Simon Lancien, Léo Restout et Noé Boismartel, 17 ans chacun, garderont de leur voyage en Chine un souvenir impérissable. Partis avec le lycée Émile-Littré disputer l’ISF World Cup (17-26 octobre), à Suzhou, ils se sont classés à la septième place de ce Mondial scolaire. Au-delà du choc culturel qui a été immense, les trois Avranchinais ont également pu se mesurer à d’autres footballs. "Énorme, fantastique, magnifique, exceptionnel, irremplaçable..." Voici les premiers mots qui viennent à l’esprit des trois coéquipiers au moment d'évoquer leur périple. "On avait une vie de star", n'en revient pas Simon, qui évolue en défense centrale. "On n’a pas la même en France (sourire). On était logés dans des hôtels luxueux avec accès à une piscine en permanence, une salle de sport à volonté… On a été reçus comme des pros". Son camarade au milieu de terrain, Léo abonde : "Les organisateurs ont fait les choses en grand. On a même été escortés jusqu’au stade pour les cérémonies d’ouverture et de fermeture. Les installations étaient parfaites. On a fait quelques visites guidées, et même là, il y avait des caméras pour nous suivre. On s’est rendu compte de l’importance de parler anglais ou espagnol". Avec une balle perdue qui ne s’est pas faite attendre : "Surtout pour toi", chambre Noé, l'arrière gauche.
Après un long périple pour arriver sur le lieu de la compétition, avec des escales à Roissy, Amsterdam et Shanghai, puis un long trajet en car jusqu’à Suzhou, difficile pour certains de rester éveillé comme leurs accompagnants le leur avaient demandé. "Dans le bus, on a tous dormi alors qu'on avait la consigne inverse afin de mieux encaisser le décalage horaire. C’était impossible. Derrière, on a quand même fait une grosse nuit et en une seule journée, on a bien récupéré", témoigne Simon. Après un léger décrassage et des premiers pas sur les terrains, le groupe de lycéens est passé rapidement en mode compétition. Un tournoi qui leur a donc permis de se confronter à d’autres cultures footballistiques. "Ce sont des moments qui peuvent nous faire grandir. On a joué des équipes sud-américaines qui avaient la fameuse grinta", se remémore Léo. "Ce fut un peu pareil contre la Bulgarie. On a aussi rencontré une équipe du Bénin vraiment très forte, dans tous les domaines du jeu. On s’est pris un mur. Elle termine cinquième, mais elle aurait pu gagner la compétition". Et spécificité française, c'était quoi selon eux ? "Ne jamais rien lâcher dans les moments difficiles", annonce Noé. "On l’a vu dès notre premier match face au Chili. On mène, nos adversaires reviennent et on marque le but de la victoire à la dernière seconde".
L'envers du décor découvert par hasard
Ce Mondial, les footballeurs d'Émile-Littré estiment l’avoir fini à leur juste place. Mais au-delà de cet aspect sportif, ce sont les échanges culturels, les visites et les ateliers qui semblent avoir marqué leurs esprits. "Les élèves chinois font des choses qu’on ne fait pas du tout dans notre lycée, du tambour par exemple. Ils ont des activités culturelles en plus des cours. J’ai trouvé ça génial", s'enthousiasme Simon. Cette exploration d’un établissement scolaire local leur en a mis plein les yeux. "Ce qui est dingue, c’est qu’on a visité un collège, et on avait l’impression d’être dans une université", poursuit Léo. "C’était gigantesque, tout neuf, magnifique avec des complexes sportifs de partout..." Sur place, ces jeunes garçons ont également découvert un musée d’Art moderne, même si ce ne sont les meilleurs clients pour ce type d'établissement, tout en s'initiant à la calligraphie… Surtout, ils ont pu aussi longuement échanger et partager certaines aventures avec d’autres lycéens venus des quatre coins du globe. "Il y avait plusieurs bâtiments dans l’hôtel et nous étions avec les Béninois. Il y a eu énormément de mixité, on a pas mal discuté avec les Québécois et les Haïtiens. Même avec des élèves de Hongkong, car l’un d’entre eux parlait français", indique Léo.
Durant ces quelques jours en Chine, les organisateurs locaux ont visiblement mis le paquet pour émerveiller tous ces gamins venus du monde entier pour disputer cette Coupe du Monde scolaire. "Lors de la visite du collège, on monte deux étages, on entre dans une salle de basket. C’était tout neuf, avec des tribunes, des logos des JO partout", raconte Simon. A l'occasion de leurs sorties, les Avranchinais ont pu admirer la vieille ville de Suzhou ainsi que le quartier plus moderne. "On a vu les anciens canaux, des femmes en costume traditionnel. On a aperçu d’autres choses, mais on n'a pas pu s'y rendre", regrette Noé. Par hasard, les protégés de Jean-Noël Le Buzullier ont aussi découvert l’envers du décor. À cause d’une erreur de guidage, un chauffeur les a emmenés dans un quartier pauvre de la ville. "Le taxi nous a déposés au mauvais endroit. On s’est vraiment retrouvé dans un quartier où ça sentait mauvais, les fils électriques traînaient par terre. Ça nous a permis de voir une autre réalité, la pauvreté qui se mêle à la modernité en seulement quelques rues", rapporte Léo. Comme le dit le dicton, les voyages forment la jeunesse. Celui des lycéens d'Émile-Littré en Chine les a assurément marqués pour la vie.
Florian POLTEAU-GOMEZ
