Il a enfin réussi à l’attirer dans ses filets. Après plusieurs approches inabouties, notamment quand il officiait sur le banc du Red Star (juin 2017 - octobre 2018) et du SC Bastia (octobre 2021 - janvier 2024), Régis Brouard est parvenu à recruter Malik Tchokounté. "Mieux vaut tard que jamais", lance le principal intéressé du haut de ses 37 ans. Et le moins que l’on puisse affirmer, c’est que l’entraîneur du FCR est ravi de le compter dans son effectif. Tout d’abord, l’arrivée de cet avant-centre au gabarit XXL (1,91 m sous la toise pour 92 kg) lui ouvre des perspectives sur le plan tactique. "Malik nous apportera ce point de fixation qui nous manquait la saison dernière. Il a un registre qu’on n’avait pas. Du coup, on était souvent obligé de jouer dans la profondeur. Il nous permettra de garder un peu plus le ballon, de faire remonter le bloc, d’utiliser plus de jeu combiné", énumère le technicien qui a troqué cet été son 3-5-2 pour un 4-2-3-1. Les supporters des « Diables Rouges » qui ont pu assister aux matchs de préparation ont eu un aperçu de la nouvelle animation offensive de leur équipe préférée.
"Je dois servir d’appui, car j’ai des bons petits joueurs autour de moi", poursuit le néo-Rouennais, référence, entre autres, à Valentin Fuss, Ibrahima Samoura et Lisandru Tramoni. "Même si on a encore quelques ajustements à opérer, je pense que j’en profiterai pour terminer dans la surface". "Malik, on sait qu’il marquera ses dix buts en championnat", se montre confiant Régis Brouard. S’il a dépassé à de nombreuses reprises cette barre au cours de sa carrière, son compteur est resté bloquer à trois lors de l’exercice précédent, avec le Stade Lavallois. La faute, en partie, à une lésion à un mollet qui lui a fait rater la fin de saison dont le barrage contre… le FCR ! Pour une raison identique, son début de préparation a aussi été tronqué. "Il faudra qu’il remette la machine en route, car il n’a pas joué (en match officiel) depuis un moment", rappelle le coach des « Diables Rouges ». Précisément depuis le 10 avril.
Il retrouve son "pote", Axel Maraval
Mais Malik Tchokounté ne voulait pas raccrocher les crampons de cette manière, à l’infirmerie."Cette blessure m’a laissé sur ma faim. Et puis j’en ai encore sous la semelle", lâche celui qui a éclot à haut niveau sur le tard. "Je suis toujours frais mentalement, et physiquement, je tiens le coup. Quand j’ai eu la chance d’avoir cette opportunité à Rouen, j’ai foncé". Si le natif de Nice, formé chez les Aiglons, a posé ses valises en Normandie, c’est également grâce à Axel Maraval. "On est très proches, nos familles aussi", confie, dans un large sourire à l’évocation de son "pote", celui l’attaquant a déjà évolué avec le gardien du FCR à l’USL Dunkerque (2020-2022) et au Nîmes Olympique (2022-2023).
Au-delà de ses qualités footballistiques, si Malik Tchokounté a séduit le board rouennais, c’est également pour son état d’esprit, décrit comme irréprochable. "Malik, c’est un garçon charmant, exemplaire… Il est écouté. On sent bien que c’est déjà le papa de tout le monde. Il va faire partie des trois-quatre leaders qui se dégagent de ce groupe. Il occupera une place hyper importante dans le vestiaire", prédit Régis Brouard, qui ne tarit pas d’éloges sur son protégé. Fort d’un solide vécu, acquis principalement en Ligue 2 (251 apparitions depuis 2017, entrecoupées d’une saison en L1, en 2018-2019 sous les couleurs du Stade Malherbe), l’ex-Caennais a à cœur de tenir ce rôle. Il n’y avait qu’à le voir délivrer des consignes et replacer ses partenaires durant la campagne de matchs de préparation. "J’essaye de partager mon expérience aux plus jeunes. Je suis là pour amener un peu de leadership", lâche le n°9 des « Diables Rouges », impatient de découvrir Diochon. "J’ai pu goûter à cette sacrée ambiance en assistant au barrage aller, des tribunes". Quelque chose nous dit que ses émotions seront démultipliées, vendredi soir, en foulant la pelouse.
> L3. J1 - FC Rouen / Cannes, vendredi 7 août à 20 H 45 au Stade Robert-Diochon.
Mathieu BILLEAUD
