Il y a un mois, jour pour jour, le 13 janvier, le BFC (R1) défiait l’OM dans un Stade Michel-d’Ornano à guichets fermés (20 500 spectateurs). Si l’épopée en Coupe de France est terminée, les joueurs d’Eric Fouda vivent toujours un rêve éveillé. Le 3 février, à l’initiative de l’un des partenaires de la « Vieille Dame », le Petit Poucet des 16e de finale s’est rendu au Vélodrome. Au programme : visite de l’enceinte marseillaise, rencontre avec Mamadou Niang et le 8e des Olympiens contre Rennes (3-0). La délégation bayeusaine qui va finir par devenir un habitué des lieux puisqu’elle y retournera dans les prochaines semaines à l’invitation, cette fois-ci, du club phocéen. "Je crois que l’OM a particulièrement apprécié l'accueil qu'on lui a réservé", rapporte Luis Ferreira-Pavesi. Avec ses collègues membres du bureau, le président avait préparé des paniers garnis, typiquement normands, pour son homologue marseillais, Pablo Longoria, le directeur du football, Medhi Benatia et l’entraîneur de l’époque, Roberto De Zerbi*. "On avait à cœur de montrer que même si on est des amateurs, on sait recevoir".
L’OM lui avait largement renvoyé l’ascenseur ; les dirigeants olympiens ayant laissé leur part de recette au Petit Poucet normand, 115 000 € tout de même ! Sur les 300 000 € de billetterie provenant de cette affiche de gala, il a fallu, bien sûr, retrancher de nombreux frais inhérents à l’organisation (sécurité privée, forces de l’ordre, traiteur/brasseur…), dont la location de d’Ornano. "Mais Malherbe a été très classe en nous appliquant un tarif partenaire", précise Luis Ferreira-Pavesi ; le BFC appartenant aux réseaux de clubs régionaux liés par convention avec le SMC. Malgré ces charges, l’aventure en Coupe de France a laissé un beau petit pécule aux « Jaune et Bleu ». "Il va nous rester environ 250 000 € de bénéfice. 90% de cette somme étant issue du match contre l’OM", comptabilise le président bayeusain qui n’oublie pas non plus les recettes générées par les rencontres face au Stade Malherbe (7e tour. 3-2) et Blois (32e. 1-0) à Henry-Jeanne. Plutôt pas mal pour un club dont le budget tourne autour des 430 000 €.
"On va acheter deux mini-bus. On en a déjà deux mais pour 500 licenciés, ce n'est pas assez"
Luis Ferreira-Pavesi
A ce montant de 250 000 €, il convient d’ajouter les 83 000 € octroyés par la Fédération pour la qualification jusqu’en 16e de finale (6 000 € au 7e tour, 12 000 € au 8e, 25 000 € en 32e, 40 000 € en 16e). C’est sur cette dotation fédérale que les primes négociées avec les joueurs seront prélevées. Et à l’avenir, à quoi servira cette rentrée d’argent non prévue ? "On va acheter deux mini-bus", lance d’emblée Luis Ferreira-Pavesi qui entend investir dans les infrastructures du BFC. "On en a déjà deux mais pour 500 licenciés, ce n’est pas assez. Et comme on a de plus en plus d’équipes au niveau régional, ils sont très sollicités". Le représentant du Bessin investira également sur ses éducateurs en leur finançant des diplômes (BMF - BEF - BPJEPS) "afin de monter en compétences". Des placements financiers seront aussi effectués pour que cette manne se pérennise le plus longtemps dans le temps. A Bayeux, la Coupe de France a vraiment laissé un bel héritage.
MB
*« D’un commun accord », comme le veut la formule consacrée dans le communiqué du club marseillais, l’OM et Roberto De Zerbi se sont séparés d’un commun accord, mardi, quatre jours après une lourde défaite face au PSG (5-0).
En championnat, l’épopée a plutôt été bien digérée
Alors qu’on lui promettait l’enfer après la fin de son incroyable parcours en Coupe de France, le Bayeux FC a plutôt bien négocié son retour à son pain quotidien ; c’est-à-dire le Régional 1. Dix jours après son élimination, les joueurs d’Eric Fouda ont décroché ce qui peut s’apparenter à un « bon » point sur la pelouse de l’AS Cherbourg (1-1), l’une des équipes les plus en forme actuellement de la poule B (3e à quatre longueurs du leader saint-lois, avec un match en plus). La semaine suivante, les « Jaune et Bleu » se sont imposés aux dépens de Flers (3-0).
A noter que si cette aventure dans cette « Vieille Dame » a laissé des traces sur le plan physique (Paul Aubel vient d’être opéré d’une fracture du cinquième métatarse), 90% de l’effectif qui a participé au 16e de finale contre l’OM était sur le pont pour ces deux rencontres de championnat. Réduit au chômage technique depuis ; ces deux matchs face à Gonfreville et la réserve du HAC ayant été reportés à cause de pelouses impraticables, le club du Bessin pointe en 7e position (sur 12 engagés) de son groupe, avec entre une et trois journées de retard sur ses concurrents directs pour le maintien*.
*En fonction du nombre de descentes de clubs normands de N3, il pourrait y avoir trois à quatre relégations dans chaque poule de R1.






