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Les Normands et la Coupe du Monde 2026

Passé par le HAC, Evreux et le FC Rouen... Et si Farès Ghedjemis s'invitait à la Coupe du Monde avec l'Algérie ?

Deux ans et demi après avoir quitté la Normandie, en ayant notamment épaté son monde du côté du FC Rouen, Farès Ghedjemis n'a jamais cessé de progresser. Alors qu'il vient d'aider son club de Frosinone à retrouver la Serie A italienne, l'ex-Ebroïcien est aussi récemment devenu international en disputant son premier match avec les Fennecs. Alors que la Coupe du Monde 2026 est imminente, il s'agit désormais de savoir si le sélectionneur de l'Algérie, Vladimir Petković aura été convaincu par ses exploits au point de l'emmener dans ses valises aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique.
Farès Ghedjemis a fêté son baptême du feu avec les Fennecs au mois de mars, contre le Guatémala. ©Instagram FG

Farès Ghedjemis a fêté son baptême du feu avec les Fennecs au mois de mars, contre le Guatémala. ©Instagram FG

Ses dribbles chaloupés, sa vitesse d'exécution et son pied gauche destructeur n'ont eu beau enchanter le Stade Robert-Diochon que l'espace de six mois (juillet-décembre 2023), Farès Ghedjemis (23 ans) a laissé une trace indélébile dans la mémoire des fans du FCR. Sous le maillot des « Diables Rouges », le Franco-Algérien, en pleine explosion, a logiquement attiré l'attention d'un club professionnel. Et c'est à Frosinone, en Italie, qu'il s'épanouit depuis maintenant deux ans et demi. "Le coach Maxime d'Ornano avait énormément insisté pour que je vienne à Rouen", rembobine, pour nous, l'ailier droit. "Il m'a énormément fait progresser, il m'a donné beaucoup de confiance. En National, j'ai fait six gros mois et j'ai pu rejoindre la Serie A à la mi-saison". Non gardé par son club formateur, Troyes, n'ayant pas eu davantage de réussite au HAC qui ne lui a pas non plus proposé de contrat professionnel après l'exercice 2021-2022, malgré toute l'estime que lui portait l'entraîneur de la réserve à l'époque, Michaël Lebaillif, le natif de région parisienne est un revenant. "C'est le football senior ! Après Le Havre, j'avais un plan bien précis dans ma tête, c'était de passer par le National 2, pour aller toucher le National et ensuite arriver au monde professionnel". Pari réussi !

Sur sa feuille de route, Farès Ghedjemis a opté pour le projet ébroïcien, tout juste promu en N2, mais l'attaquant a rapidement subi les affres financiers du club eurois et, n'ayant pas non plus trouvé sa place dans le collectif de Romaric Bultel, il s'est résigné à plier bagages à l'hiver, direction Vannes, autre pensionnaire de ce niveau, où tout a soudain changé pour lui. "Je savais que j'avais six mois pour tout casser, et ce fut un déclic mental. J'ai mis toute ma motivation, tout ce que j'avais en moi". Ce sont ses performances épatantes en Bretagne (six buts pour quatre passes décisives) qui, malgré la relégation du VOC, ont enthousiasmé Maxime d'Ornano. Le technicien l'a alors enrôlé pour accompagner les « Diables Rouges » dans leurs retrouvailles avec le National. La suite, vous la connaissez...

"Maxime D'Ornano m'a énormément fait progresser, il m'a donné beaucoup de confiance"

Depuis qu'il a quitté la Normandie après avoir épaté son monde en troisième division française, qu'a vécu Farès Ghedjemis ? Arrivé à Frosinone dans la peau d'un illustre inconnu, l'ex-Rouennais a été propulsé dans le grand monde de la Serie A, avec un club à la lutte pour sa survie. Une quête de maintien qui s'est finalement révélée vaine. "Ça n'a pas été facile, c'est sûr, c'était un changement de pays", raconte celui qui fut un temps sur les tablettes du SM Caen, époque Olivier Pickeu - Yohan Eudeline. "Dans le vestiaire, ça parlait beaucoup plus italien qu'anglais, donc il a fallu vite apprendre la langue. Mais moi, je suis vraiment passionné de foot. Le fait de me retrouver sur les terrains de Serie A, de jouer dans ce championnat, pour moi, ça comptait plus que tout. Grâce au foot, l'adaptation s'est faite assez facilement". Après six apparitions dans l'élite italienne, le gaucher a pu vivre une vraie saison d'adaptation en Serie B en 2024-2025 (21 apparitions pour deux buts et une passe décisive), mais c'est véritablement depuis le mois d'août dernier qu'il a franchi un immense palier, au point de toquer à la porte de la sélection algérienne.

La Coupe du Monde 2026, un rêve pas si farfelu

Plus que toquer à la porte des Fennecs, Farès Ghedjemiss a en réalité fini par franchir le seuil de l'équipe nationale au mois de mars. Le sélectionneur Vladimir Petković l'ayant inclus dans sa revue d'effectif. "Cette convocation représente beaucoup d'émotions et beaucoup de fierté. C'est sûr que la première sélection est toujours spéciale", réagit l'intéressé. Mais après tout, comment pouvait-il en être autrement ? Avec Frosinone, l'ailier a pris une tout autre dimension cette saison. Elu joueur du mois de septembre en Serie B, il a claqué 15 buts et délivré trois passes décisives. Un exercice plein ponctué par une remontée en Serie A, le 8 mai, au sortir d'une démonstration aux dépens de Mantoue (5-0), au cours de laquelle il a de nouveau brillé. "Dès la fin de saison passée, j'ai commencé à jouer mon jeu, à redevenir le vrai Farès, celui de mes six mois à Rouen. Depuis, je continue mon parcours, je continue mon travail. Cette saison, le coach (Massimiliano Alvini) me donne beaucoup de confiance. On a vraiment un bon groupe, on produit un bon football".

"Avec l'Algérie, il y a ce rapport très spécial parce qu'à la maison, j'ai grandi avec cette culture algérienne"

Alors que des rumeurs fleurissent de part et d'autre sur l'intérêt à son égard de clubs encore plus huppés que Frosinone (en Angleterre ?), l'avenir immédiat autour de Farès Ghedjemis tourne évidemment autour de la sélection ; l'Algérie étant qualifiée pour la Coupe du Monde 2026. L'ancien Havrais a-t-il dès lors marqué suffisamment de points en mars, lui qui a trouvé la faille contre le Guatemala (7-0) dès sa première cape ? "J'ai été moi-même et j'ai tout donné. Après, dire que je suis un prétendant, ce serait un peu prétentieux, je trouve. Mais en tout cas, si on fait appel à moi, je répondrai présent à 100 %", assure le néo-international dans une modestie qui le caractérise.

Pour savoir si le fabuleux destin de Farès Ghedjemis le conduira jusqu'aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique, il faut attendre l'officialisation de la liste de Vladimir Petković. Ce qui est certain, c'est qu'avec son profil de gaucher très à l'aise côté droit ; qui n'est pas sans rappeler celui de Riyad Mahrez, l'une de ses idoles avec laquelle il évolue désormais en équipe nationale, celui qui a fait le bonheur du FC Rouen a de sérieux atouts à faire valoir, même si la concurrence s'annonce rude. Disputer le Mondial, dans un groupe où figurent l'Argentine, la Jordanie et l'Autriche, constituerait le rêve ultime de ce talent brut. "Avec l'Algérie, il y a ce rapport très spécial parce qu'à la maison, j'ai grandi dans une culture algérienne", pose le joueur. "Ma mère est née en Algérie et les parents de mon père aussi". Biberonné aux exploits des Fennecs, notamment ceux de 2014 (8e de finaliste face à l'Allemagne, qui a été titrée cette année-là), Farès Ghedjemis fait figure, aujourd'hui, à la Coupe du Monde. Mais qu'il s'y rende ou non, le Normand d'adoption peut être fier d'un admirable voyage fait de résilience, d'abnégation et d'efforts. "J'espère vraiment que mon parcours pourra inspirer des jeunes. Parce que ce n'était pas gagné. Je suis parti tout chercher tout seul".

Aurélien RENAULT

> Découvrez également l’entretien que Farès Ghedjemis a accordé à la FIFA avant le Mondial 2026.

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