Après une saison folle, avec à la clé un titre de champion de Régional 1, le Caen Futsal Club s’apprête à vivre le moment le plus important de son histoire. Après 17 années d’existence, le CFC dispute, ce samedi, un pré-barrage d’accession en Division 2, dans l’ancien Palais des Sports. Une salle mythique du sport caennais, qui a fait les beaux jours des basketteurs et des handballeurs locaux. Face au représentant normand, se dressera le Stade Beaucairois FC, issu de la Ligue d'Occitane. Mais le vainqueur de ce match ne sera pas promu directement. Une confrontation en aller-retour contre une équipe bretonne l'attend derrière. Tout ce chemin pour décrocher, au bout, un billet dans l’antichambre de l’élite, et rejoindre l’autre club normand présent à ce niveau : le Hérouville Futsal, qui, de son côté, a manqué de peu une remontée en D1.
Evoluant habituellement à domicile au gymnase de la Pierre-Heuzé, cette délocalisation à l’ancien Palais de Sport constitue un soulagement pour Gaël Briois, le président-fondateur du CFC. Dès le titre de champion régional acté, il a fallu rapidement trouver un site homologué pour accueillir cette affiche. Alors que la Ville avait proposé le gymnase de l’IUT Caen Nord, que la Salle Saint-Jean-Eude a aussi été évoquée, c’est finalement derrière le Parc des Expositions que cette rencontre se tiendra. "Dès l’annonce de ce match, on a reçu plus de demandes de billets que les 160 places possibles à l’IUT. La Ligue de Normandie pensait que nous ferions 300 personnes minimum", nous avait alors soufflé le dirigeant quand la question du lieu se posait encore. "On veut également pouvoir faire de ce match une fête du futsal, en touchant un public plus large que nos propres licenciés". À quelques jours du Jour J, Gaël Briois rêve d'attirer 400 spectateurs alors que la jauge maximale est fixée à 2 500.
Trouver un gymnase fixe et plus de créneaux restent une épreuve
S’entraînant quatre fois par semaine au gymnase de la Pierre-Heuzé, donc, ou dans celui du Stade Joseph-Deterville, le Caen Futsal Club effectuera une demande de créneaux supplémentaires en cas de montée. Cette accession pourrait agir comme un boost pour un club freiné dans son développement par le manque d'infrastructures. En effet, avec à l’heure actuelle seulement deux équipes seniors, une masculine et une féminine, l'association présidée par Gaël Briois se trouve dans l’obligation de refuser des inscriptions alors qu’il a constamment des demandes. "On a un budget global de 6 000 €, on n'est pas du tout une grosse structure. Donc un événement comme ce barrage peut nous permettre de financer du matériel, d'augmenter un peu notre budget. Nos partenaires, ce sont essentiellement des anciens joueurs qui ont monté leur boîte", glisse le dirigeant.
S’il va au bout de cette aventure, le CFC devra également dénicher une nouvelle salle fixe pour ses matchs à domicile. Car en D2, les règlements sont différents. Un possible déménagement auquel Gaël Briois a déjà songé : "Il y a effectivement plus de contraintes. Il faut notamment avoir un gymnase qui soit toujours le même pour toutes les rencontres. On a la chance à Caen d'avoir cet ancien Palais des Sports. Il devrait logiquement être moins utilisé la saison prochaine parce que malheureusement, le badminton descend (de Top 12, l'équivalent de la première division). Mais encore une fois, il faudra qu'on rediscute avec la mairie. C'est un premier axe de recherche, mais il n'y a rien de définitif. On s’est dit qu’il fallait y aller étape par étape". Avant de rêver plus grand, il faut franchir ce premier tour contre Beaucaire pour lequel ses joueurs sont surmotivés. "On est des amateurs purs jus, on bricole avec des bouts de ficelle. Mais on est vraiment un groupe de potes". Et quand le groupe vit bien, on sait que cela peut amener loin.
> Pré-barrage d'accession en D2. Caen Futsal Club (R1) / Beaucaire (R1), samedi 23 mai à 16 heures, à l'ancien Palais des Sport à Caen.
Florian POLTEAU-GOMEZ
Gaël Briois : "Des pratiquants sont arrivés en tapant futsal à Caen"
Pour le Caen Futsal Club, ce pré-barrage arrive comme une récompense des efforts entrepris depuis 17 ans. "C'est la première fois qu'on est champion de Normandie. On mesure la rareté du truc", se montre fier le président Gaël Briois. Ses résultats, sa régularité et son bon esprit participent à l'attractivité de cette association. "Au début, on avait pas mal d’étudiants, et puis un noyau dur s’est formé. Notre différence, c'est qu'on n'est pas le club d’une ville ou d’un quartier. Nos joueurs viennent d’un peu partout. C’est pourquoi on s’est appelé Caen Futsal Club. Quand on s’est lancé, ça nous a permis un bon référencement. Des pratiquants sont arrivés chez nous juste en tapant sur internet futsal à Caen. Aujourd’hui, on a environ 50 adhérents à l’asso, dont 33 licenciés". Certains membres, qui ont contribué à la création du club, ont même étendu leur passion à leur famille. "Notre gardien, Julien Turgis est présent depuis le début. C’est devenu un copain. Claire, sa femme, est graphiste dans la vie. C’est elle qui a dessiné notre logo", raconte Gaël Briois.
