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Elle sera soumis aux votes des clubs vendredi lors de l'assemblée générale

Défendue par la Ligue, la réforme du R1 est loin de faire l'unanimité chez les coachs

Avant de la soumettre aux votes de « ses » 650 clubs, ce vendredi, à l'occasion de son assemblée générale, la Ligue de Normandie a présenté ses arguments en faveur de sa réforme des championnats régionaux, avec notamment le passage à une poule unique en R1. Un projet loin de susciter l'adhésion chez les entraîneurs de cette division.
Président de la Ligue de Normandie, Romain Féret pense qu'une réforme des championnats régionaux est nécessaire pour accroître la compétitivité des clubs normands au niveau national. Damien Deslandes

Président de la Ligue de Normandie, Romain Féret pense qu'une réforme des championnats régionaux est nécessaire pour accroître la compétitivité des clubs normands au niveau national. Damien Deslandes

C'est un vote qui sera scruté de près ce vendredi soir lors de l’assemblée générale de la Ligue de Normandie (LFN), à Deauville. 650 clubs sont appelés à se prononcer sur la réforme des championnats régionaux. Trois scénarios seront proposés : deux légèrement différents, mais actant un changement radical, et un troisième en faveur du maintien du système en place (deux poules de R1, quatre de R2 et huit de R3). "C’est un processus démocratique. Au final, ce sont les clubs qui ont le dernier mot. Ce sont eux qui votent", tient à rappeler d'entrée Romain Féret. Le président de la LFN avait invité les médias ce lundi, pour présenter les différentes options dont nous nous étions déjà fait l'écho dans un article paru le 26 mai. "Nous tenions à présenter à la presse ces solutions, car nous avons vu trop de choses fausses circuler sur les réseaux sociaux notamment", précise le dirigeant de la Ligue, qui avait à cœur de procéder à un petit historique du football normand. "Jusqu’en 1980, il n’y avait qu’un seul groupe de Division d’honneur régionale. Ensuite, il y a eu une scission entre la Haute et la Basse Normandie, et depuis dix ans, nous sommes de nouveau réunis. Je me suis penché sur la saison 1979, la moyenne des spectateurs par match oscillait entre 1 000 et 1 500. Aujourd’hui, le monde a changé, évidemment, mais je pense que cette réforme peut faire briller notre football régional".

À l'origine de ce projet de réforme, la Ligue de Normandie évoque avoir dressé plusieurs constats. Tout d'abord, la compétitivité des équipes normandes en National 3 (futur N2). Par ailleurs, l'instance régionale mentionne qu’il n’y a que chez les seniors masculins que le championnat d'élite compte deux poules. "En R1 féminine, en U18... Il n’y a qu’un groupe et cela ne pose aucun souci", pointe celui qui est à la tête de la LFN depuis novembre 2024. "L’idée est de préserver l’attractivité du football normand, et dans le projet que je défends, la volonté d’un meilleur maillage du territoire. Dans d’autres ligues, c’est encore plus drastique. En Méditerranée par exemple, il n’y a qu’une seule poule en R1, deux en R2 et autant en R3". Romain Féret et son équipe estiment que le projet « 1-3-9 », soit un groupe de 14 équipes en R1, trois de 14 équipes en R2 et neuf de 12 équipes en R3, est celui qui leur semble le mieux adapté pour la Normandie. Il faut savoir que les règlements fédéraux sont stricts à propos de la pyramide du foot régional : chez les seniors, il ne peut se composer que de trois niveaux, avec pas plus de 14 formations par poule. Ce plan, s’il est retenu, verra les deux premières divisions réduire le nombre d'engagés (14 contre 24 en R1, 42 contre 48 en R2). Même si au final, avec la création d'un neuvième groupe de R3, les championnats régionaux, dans leur globalité, ne perdraient que quatre clubs.

Parmi les entraîneurs de R1 interrogés, 18 contre, seulement deux pour

"Ce neuvième groupe sera également mis en place pour qu’il y ait un meilleur maillage territorial. Cela nous permettrait de garder une empreinte sur les zones plus rurales, car aujourd’hui, les richesses sont plutôt concentrées sur les zones urbaines. Cela limitera aussi les frais de déplacements. Nous avons calculé une réduction d’environ 200 km par an et par club. Ce n’est pas rien en cette période où l’essence est chère", poursuit Romain Féret conscient qu’à l’heure actuelle, ces deux scénarios réformistes ne remportent pas l’unanimité. Pour preuve, les résultats de notre sondage réalisé auprès des 24 entraîneurs engagés en R1 pour la saison 2026-2027. Si trois d'entre eux ne nous ont pas répondu, et qu'un autre n'a pas eu l'autorisation d'y participer de la part de son bureau (!), 18 techniciens se sont exprimés contre cette réforme, pour seulement deux avis favorables. Les raisons de ce rejet : un changement trop brutal et un nombre de descentes trop important (à minimum, six relégations dans chacune des deux poules). "La peur de perdre sa place en R1 existe chez les présidents de clubs et chez les coachs", avoue Romain Féret. "Mais je pense qu’il faut la dépasser, et avoir une vision collective, sur le long terme".

Président de la commission régionale des compétitions, Viano Mendes est persuadé que cette réforme est nécessaire. "Un seul groupe nous éviterait des disparités de niveau. Avec une montée unique par poule, si une équipe domine totalement son championnat comme Saint-Lô cette année, le match est plié très tôt et les autres ne jouent plus rien. Dans une poule avec deux montées, vous pouvez avoir plus de suspense jusqu'au bout". La Ligue de Normandie met aussi et surtout en avant de mieux préparer les clubs à une possible accession en N2 (ex-N3). Avec pour objectif, que les équipes promues s’y maintiennent durablement. "Cette saison, il n’y a qu’une descente (de N3), le SU Dives-Cabourg qui pourrait être repêché. Avec nos deux montées, ça ferait une balance positive. À ce jeu-là, dans quelques années, plus il y aura de représentants normands en N2, et plus on aura de poids dans les décisions des groupes fédéraux auxquels je participe. Regardez le nombre de clubs bretons, ils ont du poids. S’ils ont moins d’équipes et nous plus, on pourrait avoir un groupe de N2 composé quasiment que de Normands", estime l'ancien joueur. "Je suis persuadé qu’à terme, les clubs normands se maintiendront en N2, et qu’on pourra trouver dix clubs de la région dans un même groupe (il y en aura huit la saison prochaine dans un nombre de poules à définir)". Reste pour Romain Féret et ses équipes à convaincre d'ici vendredi une majorité de clubs du bien-fondé de leur démarche.

Florian POLTEAU-GOMEZ

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