Site icon Foot Normand
CDF féminine. 1/4 de finale - SM Caen (D3) / Paris FC (D1), dimanche 15 mars à 15H

D’Ornano, un pur « kiff » pour les féminines de Malherbe

Pour la première fois de sa jeune histoire, la section féminine de Malherbe (D3), lancée en 2019, évoluera à d’Ornano. 6 000 spectateurs sont attendus. Avant leur quart de finale de Coupe de France, dimanche, contre le Paris FC (Arkema Première Ligue), les joueuses de Tristan Blanchard ont eu le droit de s’entraîner, jeudi soir, sur la pelouse habituellement réservée aux « pros ». Elles n’en ont pas perdu une miette.
Jeudi soir, les filles de Tristan Blanchard ont eu le droit de s'entraîner sur la pelouse de d'Ornano. Un formidable cadeau d'anniversaire pour les 21 ans de Juliette Arthur.

Jeudi soir, les filles de Tristan Blanchard ont eu le droit de s'entraîner sur la pelouse de d'Ornano. Un formidable cadeau d'anniversaire pour les 21 ans de Juliette Arthur.

Un rendez-vous de prestige attend les filles de Tristan Blanchard, ce dimanche (15 mars). Petit Poucet de la Coupe de France, le Stade Malherbe, pensionnaire de D3, recevra en quart de finale le Paris FC (Arkema Première Ligue), tenant du titre. Avant cette affiche de gala, la rédaction de Foot Normand vous propose un focus sur la section féminine du club caennais. Quatrième volet de cette semaine spéciale sur les coulisses de cette délocalisation à d'Ornano.

"Jouer à d’Ornano, c’est un truc de fou, on est trop contentes. On est hyper reconnaissantes envers le club de nous offrir ce cadeau". Interrogée dans le cadre du reportage en inside que nous lui avons consacré cette semaine, Zina Catherine-El Asri résume parfaitement l’état d’esprit du groupe de Tristan Blanchard à la veille d’évoluer dans l’antre des « pros ». "C’est un beau jardin", se réjouit d’avance Eva Lauret, invitée du podcast « Rouge et Bleu ». "Ça va être très émouvant de fouler la pelouse. J’ai vraiment hâte", surenchérit sa coéquipière Inès Brahmia-Erhel. "Je me rappelle être venue voir des matchs de Ligue 1 avec mon père. A l’époque, j’étais dans mon petit club de la Manche (le FC Equeurdreville-Haineville), jamais je n’aurais imaginé jouer dans ce stade". A l’image de sa milieu de terrain, d’habitude, c’est en tant que spectatrices-supportrices que les Caennaises observent les débats des tribunes. Dimanche, ce seront elles les actrices.

Un événement. Et pour cause, depuis la création de la section féminine en 2019, c’est la première fois que les filles de Malherbe disputeront une rencontre à d’Ornano ! Car en championnat, Morgane Hauvet et ses partenaires ont depuis le début établi leurs quartiers à Venoix, autre enceinte historique du SMC. Néanmoins, au moment de choisir le lieu pour ce quart de finale de la Coupe de France, le doute n’a pas animé très longtemps les dirigeants normands. Il faut dire que cette affiche de gala, contre le Paris FC (D1), tenant du titre, représente une occasion unique de porter un coup de projecteur sur le football féminin dans l’agglomération caennaise. Ainsi, la SASP a mis à disposition gratuitement d’Ornano ! L’association, qui a récupéré la gestion de la section depuis l’été dernier, devant « seulement » s’acquitter des frais liés aux prestataires (sécurité, ménage, logistique..). 15 000 € quand même ! 

"La date a été cochée par tous nos proches. De voir tout le monde dans les tribunes, ça sera vraiment touchant"

Inès Brahmia-Erhel

Mais avec pratiquement 5 000 places vendues à 24 heures du jour J (auxquelles s’ajoutent 700 invitations pour les licenciés, les salariés et les partenaires du club), Malherbe est sur le point de remporter son pari en équilibrant son budget. Avec des tickets au tarif unique de 5 €, on doit bien reconnaître que le SMC a mis tous les atouts de son côté pour attirer le plus grand nombre. Et les protégées de Tristan Blanchard ont largement contribué à remplir les gradins du stade. Alors qu’elles ont bénéficié chacune de deux invitations, certaines joueuses ont acheté des dizaines de billets supplémentaires pour des membres de leur famille, des amis… Le record appartenant à Zina Catherine-El Asri avec 79 places ! "La date a été cochée par tous nos proches. De voir tout le monde dans les tribunes, ça sera vraiment touchant", confie Inès Brahmia-Erhel.

Des crampons spécialement achetés pour ce quart !

Afin de se familiariser avec leur nouvelle aire de jeu pour ce quart de finale, Zélie Mainier-Delarue, Hilde van Herwijnen, Sarah Chauvin et leurs coéquipières ont même eu le privilège de s’entraîner sur d’Ornano, jeudi. "Ça donne un avant-goût", se projette Clémence Palla. "On va pouvoir prendre nos repères et s’habituer aux largeurs du terrain", expliquait Eva Lauret dans le podcast. Quand on sait à quel point les jardiniers sont pointilleux (pour ne pas dire plus) sur l’utilisation de la pelouse, c’est une jolie preuve de reconnaissance. Il y a deux mois, les footballeurs du Bayeux FC (R1) n’avaient pas eu le droit à cet honneur avant de défier Marseille. "C’est l’occasion de découvrir le lieu où on se produira dimanche", a lâché Tristan Blanchard devant son groupe, réuni dans le vestiaire des « pros », avant la séance du soir. "Savoir que dimanche, on sera dans ces vestiaires, l’émotion est forte", ne cache pas la toute jeune Jade Arsène.

"La première fois que j'ai vu le vestiaire, j'étais avec mon club de Marigny, j'avais 12 ans, j'étais déjà émerveillée"

Clémence Palla

"Le vestiaire, c’est peut-être le plus impressionnant. La première fois que je l’ai vu, j’étais avec mon club de Marigny (Manche), j’avais participé au jeu à la mi-temps. J’avais 12 ans, j’étais déjà émerveillée", se souvient Clémence Palla. "Je ne me suis encore jamais changé dedans. J’espère que ça sera pour dimanche", lance, un brin superstitieuse, Juliette Arthur, l’une des cadres du collectif « Rouge et Bleu ». "L’idée, c’est de vous enlever cette appréhension par rapport au contexte pour que vous soyez décontractées le jour du match", délivre comme consigne le coach malherbiste. Et le moins que l’on puisse affirmer, c’est que « ses » joueuses n’ont pas boudé leur plaisir de se préparer dans un tel cadre. N’est-ce pas Madame Alizée Leroty.

Dans un vibrant hommage, volontaire ou non, à Manu Imorou, l’attaquante s’est fendue d’une célébration en glissant sur ses genoux sur le gazon de d’Ornano (les vrais auront la réf’). L’histoire ne retiendra pas que c’est après avoir manqué son tir au but sur l’exercice final ! Après tout, les scènes de joie se répètent aussi. "Même sans public, c’est impressionnant. Ce n’est pas rien d’être ici. On n’a pas envie que ça s’arrête", reconnaît Clémence Palla. "C’est la première fois que je foule cette pelouse. Le terrain, il est trop propre", enchaîne Juliette Arthur. Difficile de rêver plus beau cadeau d’anniversaire pour la défenseure qui a soufflé, ce jeudi, sa 21e bougie ! Pour l’occasion, certaines ont même acheté une nouvelle paire de chaussures, avec des crampons vissés bien entendu. "Je fais partie de ces filles", assume Clémence Palla, le sourire jusqu’aux oreilles. "Je ne sais pas quand elle va resservir derrière". Il est vrai que les Caennaises n’évoluent quasiment que sur surface synthétique, le reste de la saison. "On en profite, on kiffe, on ne se pose pas trop de questions". Eh bien Mesdames, profitez, kiffez, ne vous posez pas trop de questions. Et rendez-vous dimanche.

> Coupe de France féminine. 1/4 de finale - SM Caen (D3) / Paris FC (D1), dimanche 15 mars à 15 heures au Stade Michel-d'Ornano.

Mathieu BILLEAUD

A lire aussi :

> Pourquoi la section féminine de Malherbe performe-t-elle autant cette saison ?

> [Podcast] "La date a été cochée par tous nos proches"

> [Vidéo] Une journée avec... Zina Catherine-El Asri

Quitter la version mobile