En accordant les finales de Coupes de Normandie à l’ESM Gonfreville-l’Orcher ce week-end (26-28 juin), la Ligue ne pouvait pas faire plus plaisir à Michel Garcia. Le président tout juste démissionnaire des « Rouge et Noir » s’est, en effet, battu pour obtenir cet événement, concomitant à la livraison de la toute récente tribune de 820 places du complexe Maurice-Baquet. À peine terminée et pas encore inaugurée, cette nouvelle infrastructure a été livrée avec sept mois de retard, selon le dirigeant de 73 ans qui continuera de s'occuper des partenariats. "Le cahier des charges de la Ligue est très contraignant. Seuls deux clubs se sont portés candidats pour ce rendez-vous, Saint-Lô et nous. Nous l'avons cette année et Saint-Lô l'aura l’an prochain, tout le monde est content", se réjouit ce personnage emblématique de l'ESMGO, licencié dans ce club de l'agglomération havraise depuis son 10e anniversaire ! "Nous avons postulé car nous disposons d'un bel outil, mais il faut être honnête, nous devons aussi générer des recettes. Depuis trois ans, nous sommes privés de buvette à cause des travaux. On a bien essayé d'installer un barnum sur les vieux terrains de tennis en face, mais la mayonnaise n’a pas pris". Avec cet équipement flambant neuf, pas question donc d'accumuler encore plus de retard. Il faut même le rattraper.
"L’inauguration officielle de la tribune est programmée cette semaine, juste avant les finales. On a aussi prévu de nombreux événements tout au long de l’année. J’avais eu l’accord de Mathieu Bodmer pour que le HAC dispute un match amical dans notre stade, mais avec son départ… On a essayé de joindre le club, on attend leur réponse", indique Michel Garcia, également élu municipal depuis 1989. "On sait que le HAC cherche un terrain pour accueillir un amical contre Amiens, le 17 juillet, j’espère qu’on sera retenu. Ce serait bénéfique pour Gonfreville. Cela nous apporterait des ressources financières supplémentaires. D’autant que nous avions prévu également un match avec le Variété Club de France début septembre, mais leurs responsables se sont désengagés". Dommage pour ceux qui ne viendront pas voir cette nouvelle tribune, dont les odeurs de peinture fraîche se font encore sentir. Cet équipement doit permettre à la section foot, mais également à son homologue de l'athlétisme avec qui l’ESMGO partage le stade, de franchir un palier.
Un nouveau complexe taillé pour viser haut
Avec déjà un annexe disposant d’une salle de musculation et d'un sauna, cette dernière partie du Stade Maurice-Baquet fraîchement livrée dispose au rez-de-chaussée de dix vestiaires, dont trois spécialement pour les arbitres et d’un pour les délégués. Tout cela en plus d’une infirmerie et d’une salle de remise en forme dédiée au sport sur ordonnance. Au premier étage, la nouvelle buvette dispose d’une vraie cuisine professionnelle permettant une transformation en salle de restauration. "Peu de clubs ont une cuisine intégrée à leur buvette. Maintenant, il faut la maîtriser et trouver des bénévoles pour la faire fonctionner", explique Michel Garcia. Juste au-dessus, une salle de réception ouverte sur le terrain a été aménagée, disposant d’un véritable bar et d’un écran géant avec rétroprojecteur. "Cet espace a servi pour la première fois à l'occasion de France - Sénégal", glisse Rachid Hamzaoui, en référence au premier match des Bleus lors de la Coupe du Monde . "Derrière l’écran rétractable, il y a une grande armoire qui servira de salle des trophées", poursuit l'entraîneur gonfrevillais qui nous a fait visiter le complexe. Le technicien nous présente également son futur bureau. "Il n’est pas beaucoup plus grand que le précédent, et il n’y a de la place que pour une armoire alors que j’en ai trois à caser". Sachant qu’il sera accompagné du deuxième employé à plein temps de l'ESMGO, cette pièce risque rapidement d'être trop petite.
Idem pour le bureau adjacent dédié au club d’athlétisme, qui semble encore plus exigus. Les salariés du service des sports de la ville rejoindront eux aussi très bientôt ce complexe ; leurs bureaux et leur matériel informatique se trouvant en cours d’installation. "Il y a quelques détails qui ne me conviennent pas", bougonne Michel Garcia. "Certaines choses peuvent être modifiées comme la zone de presse dans la tribune, mais pour d’autres, on ne le pourra pas". Pas de quoi, néanmoins, bouleverser le plan initial. "Cet outil doit nous permettre d’aller plus haut. Dans un échange informel avec Mathieu Bodmer, lorsqu’il était encore au HAC, l’idée était que Gonfreville devienne un club un peu satellite du Havre et qu’on remonte en N2 (ex-N3) car il n’y a pas de club de ce niveau dans le coin". À priori, seule l’équipe première de l’ESMGO dirigée par Rachid Hamzaoui aura le privilège d’utiliser cette structure au quotidien, ainsi que les participants du tournoi international U17 que le club organise chaque saison depuis 34 ans. "On est monté à plusieurs reprises en CFA2 - N3. Ce qu’il nous manquait, c’est une infrastructure qui nous permette de nous y maintenir durablement", s’impatiente un peu l’entraîneur. "Maintenant, qu’on a une belle voiture, il faut mettre de l’essence dedans", conclut, avec cette métaphore automobile, Michel Garcia.
Florian POLTEAU-GOMEZ
> Coupe de Normandie. Finale senior - ESM Gonfreville-l'Orcher (R1) / ASPTT Caen (R1), samedi 27 juin à 18 H 30 au Stade Maurice-Baquet à Gonfreville-l'Orcher.
L'ESMGO veut finir en beauté la saison
La performance est assez rare pour être soulignée, mais cette saison, le club qui organise et accueille les finales de la Coupe de Normandie s’est invité à l’affiche de la finale senior, la plus prestigieuse. L’ESM Gonfreville-l'Orcher, emmenée depuis 2005 par Rachid Hamzaoui (53 ans), s'apprête à recevoir l’ASPTT Caen. "On est très content ! Le président m’avait un peu mis la pression depuis les huitièmes de finale", sourit le manager. "Je lui répétais qu’il fallait y aller étape par étape, et on les a franchies, une par une. On fêtera ça le jour J avec nos supporters". Un avantage non-négligeable pour l’entraîneur seinomarin. "On a souvent été meilleurs à domicile qu’à l’extérieur cette saison (en championnat), donc ça ne peut pas mieux tomber. On a hâte". Au cours d'un parcours où rien n’a été facile pour l’ESMGO, le coach gonfrevillais mesure la difficulté d’avoir hissé son équipe jusqu'en finale. "Sur les quatre derniers tours, on passe trois fois aux tirs au but. On a été bons sur le terrain parce qu’on n’a pas perdu, mais on a aussi été bons sur les séances de penalties. On a répondu présent". En effet, depuis les 16es de finale, sont successivement tombés face aux « Rouge et Noir » : le FC Flers (2-2, 4-3 tab), l’AG Caen (1-1, 5-3 tab), l’USC Mézidon (3-1) et enfin l’AL Deville-Maromme (2-2, 4-2 tab), que des pensionnaires de R1 à l'exception du dernier adversaire éliminé qui évolue une division en-dessous (R2).
Quatrième du groupe B de R1 cette saison à égalité de points avec le FC Flers (3e - 35 points), l'ESM Gonfreville n’a pas vécu une année aussi tranquille que son classement final le laisse penser. "On a fait une première partie de championnat assez difficile, mais sur la deuxième phase, les joueurs ont su relever la tête et hausser leur niveau de jeu". En attendant, Rachid Hamzaoui se réjouit d’affronter l’ASPTT Caen en finale. "Jouer à domicile est un avantage, mais ça ne garantit pas la victoire. Je suis content qu’on s’oppose à une équipe de ce calibre. Ils remontent en National 2 (ex-N3)". S’il n’a rien changé de ses habitudes pour préparer cette dernière rencontre de la saison, le technicien ne veut pas non plus en faire un juge de paix sur le niveau des siens. "On jouera cette finale pour la gagner, mais ce n’est pas sur ce match qu’on jugera de notre capacité à accéder au l’échelon supérieur. On sait ce qu’il nous faut pour y aller, on sait comment ça se déroule à l’étage au-dessus, on y a évolué plusieurs fois dans le passé". La priorité ce samedi, c’est de garnir la future vitrine des trophées du Stade Maurice-Baquet d’une Coupe de Normandie.
