Pour un coup d'essai, c'est un coup de maître. Pour sa première participation à la Coupe de Normandie futsal, le FC Val et Grèves a soulevé le trophée ! "S'il y a un an, on avait dit qu'on gagnerait, on nous aurait rigolé au nez", se marre Florian Lebreton, l'entraîneur-joueur de cette bande de potes, secondé par Victor Deshayes sur le banc. "C'est un délire entre nous. On ne fait aucun entraînement. C'est une pratique purement loisir". Toutefois, ne vous y méprenez pas, la qualité est bien présente dans les rangs manchois avec des éléments de foot à 11 évoluant dans les clubs voisins : US Avranches, US Granville, US Ducey-Isigny... D'ailleurs, ces deux dernières saisons, le FC Val-Saint-Père - de son ancienne appellation, avant sa fusion récente avec le FC Marcel-les-Grèves - avait remporté la Coupe de la Manche. "On prend part aussi à un championnat district".
Et le moins que l'on puisse affirmer, c'est que le FC Val et Grèves ne l'a pas volé cette Coupe de Normandie ! Pour atteindre la finale, le représentant de la baie du Mont-Saint-Michel a accroché deux écuries de R1 à son tableau de chasse : le FC Prey en quart et le Caen Foot Training en demi. "Du coup, on s'est dit : Jamais deux sans trois". Néanmoins, à l'heure de se présenter au gymnase de Moyaux (à une dizaine de kilomètres à l'est de Lisieux), les coéquipiers de Florian Lebreton ne partaient pas avec la faveur des pronostics. Et pour cause, le Caen Futsal Club - qui a participé au barrage d'accession en D2 - visait le doublé. Mais le collectif manchois avait parfaitement préparé son affaire. "On connaissait les forces de l'adversaire. C'est pourquoi on savait qu'il fallait bien défendre, et rester à l'affût de la moindre faille", décrypte celui qui fut pendant quelques années gardien n°3 à l'US Avranches.
La Coupe de France la saison prochaine
S'appuyant sur ce constat, le FC Val et Grèves a principalement procédé en transition rapide. "On a inscrit quatre de nos cinq buts sur contre". C'est ainsi qu'à la surprise générale, les joueurs du Sud-Manche ont compté trois longueurs d'avance (4-1), après avoir pourtant concédé l'ouverture du score sur un CSC. Mais le CFC n'a pas été sacré champion régional par hasard. Et à une poignée de minutes de la fin, les Caennais sont revenus à hauteur au tableau d'affichage (5-5). C'est à cet instant-là qu'Arthur Daligault a sorti le grand jeu dans ses cages. "Les dernières occasions sont pour notre adversaire, mais Arthur réalise deux gros arrêts", raconte Florian Lebreton qui s'y connaît particulièrement bien en matière de portier. Et l'ultime rempart, bouillant, a poursuivi son show lors de la séance des tirs au but, en repoussant deux tentatives caennaises. Et au moment de conclure, le jeune Luka Marion n'a pas tremblé.
"Ce fut chaud, on a été jusqu'au septième tireur", lâche l'entraîneur-joueur du FC Val et Grèves. Une victoire pour le plus grand bonheur du kop manchois qui avait effectué le déplacement jusqu'à Moyaux. "Depuis le début de cette coupe, on est bien soutenu. Plusieurs joueurs sont éducateurs. Du coup, les jeunes de l'école de foot (en entente avec l'US Saint-Quentin-sur-le-Homme) et leurs parents viennent nous voir. Et encore, si la finale avait eu lieu plus proche de chez nous, je pense qu'on aurait eu deux fois de monde", témoigne Florian Lebreton dont l'équipe a dû composer également, mardi soir, avec la concurrence du... 16e de finale de la Coupe du Monde des Bleus ! Des supporters qui auront encore des occasions d'encourager leurs protégés la saison prochaine. Car comme le dit le proverbe, l'appétit vient en mangeant. "On s'inscrira certainement en Coupe de France". Avec pourquoi pas de nouvelles surprises à la clé.
Mathieu BILLEAUD
