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R1. Le club manchois a été sacré à quatre journées de la fin

Tony Lambard nous dévoile les ingrédients de la (re)montée du FC Saint-Lô en N3

Vainqueur de son dauphin, l’AS Cherbourg (1-0), samedi, le FC Saint-Lô a validé son retour en N3, un an après l’avoir quitté. Promotion de jeunes talents locaux, adhésion autour du discours du nouveau coach, Pierre Asselin, rôle crucial des hommes de l’ombre au sein du staff… L’emblématique attaquant Tony Lambard nous donne quelques clés pour mieux comprendre l’extraordinaire saison du club manchois.
Lors de ce match contre l'AS Cherbourg actant la montée du FC Saint-Lô en N3, Tony Lambard s'est montré décisif en obtenant le coup franc sur lequel Maxence Danguy a trouvé le chemin des filets. ©Ligue de Normandie

Lors de ce match contre l'AS Cherbourg actant la montée du FC Saint-Lô en N3, Tony Lambard s'est montré décisif en obtenant le coup franc sur lequel Maxence Danguy a trouvé le chemin des filets. ©Ligue de Normandie

Le FC Saint-Lô ne pouvait pas rêver d’un meilleur scénario pour acter sa montée en National 3 qu’une victoire dans le derby de la Manche, contre son rival cherbourgeois (1-0). "Ça nous tenait à cœur de terminer le boulot ce week-end. J’étais branché sur ce match dès le lundi précédent", rembobine Tony Lambard, l’un des historiques de la maison saint-loise avec ses neuf saisons d’ancienneté, sans oublier un premier passage entre 2013 et 2015. Il faut dire que pour son équipe, l’équation était simple : un succès aux dépens de son dauphin lui garantissait de composter son billet pour l’étage supérieur à quatre journées du terme. Et si le spectacle n’a pas été au rendez-vous ce samedi, les protégés de Pierre Asselin ont assuré l’essentiel. Un coup franc « malicieux » de Maxence Danguy inscrit à la 80’ a envoyé les « Bleus » au septième ciel. "Ça me fait vraiment plaisir que ce soit Maxence qui ait marqué. C’est un chouette gamin et un très bon joueur. Il met énormément d’énergie dans ses matchs. Et puis, il est comme moi, il vient de l’ES des Marais", souligne, avec un grand sourire, le natif de Carentan qui avait obtenu ce coup de pied arrêté.

Un but qui a comblé de joie le millier de spectateurs présents à Louis-Villemer. "Voir des gens heureux, avec le sourire sur leur visage… Se dire qu’on leur apporte un peu de bonheur juste avec un petit ballon, émotionnellement, ça touche", témoigne l’attaquant du FC Saint-Lô qui n’a pu s’empêcher d’écraser quelques grosses larmes après le coup de sifflet final. "Des émotions comme celles-ci, on n’en vivra pas 36 000 dans une carrière", ajoute celui qui a déjà connu deux accessions avec le CS Carentan, de DHR en DSR à l’époque, et l’US Granville en CFA, en 2016, "en tant que meilleur deuxième". "On ne s’en rend pas forcément compte de l’extérieur mais être footballeur amateur demande beaucoup d’investissement", pointe cet éducateur sportif travaillant avec des enfants en situation de handicap, également papa d’un « petit » Nino, 4 ans et demi. "Heureusement que Madame est là pour gérer pas mal de choses". Référence à sa compagne, Justine, loin de chômer elle aussi dans sa vie professionnelle avec une profession d’infirmière libérale.

Stop ou encore pour Tony Lambard ?

Auteur d’un parcours quasi-parfait en R1, avec 15 victoires en 18 sorties (!), le FC Saint-Lô ne partait pourtant pas avec la faveur des pronostics sur la ligne de départ au mois de septembre. Dans la foulée de sa relégation de National 3, l’été dernier, le club manchois a opéré sa mue : nouveau président (Denis Lavalley a succédé à Thibault Deslandes), nouvel entraîneur (Pierre Asselin à la place de Guillaume Maillot), nouveaux joueurs avec la promotion d’espoirs locaux. "Quand on a commencé la prépa, j’ai vu qu’on avait plein de jeunes talentueux, mais je me disais que ça serait dur face aux effectifs d’Evreux, Flers ou Cherbourg, avec des joueurs déjà calibrés pour le N3", commente Tony Lambard. Mais la relève saint-loise a surpris tout son monde, y compris en interne. "C’est vrai qu’on a des pépites qui ont réalisé une saison incroyable, à l’image de Jules Alexandre, notre piston droit. Il a fait un championnat stratosphérique. Il m’a un peu bluffé. Quand il a été absent (à cause d’une blessure à une épaule), on s’est aperçu de tout ce qu’il nous apportait".

S’ils retrouvent le niveau national, un an après l’avoir quitté, les « Bleus » le doivent en grande partie à leur architecte, Pierre Asselin. "Le coach a su créer une équipe, c’est vraiment incroyable. Malgré un effectif de 26 joueurs, il a gardé tout le monde concerné. Du coup, dès qu’on avait un absent, un blessé, leurs remplaçants accomplissaient le taf comme les titulaires", analyse l’attaquant qui rend également hommage à deux hommes de l’ombre : Julien Althofer, le préparateur physique, et Romain Sorel, en charge de la réathlétisation. "Dans le vestiaire, on se le dit entre nous, on a une chance incroyable de les avoir". L’ex-Granvillais est bien placé pour témoigner du rôle prépondérant de ces deux étudiants en Staps (Sciences et techniques des activités physiques et sportives). "En début de saison, je souffrais de mes douleurs inflammatoires aux tendons d’Achille. Je n’en voyais pas le bout. Julien et Romain m’ont remis sur pied, je me suis senti comme à mes 20 ans". De quoi prolonger le plaisir sur les terrains encore au moins une saison supplémentaire ? Rien n’est moins sûr. "Si j’écoute mon cœur, j’ai envie de continuer, mais le N3 ne demande pas le même investissement, ne serait-ce que pour les déplacements…" La Normandie du football n’est pas prête à voir Tony Lambard raccrocher les crampons.

Mathieu BILLEAUD

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