Foot Normand
N2. J1 - AS Trouville-Deauville-Villers / Chartres, samedi 29 août à 18H

Emmanuel Schreder (ASTDV) : "La Ligue 3 ? Un objectif à quatre-cinq ans"

L’AS Trouville-Deauville-Villers est-elle en train de changer de dimension ? Cet été, le conseil d’administration du club de la Côte Fleurie a acté l’arrivée d’Emmanuel Schreder (66 ans). Cet homme d’affaires spécialisé dans l’asset management, avec la gestion de plusieurs millions d’euros de transactions immobilières, sera officiellement nommé président en décembre, une fois qu’il aura suffisamment de mois d’ancienneté en tant que licencié. Avant le coup d’envoi du championnat de National 2, cet ancien dirigeant du FC Rouen nous dessine les premiers contours de son projet pour l’ASTDV.

Déjà aux commandes de l'ASTDV, Emmanuel Schreder en sera officiellement le président en décembre, le temps de « cotiser » suffisamment de mois d'ancienneté en tant que licencié. ©Ibrahima Gueye / ASTDV

Dans quelles circonstances êtes-vous arrivé à la tête de l’AS Trouville-Deauville-Villers ?

"Tout d’abord, je suis Deauvillais d’adoption. J’y possède une maison depuis très longtemps, mes parents également, tout comme mes grands-parents… Par ailleurs, j’ai été associé et dirigeant au FC Rouen pendant de nombreuses années*. C’est pourquoi l’investissement dans le football et plus particulièrement dans le football normand me parle. J’estime que Deauville est une ville avec du potentiel, avec des infrastructures, avec des gens autour de la table plutôt bienveillants et sympathiques… Quand j’ai réuni toutes ces conditions, je me suis dit : « Pourquoi ne pas tenter l’aventure »".

A quand remontent les premiers contacts avec les dirigeants de l’ASTDV ?

"J’ai été contacté, indirectement, dès le mois de novembre ou décembre (2025). J’ai mis du temps avant de me décider, à la fin juin. Je me suis donné toute la deuxième partie de saison pour jauger de la faisabilité de l’opération. J’ai réalisé ma due diligence en réel. J’ai assisté à beaucoup de réunions, suivi une dizaine de matchs, dont celui du maintien à Saint-Ouen-l’Aumône. J’avais donné comme condition à mon engagement que l’équipe se maintienne à ce niveau (en N2, ex-N3)".

"J'avais donné comme condition à mon engagement que l'équipe se maintienne à ce niveau"

Fort de votre expérience de dirigeant au FC Rouen, qu’en avez-vous tiré comme leçons que vous pourriez appliquer dans vos nouvelles fonctions ?

"Déjà, c’est une expérience de dirigeant. Je sais ce que c’est qu’un budget, que de discuter de contrats avec des joueurs… Je connais bien le fonctionnement de la DNCG, car j’y ai souvent représenté le FC Rouen".

Quel projet portez-vous pour le club de la Côte Fleurie ?

"Un projet ambitieux. L’idée n’est pas de rester dans cette division. A minima, on vise le niveau supérieur (N1), voire encore au-dessus, c’est-à-dire la Ligue 3. C’est un objectif à quatre-cinq ans. Ce n’est pas impossible. On compte 650 licenciés, on a le soutien de la Communauté de communes et des municipalités. J’ai notamment rencontré le maire de Deauville (Philippe Augier), il est derrière nous. Pour atteindre cet objectif, on va également mettre des moyens, des gens compétents autour de la table qui investiront dans le club. Les conditions sont réunies pour construire quelque chose d’intéressant". 

Doit-on comprendre que votre arrivée s’accompagne d’une augmentation des moyens dévolus à l’ASTDV ?

"J'arrive avec des amis, des connaissances professionnelles qui investiront dans le courant de l'année"

"J’ai déjà commencé à investir à titre personnel, en injectant un peu d’argent pour couvrir la saison dernière, assurer le passage devant la DNCG et lui apporter des garanties pour 2026-2027. J’arrive aussi avec des partenaires qui sont des amis, des connaissances professionnelles convaincus, tout comme moi, par ce projet. Ils investiront dans le courant de l’année sous différentes formes (mécénat, sponsoring…)".

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Toutefois, si l’opportunité s’offrait à vous, l’AS Trouville-Deauville-Villers pourrait être privée d’accession en N1, puisqu’elle se trouve dans sa troisième année d’infraction au statut de l’arbitrage (héritage de la fusion avec l’AS Villers)…

"On doit se mettre en conformité lors de cette saison 2026-2027 et on le fera. Si ça n’était pas le cas, on serait effectivement sanctionné d’une non-montée si elle se présentait. Avec cette infraction au statut de l’arbitrage, on n’a pas pu non plus recruter de mutés, que des garçons libres ou des joueurs à qui on a fait signer des contrats fédéraux. Mais dans ce domaine aussi, on est limité car notre masse salariale est encadrée".

*Membre du comité de direction du FC Rouen, notamment sous la présidence de Charles Maarek (2022-2024), Emmanuel Schreder avait déjà siégé au sein du conseil de surveillance des « Diables Rouges », du temps où Pascal Darmon en était à la tête (2005-2012). Toujours actionnaire minoritaire du FCR aujourd’hui, il n’occupe plus de fonction opérationnelle depuis le rachat du club par Tarkan Ser, un chef d’entreprise turc. "J’ai démissionné du comité de direction", précise-t-il.

> N2. J1 - AS Trouville-Deauville-Villers / Chartres, samedi 29 août à 18 heures au Stade du Commandant Hébert.

Propos recueilli par Mathieu BILLEAUD

LA CRÉATION D'UNE SAS D'ICI UN AN ET DEMI

Avec l’arrivée d’Emmanuel Schreder à l’AS Trouville-Deauville-Villers, quel avenir pour Thomas Aubert et Alain Leverrier dit « Max », les actuels co-présidents ? Si le premier cité aspire à passer la main à la tête du club de la Côte Fleurie, il devrait tout de même conserver son siège au sein du comité directeur. "Je souhaite que Thomas reste. Il a beaucoup œuvré dans la fusion avec Villers", souligne l’ex-dirigeant du FC Rouen. Alain Leverrier, lui, devrait à terme présidé l’association ; la création d’une SAS (Société à actions simplifiée), qui gérerait l’équipe première, étant imaginée d’ici un an et demi.

"L’association s’occuperait des réserves, des jeunes, des féminines… Max garderait les prérogatives qu’il a actuellement sur ces équipes", indique d’Emmanuel Schreder, représenté au quotidien à l’ASTDV par Hervé Gomes. "Hervé assiste aux séances, il parle avec le coach tous les jours, il s’occupe du recrutement… Il est très connecté pour ce niveau de football (N2-N1-L3). Il a un très bon carnet d’adresses. Grâce à lui, on a enregistré une petite dizaine de renforts". Un conseiller du (futur) président qui travaille de concert donc sur les orientations sportives avec l’entraîneur Cédric Hoarau, "que j’ai souhaité conserver".

Frappée d'une interdiction de recruter des joueurs mutés, car en infraction pour la troisième année consécutive au statut de l'arbitrage, l'ASTDV s'est notamment renforcée en faisant signer des contrats fédéraux. ©Ibrahima Gueye / ASTDV

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