", confie celui qui a été contraint de quitter de manière anticipée l’Ile de Beauté à cause de la relégation des « Gaziers » (où il avait paraphé un contrat de deux ans en 2019). Alors qu’il croyait rebondir rapidement, Virgile Piechocki a déchanté. La faute à un mercato 2020 rendu atone par la crise sanitaire.

"J'ai besoin de bosser physiquement, de faire une vraie prépa, de retrouver du rythme... Je sais que ça peut prendre du temps"

"On ne penserait pas que ça serait aussi fermé". Conséquence, il a patienté, patienté, patienté… avant finalement de signer à Vannes à une semaine du coup d’envoi du championnat de N2. Problème, la pandémie de la Covid-19 a une nouvelle fois sévi. Avec l’arrêt prématuré des compétitions, le natif de Pontarlier n’a disputé que huit matches ! Autant dire que quand l’opportunité avranchinaise s’est présentée dès le mois de mai, Virgile Piechocki, qui a effectué un essai d’une semaine dans le sud-Manche au préalable, n’a pas hésité une seule seconde pour y répondre favorablement. "Psychologiquement, ça soulage de s’engager de bonne heure", ne cache pas l’ex-Rémois. "L’idée, c’est de prendre du plaisir, d’accomplir une saison pleine et d’apprendre aux côtés du coach et du staff".

Et la présence de Fred Reculeau n’est pas étrangère à son choix. "Le coach a un style de jeu que je n’ai jamais pratiqué (offensif, en ressortant le ballon de derrière). Je pense que ça peut me faire franchir un cap. Je le savais avant de venir. J’avais déjà affronté Avranches et j’ai de nombreux amis qui sont passés par ici : Victor Lobry, Edwin Maanane, Julian Anziani… (respectivement côtoyés à Reims pour les deux premiers et à Ajaccio pour le dernier)". Toutefois, après un exercice 2020-2021 tronqué par le contexte sanitaire, Virgile Piechocki ne tire pas de plans sur la comète. "J’ai besoin de bosser physiquement, de faire une vraie prépa, de retrouver du rythme... Je sais que ça peut prendre du temps. Pas question de se frustrer si je n’y arrive pas dès les premières journées. Je suis prêt à me mettre le cul par terre".

"Avec Virgile, j’ai l’impression de me voir. C’est un diesel. Ce qu’il subit actuellement, j’ai l’impression de l’avoir vécu toute ma carrière"

Interrogé sur la condition physique de Virgile Piechocki, Fred Reculeau a dressé une comparaison avec… lui-même. "Virgile, pour mettre en avant toutes ses qualités de joueur de foot, il a besoin d’être bien physiquement, de retrouver des sensations. Peut-être que ça prendra plus de temps qu’avec certains. On le sait, on est en phase".

Quatre apparitions en Ligue 2 en avril-mai 2017

Objectif : renouer le fil d’une carrière prometteuse qui l’avait vu signer quatre apparitions en Ligue 2 sous les couleurs rémoises en avril et mai 2017. "A Reims, tout est allé très vite". Trop vite ? "On ne peut pas dire ça dans le foot même si c’est vrai que j’ai ressenti un contre-coup derrière. J’ai eu une année polluée par les blessures, par les pépins physiques à répétition. Mon corps et ma tête avaient besoin de comprendre ce qui m’était arrivé : le premier contrat pro, la pression du résultat, les sollicitations des médias… Ce sont des aspects du métier que je ne connaissais pas du tout. Avant, je jouais juste pour le plaisir, je n’avais pas été formaté pour le monde professionnel". Il faut dire que jusqu’à l’âge de 18 ans, Virgile Piechocki fréquentait toujours les rangs du CA Pontarlier, le club de ses débuts. D’ailleurs, en débarquant en Champagne, le changement d’environnement ne fut pas simple.

"Je devais partir à Troyes. Benjamin Nivet avait pris sa retraite. Je devais être la doublure de Maxime Barthelmé"

"J’ai dû attendre novembre avant de vivre ma première titularisation avec la réserve alors que je suis arrivé en janvier. Avec les pros qui redescendaient, ce n’était pas évident de se faire sa place. Et je ne pouvais pas être aligné avec les U19 nationaux car j’avais déjà joué dans cette catégorie avec Pontarlier. Pendant six mois, j’ai dû me contenter de la Gambardella. Je suis passé d’un statut où j’étais titulaire tous les week-ends à celui où je ne jouais presque plus du tout". Au bout d’un an et demi d’efforts, le néo-Avranchinais a retourné la situation. "J’ai gratté du temps de jeu grâce à mon travail sur le terrain, lors des entraînements, des oppositions internes…".

Mais après le départ de Michel Der Zakarian à l’été 2017 et son remplacement par David Guion sur le banc rémois, son baptême du feu chez les professionnels n’a pas eu de suite. Pourtant, à un an de la fin de son contrat, les dirigeants champenois lui ont proposé une prolongation avant de le prêter. Cette offre, le milieu offensif l’a refusée. Et pour cause, une nouvelle destination l’attendait. "Je devais partir à Troyes. Benjamin Nivet avait pris sa retraite. Je devais être la doublure de Maxime Barthelmé. Mon dossier avait été validé par Rui Almeida". Problème, le technicien portugais a fait ses valises direction Caen, Laurent Battles lui a succédé et son transfert a été annulé. Résultat, Virgile Piechocki a pris la direction de la Corse. Autant d’épisodes dans une carrière naissante qui l’ont forgé. "Tout est digéré. On apprend de toute expérience. Il n’y en a pas de mauvaise. Ça permet de grandir", se montre philosophe le principal intéressé, heureux d’avoir pu goûter au monde professionnel. "Quand on retourne dans le milieu amateur, on se rend compte de la chance qu’on a eue. Pourtant, quand on est plus jeune, on nous le dit mais on ne le croit pas forcément". En signant à Avranches, le natif de Pontarlier espère avoir mis tous les atouts de son côté pour y retourner un jour.

> N1. J1 - Créteil-Lusitanos / US Avranches, vendredi 6 août à 19 heures au Stade Dominique-Duvauchelle.

Virgile Piechocki

> Né le 12 janvier 1997 (24 ans) à Pontarlier (Doubs).

> Milieu offensif. Droitier. 1,85 m.

> Parcours : Pontarlier (jusqu'en janvier 2015, U19 nationaux), Reims (janvier 2015-2019, N3-N2-L2), Gazélec Ajaccio (N1, 2019-2020), Vannes (2020-2021, N2).

> Sous contrat jusqu'en 2023.

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