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N2. Prêté par le SMC, le gardien défend les couleurs de l'US Granville cette saison

Marvin Golitin a su se faire adopter

Résumé

Avant Jad Mouaddib, il y a eu Marvin Golitin. Prête cet été dans la foulée de la signature de son premier contrat professionnel avec le Stade Malherbe (une année + deux en option), le jeune gardien (19 ans) brille en ce début de saison sous le maillot de l'US Granville en National 2. Le week-end dernier, il s'est notamment illustré en détournant un penalty dans les arrêts de jeu contre le FC Rouen.

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Rien de mieux qu'un arrêt sur un penalty dans les arrêts de jeu pour préserver un match nul pour se faire adouber par sa nouvelle équipe. N'est-ce pas Marvin Golitin (ici, félicité par son capitaine Tony Théault).
Rien de mieux qu'un arrêt sur un penalty dans les arrêts de jeu pour préserver un match nul pour se faire adouber par sa nouvelle équipe. N'est-ce pas Marvin Golitin (ici, félicité par son capitaine Tony Théault).
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Certaines réactions ne trompent pas. Samedi soir, dans les couloirs de Louis-Dior, tous ses partenaires et même de nombreux adversaires lui ont adressé un petit message de félicitation. Il faut dire que si l'US Granville a préservé le point du match nul, le week-end passé, contre le FCR, elle le doit en grande partie à Marvin Golitin. Auteur de trois parades décisives sur deux têtes de Nicolas Burel (15') puis de Fred Dembi (17') avant de remporter son face-à-face devant Adama Sidibé (64'), le gardien maritime a sauvé son équipe dans les arrêts de jeu en stoppant en deux temps le penalty de l'avant-centre rouennais (91').

"Même si je suis pro, je reste le petit jeune. J'installe les buts, je remplis les gourdes"

"Sur le moment, je me suis dit, Marvin : « C'est maintenant ou jamais ». J'ai décidé de partir sur ma droite, de me lâcher", raconte l'ultime rempart de l'USG qui s'est causé, malgré tout, une grosse frayeur sur le coup. "Sur le penalty, je touche la balle mais je la perds de vue. Je ne sais pas où elle est. Derrière, j'entends le public crier. Je pense qu'il y a but. Mais en relevant la tête, elle était juste-là". Suffisant pour s'en saisir au nez et à la barbe de Sidibé. Un arrêt synonyme de clean sheet, le troisième depuis le coup d'envoi du championnat.

Originaire de région parisienne, Marvin Golitin semble s'être parfaitement adapté à son nouvel environnement. "Je suis un Granvillais aujourd'hui, lance, avec le sourire, l'intéressé. Pourtant, le changement avec le centre de formation du Stade Malherbe qu'il fréquentait depuis 2016 est radical. Désormais, le voilà plongé dans le monde des adultes. "Mes coéquipiers, ils ont des femmes, des enfants. Avec la réserve (du SMC), c'était différent la saison dernière. On était tous de la même génération, on partageait les mêmes délires, on rigolait tout le temps. Ici, bien que je sois professionnel, je reste le petit jeune. J'installe les buts, je remplis les gourdes".

En concurrence pour le poste de n°1

D'ailleurs, ses débuts furent timides. "Tu arrives dans un nouveau groupe. Tu ne connais personne. J'avais moins d'entraînements spécifiques. Et puis le premier match amical ne s'est pas forcément très bien déroulé". Dans la Manche, Marvin Golitin a débarqué sans la moindre garantie en terme de temps de jeu. "Avec Jeffrey (Baltus, le second gardien recruté durant le mercato), on a été en concurrence pendant toute la prépa. On disputait chacun une mi-temps. On l'est toujours aujourd'hui. Ce n'est pas parce que j'ai joué le début de championnat que je pars dans la peau du titulaire". Pourtant, s'il s'est engagé avec Granville, c'est avec l'ambition de devenir n°1.

"Dès ma signature, je savais que j'allais être prêté" 

C'est pourquoi, bien qu'ayant paraphé cet été son premier contrat professionnel avec le Stade Malherbe (une année + deux en option), il a accepté ce challenge : redescendre dans la hiérarchie des divisions afin de s'aguerrir. "Dès ma signature, je savais que j'allais être prêté. Plusieurs clubs avaient été évoqués. A la fin de la saison dernière, je suis venu faire un essai à Granville qui s'est très bien passé. Les dirigeants se sont entendus. Et j'ai repris directement ici".

Alors que le SMC n'avait jamais prêté dans son histoire un de ses joueurs en National 2, n'a-t-il pas été inquiété par cette perspective ? "On ne va pas se mentir, au début, j'aurais préféré rester dans la structure professionnelle mais finalement, ça ne m'a pas freiné. Cette expérience dans le monde amateur va me faire avancer dans ma carrière. Je suis persuadé que je vais revenir plus fort". Si les entourages des joueurs sont souvent réfractaires à l'idée de voir leurs protégés prêter à ce niveau, le portier semble, en tout cas, avoir ouvert la voie. En témoigne le récent prêt de Jad Mouaddib, également à l'USG.

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