"Je suis très fatigué, j'ai beaucoup donné de ma personne pour ce club. Humainement, ce fut parfois difficile. Mon avenir ? Franchement, je ne sais pas. Il faut que j'analyse bien les choses. Un club se construit à travers des infrastructures et des gens compétents. Pour moi, il manque de compétences à certains postes". Quand on l'a entendu au soir du 24 mai, et du barrage retour perdu sur la pelouse du Stade Lavallois (1-0), mettant un terme aux derniers espoirs de montée à l'étage supérieur du FCR, on a pu penser que l'aventure de Régis Brouard sur le banc rouennais était terminée. Pourtant, un peu moins d'un mois plus tard, on l'a retrouvé à l'heure de la reprise de l'entraînement, ce lundi, à la tête des « Diables Rouges ». Entre-temps, le technicien, en fin de contrat, a rempilé pour un an.
"Je ne renie pas ce que j'ai dit à la fin du match de Laval. Il y a des manques de compétences à certains postes au club. C'est une évidence", confirme le coach du FCR, ne modifiant pas un iota de ses propos de l'époque. Partant de ce constat, a-t-il obtenu des garanties pour prolonger son mandat ? "Des garanties au FC Rouen, ça n'existe pas", balaye d'emblée Régis Brouard. "On vous dit des choses et c'est le contraire qui se passe. J'ai posé des questions. Parfois, on m'a répondu, d'autres fois, non. Avec les dirigeants (le propriétaire Tarkan Ser et le président Samuel Yasar), on est rarement d'accord. Et entre les disputes et les sourires, les discussions sont souvent animées, mais elles ont le mérite d'exister, ces discussions. A croire que si je continue, c'est que j'aime me faire mal. Je suis sûrement idiot mais j'y retourne".
"Des garanties au FC Rouen, ça n'existe pas (...) On vous dit des choses et c'est le contraire qui se passe"
Alors, qu'est-ce qui l'a convaincu ? Même le principal intéressé éprouve des difficultés à fournir une raison rationnelle pour expliquer sa décision. "Ce club est tellement particulier. On se prend d'affection pour lui, même parfois au-delà de la raison". Plus que le FCR encore, l'entraîneur semble être tombé définitivement sous le charme de ses supporters. "L'amour que les gens ont pour le club, c'est quand même incroyable. L'engouement qu'il y a eu sur les derniers matchs, face à Fleury (à l'occasion de l'ultime journée de championnat) et le barrage..., je ne m'attendais pas à autant. Il y a peu de clubs en France qui ont ça", n'en revient presque pas l'ex-coach de Bastia. "On a des problèmes mais aussi des atouts, comme cette passion". Est-ce que c'est cette passion qui permettra aux « Diables Rouges » de retrouver la Ligue 2, 20 ans après ? Début de réponse vendredi 7 août, avec la réception de l'AS Cannes.
MB
RÉGIS BROUARD, À PROPOS DE LA NON-ACCESSION EN L2 APRÈS LE BARRAGE PERDU CONTRE LAVAL
"La déception fut énorme. Il m'a fallu beaucoup de temps et même encore aujourd'hui, ça me reste en travers de la gorge"
