Le contexte : laisser la dernière saison derrière soi
"J’ai construit un groupe que je connais. Je suis garant de leur mentalité"
A la suite de sa relégation de N3 à la fin de l’exercice 2024-2025, l’ASPTT Caen a vécu une saison presque parfaite, auréolée d'une accession de Régional 1 dans le groupe A, obtenu sur le fil lors de la dernière journée, et d'une finale de Coupe de Normandie, perdue toutefois face à l’ESM Gonfreville, mettant fin au rêve d'un doublé historique. Une déception qui ne prive pas les « Postiers » de l’essentiel : une remontée à l’échelon national. "La saison s'est écoulée très vite, mais elle a été longue", témoigne Laurent Dufour, leur entraîneur. "On avait pris la décision de conserver la majorité de notre effectif. La descente ne relevait pas d’un problème sportif, mais d’un souci mental. Nos joueurs avaient le niveau pour viser le haut de tableau en R1, mais il fallait que, mentalement, ils digèrent cette descente". Après s’être causée quelques frayeurs en début de championnat, l'équipe caennaise a redressé la barre pour tenter la remontée immédiate. "Petit à petit, on est entré dans notre année", indique l'historique coach des « PTT », sortis in extremis vainqueur de leur duel à distance avec la réserve du FC Rouen. "Cela reste un beau souvenir, ce sont des moments forts". Seule ombre au tableau, cette fameuse finale de Coupe de Normandie.
Reprendre l’ascenseur immédiatement relève de l’exception, et cette performance souligne le sérieux avec lequel Laurent Dufour mène ses troupes, quelle que soit la division. "J’aime la continuité", souligne le technicien. "J’ai construit un groupe que je connais. Je suis garant de leur mentalité. C’est très important quand on s’engage dans cette aventure". À la question de savoir s'il existe un esprit « postier », le manager répond instantanément par l'affirmatif. "80 % de mon effectif évolue ensemble depuis un certain temps. On s’appuie sur un staff qui ne bouge pas. Je suis là pour véhiculer des valeurs et les joueurs le font bien également". Une solidité et une stabilité qui peuvent faire la différence pour cette saison en National 2 (ex-N3). Mais il faudra aussi élever son niveau de jeu, même si les partenaires de Léo Hamel connaissent déjà cet échelon. "On part toujours du principe qu'on veut essayer d'imposer les choses à l'adversaire. À partir de là, il faudra donc augmenter notre exigence, surtout en termes de concentration et de rigueur, parce que les mauvaises relances et les erreurs se paieront cash".
Le mercato : un mixte de stabilité et de renforts
"Toutes nos recrues ont une connaissance de ce niveau N2"
Si le collectif de l'ASPTT se connaît presque par cœur, c’est parce qu’il affiche surtout une belle stabilité. Durant cette intersaison, le club caennais n’a enregistré que quatre départs pour trois arrivées, pour le moment. Une quatrième est dans les tuyaux. "On n’a pas forcément fini notre recrutement", prévient Laurent Dufour alors que son groupe a repris le chemin des terrains ce lundi. Alors qu'il avait annoncé l'arrêt de sa carrière, Thibault Le Masson - qui avait fêté cette montée comme personne au soir du 29 mai - a finalement prolongé l'aventure d'un an. Presque un renfort pour le coach « postier ». "C’est une bonne nouvelle. Après, comment ce nouvel exercice se passera ? Je n’ai pas la réponse, mais les anciens doivent continuer à porter nos valeurs, afin que les nouveaux s’intègrent rapidement, et répondent aux exigences du club". Dans un collectif aussi soudé, difficile de tailler une place, mais le manager y veille. "Pour chaque joueur qui signe chez nous, on essaye de valider l’aspect humain, c’est une donnée importante pour évoluer à l’ASPTT. Ensuite, forcément, il y a des critères sportifs".
Autre aspect primordial pour les nouveaux visages, leur vécu. "Tous les joueurs que nous avons attirés ou que l’on engagera ont une connaissance de ce niveau N2", précise Laurent Dufour. "Sauf pour Léo Richard*, qu’on a recruté à Lisieux. On l’a rencontré en R1, et on pense qu’il a un vrai potentiel et des qualités différentes de ce qu'on avait dans l’effectif". Les profils des arrivants ne remplacent donc pas forcément ceux des partants. "Quand on engage Nesta (Djeagbo), on cherche une dimension athlétique. Pour Naël Anouari, c’est un style encore différent devant, tout comme Léo". Avec des moyens limités, les « PTT » s'appuient sur l’aspect sportif et humain pour convaincre ses cibles de les rejoindre. "Je leur vends un projet", lance l’entraîneur. "Ici, ils travailleront beaucoup et ils travailleront bien. Pour certains, on n’a peut-être pas été le premier choix, mais s’ils sont là, c’est que tout le monde s’y retrouve à un moment".
*Léo Richard compte quelques apparitions en N2 (ex-N3), avec le SU Dives-Cabourg.
Un joueur à suivre : Naël Anouari
"Jouer au niveau national et enfin pouvoir exprimer mon potentiel"
Parmi les trois recrues annoncées par les « Postiers », Naël Anouari est celle qui, sur le papier, est la plus « spectaculaire ». Après avoir effectué ses premiers pas à l’ASPTT avant de rejoindre les équipes de jeunes du Stade Malherbe, où il a évolué jusqu'en réserve (39 apparitions en N1-N2), l'ailier gauche était parti depuis deux saisons à Grenoble, où il appartenait, là aussi, au groupe de la « B » du GF 38 (R1). "On apprend que ça ne se passe pas bien là-bas. Son père a été éducateur chez nous, on est restés en contact. Donc on a posé une première pierre, un jalon. On l’a rencontré au mois de juin, et puis il a fallu que ça mûrisse, qu’on le charme", raconte Laurent Dufour. S'il a eu d'autres opportunités, qui ne se sont pas concrétisées, le jeune joueur (23 ans) a fini par donner son accord pour poser ses valises à La Hache. "Naël s’est peut-être dit qu'on était le meilleur endroit pour se relancer. Il connaît le club, c’est un environnement proche de sa famille. Je pense que ça a compté", estime son nouveau coach.
Une impression confirmée par le principal intéressé. "Je voulais retrouver un club familial comme les PTT. J'y ai déjà évolué plus jeune, j'ai ma famille pas loin… Et cela me permettra de jouer au niveau national et d'enfin pouvoir exprimer mon potentiel". Naël Anouari est convaincu qu'il n'a pas encore montré ce dont il est capable. "Je veux pratiquer à un bon niveau, pouvoir m'exprimer. J'en avais un peu marre d'être en réserve. Il n'y avait pas beaucoup de perspectives, pas de place. À part des entraînements avec les pros, il n'y avait rien d'autre et ils étaient déjà beaucoup dans ce groupe". En Isère, dans un environnement loin de ses attaches caennaises, la solitude a fini par peser. "J'habite à Hérouville. J'ai déjà évolué avec certains joueurs de l'ASPTT quand j'y étais, ou quand j'étais à Malherbe. Cela facilite mon intégration." S'il réussit son retour, ce rapatriement a tout d’une bonne pioche pour les « PTT ».
Florian POLTEAU-GOMEZ
Le mercato de l'ASPTT Caen
> Arrivées : Naël Anouari (Grenoble Foot 38 « B », R1), Léo Richard (CA Lisieux, R1), Nesta Djeagbo (AS Chatou, R1).
> Départs : Maël Thomas (Canada), Emmanuel Suriam (arrêt), Aidan Mazure (AF Virois, N2-R2), Mestapha Tami.
> Prolongations : Sofiane Naïli, Kévin Quénéa, Evan Olivier, Sami Labiss, Thibaut Le Masson, Nazim Ebaz, Maxandre Gossec, Noah Chapalain, Amadou Diop, Diaz Bokuma, Lorry Levionnois, Paul Gervais, Luka Chichua, Mohamed Fall, Antoine Liard, Jawed Masrour, Romain Hopquin, Nicolas Camillo, Mehdy Tabache, Léo Hamel, Nathan Donatien.
LE PROGRAMME DE LA PRÉPARATION
> Mercredi 5 août : contre le FC Saint-Lô (N2)
> Samedi 8 août (17 heures) : contre l'AS Cherbourg (R1), à Villers-Bocage
> Mercredi 12 août (19 H 30) : contre l'AF Virois (N2), au Stade Pierre-Compte à Vire
> Samedi 15 août (17 heures) : contre l'ES Cesson-Sévigné, à Aunay-sur-Odon
> Mercredi 19 août : contre le Bayeux FC (R1), à Bayeux
> Samedi 22 août : contre le CMS Oissel (N2)
