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Malgré des solutions offensives moins nombreuses, Maxime d'Ornano garde la tête froide

L'entraîneur du FC Rouen Maxime d'Ornano, ici à droite, ne s'inquiète pas outre mesure des départs de Christopher Ibayi et de Farès Ghedjemis. ©Damien Deslandes

L'entraîneur du FC Rouen Maxime d'Ornano, ici à droite, ne s'inquiète pas outre mesure des départs de Christopher Ibayi et de Farès Ghedjemis. ©Damien Deslandes

Comme attendu (et redouté) avant les fêtes, la valse des grands départs a bel et bien commencé du côté du FC Rouen. Après Farès Ghedjemis parti en Italie du côté de Frosinone, c'est Christopher Ibayi qui a plié bagages la semaine dernière pour s'engager avec l'AC Ajaccio en Ligue 2. Dans ces opérations, si les caisses du club - en grand besoin de liquidité - ont fait le plein, l'entraîneur Maxime d'Ornano a surtout vu s'éclipser deux éléments offensifs qui pesaient à eux seuls 12 buts en National sur les 24 inscrits par les « Diables Rouges » depuis le début de saison. "On a perdu deux très bons joueurs influents dans notre façon de jouer, mais numériquement on arrivera à les remplacer", assure le coach du ton posé et calme qui le caractérise. "L'avenir nous dira si on s'en sort ou pas".

Alors qu'on pouvait craindre le pire sans les deux fers de lance de l'armada rouennaise contre Toulouse en Coupe de France, les Seinomarins sont tout de même parvenus à inscrire trois buts en l'espace de 90 minutes, ce qu'ils n'avaient su faire qu'à deux reprises en 17 matches de championnat. Comme quoi... "La meilleure réponse à tout ça, même si c'est une compétition différente du National, on l'a apportée en Coupe en marquant trois fois contre Toulouse, une Ligue 1", abonde Maxime d'Ornano, serein. "Le groupe est capable de répondre à ça. Sur quelle durée ? Je ne sais pas. Mais je préfère bonifier les présents plutôt que de me plaindre des absences".

"On a perdu deux très bons joueurs influents dans notre façon de jouer, mais numériquement on arrivera à les remplacer"

Maxime D'Ornano

Depuis quelques mois, la révélation Farès Ghedjemis et la machine à marquer Chris Ibayi avaient peut-être un peu éclipsé à travers leurs prestations pleines d'éclat que derrière leur réussite se cachait surtout un socle solide et un vrai groupe uni. "Je préfère insister sur la force collective du groupe", poursuit l'entraîneur. "Depuis le début de saison, les joueurs luttent contre les événements contraires : les blessures, les départs, les cinq points, le mauvais temps... Il y a un tas d'éléments contre le groupe, mais il a toujours su répondre. Pour moi, la force collective est plus forte que le reste". En l'état actuel des choses, en tentant de conserver la belle dynamique de son équipe, Maxime d'Ornano va quand même être contraint de changer ses têtes d'affiche dès le match en retard contre Nîmes, vendredi (19h30), mais pas forcément sa recette. "On doit recomposer, ça a déjà été le cas contre Toulouse, ce sera le cas lors des matches suivants, mais avec le temps on ne parlera plus de ça".

Malgré les départs, le FC Rouen a du talent à revendre

Aux départs d'Ibayi et de Ghedjemis devrait s'ajouter celui attendu de Sofyane Bouzamoucha qui, outre ses performances défensives de premier plan, est aussi le troisième meilleur buteur de l'équipe en National (3 réalisations). Pour palier ces départs, Maxime d'Ornano est convaincu qu'il a déjà en sa possession des joueurs en mesure de prendre le flambeau. La phase retour doit ainsi appartenir à des éléments qu'on a un peu moins vu jusqu'alors. "On a fait la première partie de saison sans pouvoir trop compter sur Hicham Benkaïd et Mohammed Ouadah, on peut inclure dans cette liste Zana Allée, qui reste un joueur offensif", expose l'entraîneur breton qui n'hésitera pas non plus à faire parfois appel au jeune Eldji Dia, titularisé contre Marignane (J17. 1-0, le 12 janvier). "Il est arrivé sur le tard de Gonfreville, avec la réserve, on l'a pris deux fois en Coupe de France. Il a intégré le groupe d'entraînement et il progresse".

"On fait une fixation sur l'attaque, mais pour moi, un match ça se gagne au milieu de terrain"

Maxime D'Ornano

Évidemment, le salut du FC Rouen ne doit pas passer par les performances d'un jeune joueur qui découvre à peine le troisième échelon national. "Je ne veux surtout pas lui faire porter le poids de l'équipe et de l'attaque, même s'il aura certainement plus de temps de jeu en deuxième partie de saison". Performant contre Toulouse et davantage cantonné au rôle de remplaçant de luxe (7 titularisations en National jusque-là), Damien Loppy risque quant à lui d'endosser un autre costume, quitte à devoir occuper un poste d'avant-centre qui n'est pas vraiment le sien. "J'ai des joueurs qui sont capables de se répartir les tâches", souligne Maxime d'Ornano.

Alors que l'on insiste fatalement sur la ligne offensive rouennaise qui s'est appauvrie, pour l'ancien joueur du Mans, ce qui compte, c'est de garder de nombreuses options au milieu. "On fait une fixation sur l'attaque, mais pour moi, un match ça se gagne au milieu de terrain", expose-t-il. "Tout dépend de la capacité que tu vas avoir de protéger l'accès à ton but par le biais des milieux, tout en alimentant correctement les joueurs offensifs en ballon". Quand on voit la manière dont Hicham Benkaïd a illuminé l'entrejeu contre Toulouse et tout le potentiel que peuvent garder au milieu Mustapha Benzia, Malik Abdelmoula et Ahmad Allée quand il reviendra de la Coupe d'Asie des Nations, l'espoir d'une fin de saison consistante reste permis. Et si dans tous ses malheurs, Maxime d'Ornano a aussi eu la malchance de perdre son arrière-gauche Amédé Kabongo jusqu'à la fin de saison contre le Téfécé (rupture du tendon d'Achille), là encore l'ancien coach du Stade Briochin, plutôt que de souligner le problème, a plutôt tendance à "chercher les solutions". Un leitmotiv gagnant jusqu'alors.

> N1. J18 - Nîmes Olympique (15e - 16 points) / FC Rouen (5e - 25 points), vendredi 19 janvier à 19 H 30 au Stade des Antonins.

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