Au coup de sifflet final, tous les acteurs de ce 7e tour étaient unanimes sur une chose : jamais ils n’avaient vécu des tirs au but aussi dingues. C’est bien simple, sur les 14 tentatives des deux équipes, la moitié a été manquée ! A croire qu’aucun camp ne souhaitait poursuivre l’aventure. D’ailleurs, QRM - qui a fait la course en tête durant toute cette épreuve fatidique - n’a pas eu besoin d’une balle de match pour valider son ticket pour le 7e tour, ni de deux, mais de trois ! Et encore, sur l’essai victorieux d’Alassane Diaby, le gardien Benjamin Javalet a été à deux doigts de sortir le « cuir ». "Après chaque échec adverse, on se disait que le destin était toujours avec nous. Mais la pièce est finalement retombée du mauvais côté", constatait Baptiste Leroy, qui avait lancé cette séance sous de mauvais auspices pour l’ES Coutances (R1), en échouant, lui aussi, dans cet exercice. Comme leur capitaine, ni Angelo Gabriel, ni Bastien Lemaire n’ont profité des « ratés » du pensionnaire de Ligue 3 pour leur mettre la pression ; les locaux se présentant en premiers sur le point des 11 mètres.
"Je ne sais pas si les penalties, c’est un geste technique ou la roulette russe", s’interrogeait Baptiste Leroy devant ces échecs à répétition. Si Gabriel Santos, le coach des « Rouge et Jaune », évoquait "une question de chance", son homologue manchois avançait un argument… climatique. "Je pense que le facteur vent a beaucoup influé. Ça a gêné les tireurs. Dès qu’ils levaient le ballon, ça passait au-dessus du but". Rageant pour le club de Régional 1 qui, un an après s’être incliné à la 94’ contre le FC Dieppe (N1, ex-N2) au même stade de la compétition (2-1), voit de nouveau l’exploit lui échapper de peu. Car au-delà de la séance de tirs au but, les protégés du président Jean-Manuel Cousin ont véritablement eu la qualif’ au bout du pied, plus exactement à celui de Thibault Simon. Mais Timothé Viel, l’habituelle doublure de Mathys Sylvestre dans les cages quevillaises, en a décidé autrement. D’une main ferme, le portier a détourné sur son montant gauche le penalty du défenseur de l’ESC à une dizaine de minutes de la fin du temps réglementaire. Les « Rouge et Blanc » ne le savaient pas encore, même s’ils pouvaient s’en douter, ils avaient laissé filer leur chance.
Les émotions procurées aux 1 200 spectateurs
"Oui, il y a de la déception sur l’instant, car on est passé si près. Si on marque ce penalty, on a peut-être de fortes chances de gagner. Bien sûr qu’on aurait aimé l’emporter, je pense même qu’on l’aurait mérité", analysait l’entraîneur Mickaël Derouet. C’est vrai qu’en observant les débats, il fut difficile de différencier le « gros » du « petit une grande partie de la rencontre, tant l’ES Coutances a regardé les yeux dans les yeux QRM. Pour preuve, cette égalisation au retour des vestiaires signée Deivi Gane, répondant à l'ouverture du score des visiteurs, œuvre de Ruben Rosa, juste avant la pause. "Plus que résister, on voulait exister avec nos principes, leur montrer que nous aussi, on avait des armes, qu’on ne se contenterait pas d’attendre", indiquait le technicien, bluffé par la prestation de ses garçons. "Ils ont été au-delà de ce que je pensais qu’il serait capable de faire".
D’ailleurs, dans les rangs « Rouge et Blanc », le sentiment qui prédominait à l’issue de cette élimination, c’est la satisfaction de la copie rendue face à un représentant du monde « pro », évoluant trois divisions au-dessus. Surtout que Gabriel Santos, le coach quevillais, avait présenté un onze de départ plus que cohérent sur la pelouse du Parc des Sports Paul-Maundrell : la moitié des joueurs de champ alignés au coup d’envoi figurant parmi les éléments les plus utilisés en championnat. "Ce qu’on a proposé, ce n’est pas extraordinaire, mais presque", saluait Baptiste Leroy. "On a tout donné jusqu’à la dernière seconde, on n’a pas triché, on est ultra fier de notre groupe". "La fierté passe avant la déception", confirmait Mickaël Derouet. Celui qui est également directeur sportif de l’ESC avait une pensée très forte pour les 1 200 spectateurs qui ont bravé la pluie, le vent, le froid pour assister à cette affiche. "On sait qu’on les a touchés en plein cœur. On voulait créer des émotions pour le public". Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a été servi.
Mathieu BILLEAUD
