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Coupe de France. 1er tour - Samedi 22 et dimanche 23 août

Sécheresse + canicule = coup de chaleur sur les pelouses normandes avant la Coupe de France

Les quelques gouttes de pluie tombées cette semaine en Normandie ont été accueillies avec soulagement. Mais les épisodes caniculaires et la sécheresse record de cet été 2026 laisseront des traces. Avec le 1er tour de la Coupe de France qui se dispute ce week-end, nombreux sont les clubs de la région qui doivent s’adapter pour s’entraîner voire accueillir les matchs. Un collectif de huit associations s’est monté dans le Calvados pour alerter la Ligue de Normandie et la Fédération française sur cette situation.
Les pelouses de Normandie ont souffert de la chaleur et de la sécheresse. Nombreux sont les terrains brulés qui mettront énormément de temps à retrouver une surface praticable comme ici à Creully et à Sommervieu. ©USI Bessin Nord sur Seulles

Les pelouses de Normandie ont souffert de la chaleur et de la sécheresse. Nombreux sont les terrains brulés qui mettront énormément de temps à retrouver une surface praticable comme ici à Creully et à Sommervieu. ©USI Bessin Nord sur Seulles

Les quelques averses tombées ces derniers jours en Normandie rafraîchissent les corps mais ne reverdissent pas encore les terrains de football, notamment dans notre région où plusieurs alertes sécheresse ont été émises cet été. Les différents épisodes de canicule, inhabituels dans cette partie de la France, ont considérablement abîmé les aires de jeu naturelles. Confrontée à ces chaleurs extrêmes et à leurs conséquences, la municipalité de Cherbourg a carrément interdit les accès à toutes les surfaces en herbe. Ces chaleurs extrêmes et à cette pluviométrie en berne ont poussé un collectif de huit clubs calvadosiens à alerter la Ligue de Normandie et la Fédération française : l’USI Bessin Nord sur Seulles, le CFC Castelet, le FC Baventais, le FC Cagny, le CL Colombelles, l’AS Giberville, l’US Blainville-Bieville-Beuville et le CHL Terre et Mer. Mené par Aurélien Chardon, président de la première association citée, ce collectif a envoyé un courrier à ces instances, évoquant à la fois l’état des pelouses dû au climat et également leur détérioration accélérée après différents passages de groupes de gens du voyage, fréquents en cette période estivale.

Ces entités demandent la mise en place d’un dispositif exceptionnel comprenant un soutien financier pour la remise en état des aires de jeu, la mise à disposition (prêt ou mutualisation) de matériel spécifique à l’entretien des pelouses, une aide pour trouver des solutions alternatives et un accompagnement technique. "Mon club s’étend sur plusieurs communes (Sommervieu, Ryes et Creully) et tous nos terrains sont cramés", lâche Aurélien Chardon. "On demande à la Ligue et à la Fédé de comprendre notre situation. J’ai fait venir une entreprise spécialisée dans les sols sportifs, il y en a pour 7 000 à 8 000 € par terrain, sachant qu’on en a deux rien qu'à Sommervieu". Un budget trop conséquent à assumer seul pour l’USI Bessin Nord et par les communes de petite envergure où réside cette association. Problème auquel il faut ajouter l’inutilisation de l’aire de jeu pendant sa réfection. "On espère une aide technique et du matériel pour l’entretien. On pourrait très bien mutualiser ces outils sur plusieurs clubs. Peut-être que la Ligue ou la Fédération ont aussi des cellules techniques et des techniciens qui pourraient intervenir auprès des communes et de nos structures pour améliorer la gestion". À la date de vendredi (21 août), aucune des deux instances n’a répondu à ce courrier soutenu par Bertrand Voisin, président du District du Calvados.

"J'ai fait venir une entreprise spécialisée dans les sols sportifs. Il y en a pour 7 000 à 8 000 € par terrain"

aurélien chardon

"On devait recevoir pour la première fois un plateau féminin à la rentrée, on a dû prévenir qu’on ne pourrait pas. Ce n’est pas bon pour l’image du club, mais aussi pour les finances, il ne faut pas se le cacher", poursuit Aurélien Chardon. L’installation de la communauté des gens du voyage a également accru les effets de la sécheresse. "On s’est entraîné sur un autre terrain, qu’on a pu arroser un peu, celui-ci est quasiment sauvé. Dès que la pluie reviendra, on pourra l'utiliser, mais le souci, c’est qu’on a 250 licenciés. Je ne vais pas pouvoir faire jouer tout le monde dessus". Et pour le moment, les solutions de replis sont minces, car il n’existe aucun synthétique à l’horizon. Pas même à Bayeux, la ville qui jouxte le territoire couvert par cette entité. Mais grâce à ses relations avec Luis Ferreira-Pavesi, son homologue du BFC, le président de l’USI Bessin Nord a trouvé une issue pour son équipe pensionnaire de Régional 3. "On les a contactés pour un plan B. On a un partenariat pour l’école de foot depuis cet été. Cette demande a été validée par le club et la ville donc on les remercie sincèrement tous les deux". La R3 de l’USI Bessin Nord s’entraînera le jeudi au Stade Saint-Julien et disputera ses matchs le dimanche au Stade Argouges.

Des disparités à gommer dans la Manche

Du côté de Cherbourg, l’arrêté municipal posé le 13 août a surpris les clubs qui ont été invités à une réunion. Cet arrêté les oblige à repenser totalement leur calendrier et leur organisation. Et ce, à quelques jours seulement de recevoir pour certains d’entre eux le premier tour de la Coupe de France. "La mairie nous a convoqués pour nous annoncer la fermeture des terrains en herbe à partir du 17", explique Jean-Charles Hamel, vice-président du Patronage Laïque d’Octeville, situé dans l’agglomération du Nord-Cotentin. "Sachant que sur Cherbourg, il n’y a que quatre surfaces synthétiques, dont trois pour le foot et une autre pour le rugby". Et avec des sections également en football américain et en athlétisme, tout le monde n’a pas pu y trouver son compte. D’autant qu’avec les années, la Communauté d'agglomération a intégré de nombreuses villes aux alentours ; ce qui multiplie le nombre d'associations provoquant des embouteillages. "On a des créneaux qu’on partage avec le rugby sur leur terrain, mais ce n'est pas évident que les différents emplois du temps s'accordent, soit les joueurs ne sont pas dispos, ou ce sont les éducateurs. On est tous bénévoles, beaucoup travaillent à l’extérieur", se désole un peu le dirigeant.

"Soit il faut adapter les calendriers, soit les infrastructures, voire Sûrement les deux"

Jean-Charles Hamel

Le PL Octeville doit accueillir pour ce premier tour de la doyenne des compétitions françaises. "On recevra sur le synthétique des Fourches, samedi soir. Le dimanche, il y aura un autre match. On a fait une demande auprès de la Ligue et du club adverse puisque d’office, tous les matchs sont programmés le dimanche à 15 heures". Si son association a la chance de disposer d'une solution, l’état des aires de jeu reste préoccupant. "Il est même catastrophique, je n’ai jamais vu ça", s'alarme Jean-Charles Hamel. "On a maintenu quelques matchs amicaux, mais il n’y a que de l’herbe sèche et des sols très durs. Les risques de blessures sont grands et le moindre tacle risque d’arracher le peu de pelouse qu’il reste". Le dirigeant attendait avec impatience, comme beaucoup, le retour de la pluie. Encore faut-il qu’elle soit régulière et en quantité suffisante. "Il faudra encore attendre au moins un mois pour pouvoir utiliser nos terrains. On est dans une solution transitoire jusqu’à mi-septembre voire la fin du mois minimum, ça va être long. Apparemment, le District de la Manche est en train d’étudier un plan B. Soit il faut adapter les calendriers, soit les infrastructures, voire sûrement les deux".

À l'US Granville, Benjamin Bahu a une vision plus critique de la gestion préfectorale. Le premier arrêté datant du 10 juillet a interdit tout arrosage dans le département de la Manche qui compte pourtant de grandes différences géologiques et hydrologiques selon le co-président du club du Sud-Manche. "Les restrictions prises empêchent l’arrosage des terrains de foot. Les pelouses sont en train de brûler et je crains que la consommation d’eau soit au final plus importante pour la réfection qui devra être réalisée ensuite. Maintenant, j’entends que vis-à-vis de la population et des agriculteurs, cette décision soit prise. Mais les disparités du département font que localement, il pourrait y avoir plus de latitudes. Ici, à Granville, on est sur des puits artésiens donc on prend directement sur la nappe". Ses « Maritimes » ne commencent par leur saison en Coupe de France, mais ils ont lancé leur championnat de N1 ce vendredi, à Louis-Dior. Les prédictions des climatologues pour les prochaines années n’étant pas optimistes, c’est peut-être dès à présent qu’il faut se pencher sur ce problème pour trouver des solutions. "On devrait s’inspirer de ce qui se pratique dans le Sud de la France. Cela fait des années qu’ils vivent cette situation. Peut-être qu’on a des choses à en tirer", conclut Aurélien Chardon.

Florian POLTEAU-GOMEZ


Le 1er tour de Coupe de France finalement peu impacté 

Du côté de la Ligue de Normandie (LFN), un communiqué a été publié en début de semaine, enjoignant les clubs à contacter rapidement les propriétaires de leurs installations afin de s’assurer de pouvoir utiliser les terrains. Et dans les cas problématiques, se rapprocher des associations voisines. « Afin d’anticiper des inversions possibles, nous demandons aux clubs visiteurs d’entreprendre la même démarche », explique ce courrier. Face à cette situation, la LFN explique qu’évidemment des rencontres pourraient être décalées mais pas repoussées. L'instance régionale a également sondé ses membres pour connaître les structures qui seraient susceptibles d’accueillir des matches supplémentaires.

A la date du 20 août, la Ligue de Normandie n'avait enregistré que cinq demandes d’inversion de rencontre et 17 demandes de changement de terrain (sur un total de 163 affiches). Sur ces délocalisations, il faut compter ceux qui ont trouvé un synthétique ou une structure de replis dans une autre commune, mais aussi parfois des transferts vers des pelouses annexes plutôt qu'évoluer sur le terrain d’honneur. Sept rencontres au total seront délocalisées sur une surface synthétique d’un autre club : un dans l’Orne, un en Seine-Maritime, et le reste dans la Manche, département particulièrement et inhabituellement touché par cet épisode de sécheresse.

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