Site icon Foot Normand
N2. J5 - AF Virois / Vitré 2-1 : Le but

"C'est quoi ce but ?" Alban Gibert évoque son « banger » contre Vitré et son arrivée dorée à Vire

L'AF Virois a confirmé son excellent début de saison comptable en disposant de sa bête noire, l'AS Vitré, samedi (2-1). Pour s'imposer, le club bocain a eu besoin que l'une de ses recrues estivales réalise un véritable tour de magie, avec cette frappe venue d'ailleurs d'Alban Gibert qui a terminé dans la lucarne bretonne. L'occasion d'en savoir un peu plus sur le héros de la soirée, qui n'en est pas à sa première expérience en Normandie.
Alors qu'il n'a que 26 ans, Alban Gibert a découvert un dixième club dans sa carrière avec l'AF Virois. ©AFV

Alors qu'il n'a que 26 ans, Alban Gibert a découvert un dixième club dans sa carrière avec l'AF Virois. ©AFV

Heureusement que de nos jours, la vidéo existe. Sans les images, Alban Gibert aurait presque été incapable de raconter son petit chef-d’œuvre qui a fait chavirer le Stade Pierre-Compte, ce samedi soir (69'). "Quand je marque un but, je ne me souviens jamais de ce qui s'est passé dans l’action", sourit le défenseur de l’AFV, auteur d'une réalisation sensationnelle aux dépens de Vitré (2-1) qui a déjà fait sensation sur les réseaux sociaux. En début de soirée, pourtant, rien ne prédestinait l'arrière central à endosser le costume du héros. Après un centre manqué, l'ancien Grenoblois a vu l’espace s'ouvrir devant lui et a été traversé par une première intention bien plus raisonnable : décaler à droite ou centrer lui-même. "Puis je vois que j’avance, j’avance. Après, c’est l’instinct. Je n’ai pas vraiment calculé". La suite ? Une frappe sublime, dont il a immédiatement deviné l’issue. "Quand je l’ai vue partir, je savais qu’elle y allait". Habitué, assure-t-il, aux buts spectaculaires, le Virois classe celui-ci dans son "Top 1, Top 2". Surtout, après l’égalisation de Valentin Aumond sur penalty à la fin du premier acte, cet éclair a permis aux Bocains de renverser leur bête noire de la saison dernière (les Bretons avaient infligé deux défaites qui avaient coûté cher dans la course à la montée) et de rester aux commandes du groupe C avec Cesson.

Pour comprendre d’où vient cette inspiration, il faut peut-être remonter à une époque où Alban Gibert évoluait bien plus près des cages adverses. "De base, je suis formé n°10 jusqu’en U19. Ensuite, je suis descendu en six", raconte celui qui s’est progressivement installé en charnière centrale, tout en conservant la possibilité de dépanner au milieu ou sur un côté. Natif de Carpentras, passé par plusieurs clubs du Vaucluse, il a effectué trois années de formation à Montpellier, puis une à Grenoble. Ses premiers pas chez les seniors l’ont alors conduit au FC Villefranche-Beaujolais, entre la réserve et les entraînements avec le groupe de National d’Alain Pochat, avant un retour au GF38. Puis le Covid a bouleversé sa trajectoire et ouvert une première parenthèse normande, à Deauville, en R1. Un passage éclair passé presqu'inaperçu, interrompu après quelques mois, mais décisif pour la suite. "C’est de là que j’ai rencontré le président (de l'AFV) et qu’on a échangé", révèle Alban Gibert. Avec Christophe Lécuyer, le contact était noué et il ne s'est jamais vraiment rompu ensuite.

Il aurait pu déjà signer à Vire il y a deux ans

Entre ce premier rendez-vous avec la Normandie et son arrivée dans le Bocage, Alban Gibert a cependant fait bien des détours : une expérience difficile sans match officiel en Tchéquie, un retour à Deauville, puis Marignane, Louhans-Cuiseaux, le Goal FC, Jura Dolois, Chalon-sur-Saône... Des blessures, aussi, dont une déchirure à l’adducteur suivie d’une fracture d’un métatarse dès la reprise à Marignane. De quoi donner à son parcours des allures de déménagement permanent, sans que le principal intéressé (26 ans) ait toujours souhaité faire ses valises. "Pour le coup, j’ai fait beaucoup de clubs. Mais à chaque fois, je ne suis pas maître des situations qui arrivent". Pour la petite anecdote, son histoire avec Vire aurait déjà pu commencer après son passage à GOAL, en 2024, lorsqu’il était venu effectuer un essai de deux jours. "Tony (Théault) n’a jamais lâché mon profil", souligne-t-il à propos de son entraîneur. Cet été, le projet sportif et le besoin de stabilité ont fini par se rejoindre. "Je savais que ce club était carré". Il y a ainsi retrouvé aussi une atmosphère qui lui rappelle sa meilleure saison, à Louhans-Cuiseaux (N3). "Il y avait beaucoup d’engouement. La ville, elle vivait pour le foot. C’était très familial. C’est un peu ce que j’aime".

Sur le terrain, les premiers mois de cette nouvelle vie à l'AFV lui donnent aujourd'hui de bonnes raisons de se féliciter de son choix. Quatre victoires, un nul, une place de co-leader et une aventure en Coupe de France toujours en cours (avec un déplacement à Saint-Marcel, R1, au 5e tour) : difficile de demander beaucoup plus. "Pour le coup, c’est compliqué de faire un meilleur début de saison, niveau résultats, du moins", savoure Alban Gibert, qui distingue toutefois le bilan comptable du contenu, "encore brouillon". Les automatismes progressent et, en attendant, l'équipe de Tony Théault sait gagner sans toujours tout maîtriser. Cette qualité est évidemment indispensable pour une formation qui vise encore l'accession, après l'avoir manquée de peu deux années de suite. "Quand tu ne parviens pas à être bon dans le jeu, ou que tu passes un peu à travers techniquement dans un match, et que tu veux monter, il faut quand même les gagner". Reste à conserver cette exigence quand les événements souriront moins aux Bocains, et le défenseur ne connaît que trop bien le niveau fédéral pour savoir que cela arrivera. "Il faudra voir comment on réagit dans cette situation-là, parce qu’une saison, c’est long", prévient celui qui ne se contente de ses débuts heureux. "Il faut rester les pieds bien sur terre et solide". Mais ne pas hésiter à se laisser aller quand certains ballons fuseront en lucarne, comme ce fut le cas samedi soir.

Aurélien RENAULT

Quitter la version mobile