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Coupe de France. 5e tour - AS Verson (R3) / FC Argentan (R3) 3-2

L’AS Verson donne rendez-vous à Malherbe

La « sanction » infligée à Lucas Voisin, privé de son n°9, le but dans les arrêts de jeu de Raphaël Leclerc, le jour de son 20e anniversaire, les talents de chanteur de Mathis Thurlure, qui n’a rien à envier à Kendji Girac… Retour sur la qualification pour le 5e tour de la Coupe de France de l’AS Verson (R3). Un club entraîné par Kévin Leroux ne rêvant désormais que d’une chose : tomber sur le Stade Malherbe.
Lucas Voisin, Julien Bossard et Raphaël Leclerc : trois des acteurs de la qualification de l'AS Verson au 5e tour de la Coupe de France. ©Clément Tirel

Lucas Voisin, Julien Bossard et Raphaël Leclerc : trois des acteurs de la qualification de l'AS Verson au 5e tour de la Coupe de France. ©Clément Tirel

L’avant-match

Aux bons souvenirs de la cour d'école

C’est à la fois un rêve, un leitmotiv et un levier de motivation. Depuis l’entrée en lice de l’ASV en Coupe de France, fin août*, Kévin Leroux rabâche à ses troupes qu’elles défieront le Stade Malherbe au 5e tour. Car c’est l’un des rares avantages de la relégation des « Rouge et Bleu » en troisième division (L3) la saison dernière, son entrée en lice avancée dans cette « Vieille Dame » et donc la possibilité pour des écuries régionales de croiser leur route. Parlez-en au Bayeux FC. "Il reste peut-être une trentaine de boules (lors du tirage au sort de mercredi), mais je suis le seul à savoir qu’on les affrontera", leur affirme le coach versonnais durant sa causerie, avant de rencontrer le FC Argentan, qui évolue au même niveau (R3). "Notre objectif, ce n’est pas le Stade de France", ajoute le technicien. "Notre objectif, il nous attend au prochain tour. C’est fait, on les jouera". Cette croyance, l’ex-éducateur avranchinais souhaite "l’alimenter par une énergie de dingue".

C’est pourquoi Kévin Leroux exhorte ses garçons à adopter "des comportements en coupe qu’on ne voit jamais" par ailleurs, citant en exemple son gardien Titouan Leray. "Titouan, il parle très peu pendant un match, mais aujourd’hui, il faut l’entendre sur chaque marquage préventif. Vous devez avoir l’impression d’avoir la gendarmerie derrière vous". Plus globalement, l’entraîneur des « Noir et Blanc » (en rouge et blanc pour l’occasion) demande à son groupe "de jouer tels des gamins", prenant pour témoin, Tom, le fils de son capitaine, Adrien Roger, présent dans la salle. "C’est très important d’avoir cette âme d’enfant, comme dans la cour d’école quand on fait les CM1 contre les CM2". Un discours pour mieux évacuer une forme de pression qui s’emparerait de son équipe face à l’enjeu de ce rendez-vous. "Mettez une put… d’énergie, qu’on la transmette à tous les spectateurs. Et là, on aura vécu un grand dimanche, et dans deux semaines, vous serez vraiment comme des gosses". L’adversaire espéré est déjà identifié.

*L’AS Verson a été exemptée du 1er tour, à la suite du forfait de son adversaire.

Le match

Difficile d’imaginer un plus cadeau d’anniversaire

Malgré le message d’avertissement de leur coach, les Versonnais éprouvent des difficultés à rentrer dans leur match. Une entame timorée, sanctionnée par l’ouverture du score des visiteurs par l’intermédiaire de Théo Beaulavon (0-1, 12’). Il faut reconnaître que le FC Argentan n’est pas un pensionnaire de R3 comme les autres, avec des éléments du calibre de Ralph Kottoy (ex-Granville, Flers) ou encore Jérémi Kimmakon (une apparition avec le PSG, en décembre 2014 !). "Par rapport à l’événement, on a eu peur dix minutes, mais depuis, pas de problème, on l’a prise, on l’a mise dans notre poche et on joue notre jeu", se montre rassurant Kévin Leroux à la pause. "Il n’y a aucun souci pour se faire sortir, mais pas en ne ressemblant pas à quelque chose qui n’est pas nous", prévient-il. Ses protégés ayant eu la bonne idée d’égaliser juste avant la mi-temps (1-1), l’ASV attaque ce second acte empreint d’une plus grande sérénité. C’est Jules Leroulley qui a remis les deux camps à hauteur. Jockey dans le civil, il est considéré comme "le joueur le plus talentueux de toute l’équipe", par son entraîneur, au point d’être surnommé Pastore. "Ses coéquipiers le chambrent en lui rappelant qu’il est plus proche de Javier que de Pastore".

Surtout qu’au retour des vestiaires, les partenaires d’Adrien Roger passent devant au tableau d’affichage ; le capitaine transformant un penalty qu’on qualifiera de généreux (2-1, 58’). Mais dix minutes plus tard, ce diable de Théo Beaulavon ressort de sa boîte, et d’un lob des 40 mètres trompe Titouan Leray (2-2, 72’). Alors qu’on se dirige tout droit vers la séance des tirs au but, les « Noir et Blanc » se sont peut-être remémorés les paroles de Kévin Leroux durant sa causerie. "Tant que le coup de sifflet final n’est pas donné, peu importe le scénario, vous êtes en vie". C’est ainsi que dans les arrêts de jeu, après une énième parade d’Aymeric Gagnon, le portier ornais, face à Lucas Voisin, Raphaël Leclerc se trouve au bon endroit au bon moment pour pousser le « cuir » au fond des filets (3-2), et envoyer son club au 7e ciel, enfin au 5e tour de la Coupe de France. Un dénouement de dingue, encore plus pour l’heureux buteur, sorti du banc, qui a soufflé sa 20e bougie ce dimanche. Difficile d’imaginer un plus beau cadeau d’anniversaire.

L’après-match

Quand Kendji Jirac s’invite dans le vestiaire

A peine a-t-il passé le seuil de la porte du vestiaire que Kévin Leroux se fait gentiment chambrer par Lucas Voisin, juché sur une table. "Tu diras bonjour après s’il te plaît", lance-t-il, hilare à son coach, référence à la sanction qui lui a été infligée pour cette affiche. Pour s’être un peu trop attardé auprès du public de Jules-Rimet, à la mi-temps du match précédent, l’attaquant a été privé de son n°9 fétiche pour ce rendez-vous contre le FC Argentan. Bon, la morale de l’histoire, c’est qu’affublé du n°2, l’un des enfants du club a composté son billet pour la première fois de sa jeune carrière pour le 5e tour. De là à penser qu’il changera désormais définitivement de maillot, il existe un pas… que nous nous refusons de franchir. Peu importe le chiffre qu’il a dans le dos, s’il y a bien une tradition qui perdure, c’est celle d’entonner le cri de guerre local après chaque victoire : « Qui a gagné ? C’est l’ASV ! Ils sont venus, ils ont perdu comme d’habitude. C’est l’ASV qui gagne à chaque fois, c’est l’ASV qui est au-dessus ».

Les chants s’enchaînent. C’est au tour de Mathis Thurlure de saisir le micro (enfin, la gourde). Lunettes de soleil visées sur le nez, le joueur arrivé du FC Equeurdreville-Hainneville cet été nous livre une reprise d’Elle m’a aimé de Kendji Girac. Une habitude de la maison. Ses coéquipiers n’en ratent pas un couplet. A commencer par Julien Bossard, à qui il reste encore quelques forces. Remplacé rapidement en seconde période, le défenseur n’a pas tenu physiquement toute la rencontre. Il faut dire qu’il dispose d’une bonne excuse. La veille, il s’est enquillé un trail de 30 km avec un dénivelé positif de 1 800 mètres… en Auvergne ! Excusez du peu. Toutefois, Kévin Leroux n’a pas à s’inquiéter, promis, avant le 5e tour de la Coupe de France (samedi 10 et dimanche 11 octobre), aucune course à pied n’est prévue à son calendrier.

Mathieu BILLEAUD

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