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Un an après sa relégation, le club caennais retrouve le niveau national

Revivez la folle soirée de la montée en N3 de l'ASPTT Caen

Comme en 2023, l'ASPTT Caen a décroché sa montée en N3 lors de la dernière journée de championnat. Au terme d'un scénario renversant, les « Postiers » ont doublé leur concurrent direct, la réserve du FC Rouen. Récit d’une soirée où Léo Hamel, le capitaine, Laurent Dufour, le coach, et Yann Binet, le président, se sont retrouvés sur une autre planète.
La joie a été à la hauteur de l’enjeu pour les « Postiers » qui retrouvent le niveau national seulement une saison après l’avoir quitté. ©Félix Raoulx

La joie a été à la hauteur de l’enjeu pour les « Postiers » qui retrouvent le niveau national seulement une saison après l’avoir quitté. ©Félix Raoulx

Il est 19 H 30 ce vendredi quand le coup d’envoi de la dernière journée de R1 est donné sur les terrains normands. À ce moment précis, l’ASPTT Caen, qui reçoit l’USC Mézidon, pointe en deuxième position du groupe A, à deux points derrière la réserve du FCR. Des « Diables Rouges » qui évoluent, de leur côté, sur le terrain du Grand-Quevilly FC, un adversaire à la lutte pour son maintien. Un match nul suffit aux protégés de Raynald Bertin pour assurer une montée en N3. Pour les hommes de Laurent Dufour, la donne est tout autre. Pour coiffer au poteau les Rouennais, ils doivent l’emporter et espérer que leur concurrent direct soit défait dans le même temps. L’ouverture du score pour le GQFC d’Abdul Manfous Koné dès la 12’ ouvre la porte aux « Postiers » qui ne se feront pas prier pour l’enfoncer. Grâce à des réalisations de Sami Laabiss (14’), Nicolas Camillo (53’) et Kévin Quenéa (72’) entrecoupées d'un CSC de Damien Blondel (58’), ils ont rempli leur part du contrat. Mais leur rencontre ayant repris avec cinq minutes d’avance au retour des vestiaires, les « Jaune et Noir » ont patienté, tout en trouvant un moyen de savoir ce qui se déroulait au Chêne à Leu.

Durant toute la deuxième période, des informations contradictoires ont circulé au bord du terrain de « La Hache », en fonction de qui regardait quel réseau social, et de qui arrivait à contacter une personne sur place. Autour de la 70', un nouveau but de Grand-Quevilly est annoncé... à tort. Au coup de sifflet final, le temps au Stade Maurice-Fouque est donc suspendu. Le stress monte parmi le public et les joueurs de l'ASPTT qui se rassemblent avec les jeunes du club au centre du synthétique. Mohamed Fall, le n°13 des « Jaune et Noir », déniche un smartphone avec un « stream » d’une personne qui filme le match du FCR. L’image n’est pas stable et pixelisée, mais la qualité de la diffusion n'est pas la priorité. Sur le corner de la dernière chance, la montée de Thomas Sanglier, le portier rouennais, pour décrocher ce point si précieux pour les « Diables Rouges », accentue la tension. "Y a plus de gardien ! Y a plus de gardien", s’écrit le joueur, téléphone en main. Sur la contre-attaque qui suit, Bamou Diakhité inscrit finalement le second but quevillais. À Caen, le stade explose. Un an après leur relégation, les « Postiers » remontent en N3 à l’issue d’une soirée où tout leur a souri. Les scènes de joie se multiplient sur le « pré » puis dans les vestiaires, où le président, Yann Binet a droit à sa petite douche.

Un doublé coupe-championnat encore possible

Premier à décrocher une réaction, le capitaine Léo Hamel semble sur un nuage. "On fait ce sport parce qu’il nous procure ce genre d’émotions. C’est inimaginable ce qui se passe. Je n’y croyais plus, je voulais, mais je n’y arrivais pas. Dans ce genre de situation, on passe par tous les sentiments. C’est magnifique". Son fils dans les bras, le milieu de 33 ans essaie de remettre ses idées en place. "J’avais expliqué à mes coéquipiers qu’il ne fallait pas stresser, on a fait le boulot sur le terrain. Mais c’était intenable. À 4-0, je n’étais plus du tout concentré, je suis incapable de vous dire ce qui s’est passé à la fin du match". Malgré cet état second, le joueur formé à l'ASPTT n’en est pas le leader pour rien. Reprenant rapidement ses esprits, il se projette sur une fin de saison loin d'être terminée. "Nous n’avons passé qu’une seule saison au purgatoire. Là, on va savourer, mais dès lundi, il faudra se reconcentrer, car on peut faire un doublé avec la Coupe de Normandie. Ça va être facile de rester motivé après cette montée".

Son entraîneur Laurent Dufour a lui aussi vécu dans un monde parallèle ces ultimes instants. "C’est le meilleur scénario possible", réagit le technicien, avec des trémolos dans la voix et les yeux embués. "J’avais dit aux gars qu’il ne fallait pas avoir de regrets au bout des 90', qu’on en sortirait grandi, qu’on gagne ou qu’on perde. Après tout ce qu’on a donné, on n'a jamais rien lâché même après la défaite contre Rouen (J18. 2-0, le 18 avril). C’est la récompense pour tout un groupe, pour tout un club grâce aux personnes qui gravitent autour de l’équipe et à toute la formation qui est réalisée ici". Les remerciements passés, son récit de la fin de « son » match lui paraît irréel. "Je n’étais plus du tout concentré à la fin, j’étais complètement ailleurs. On n'a passé qu’une seule saison en R1. Maintenant, l’objectif sera d'y rester le plus longtemps possible. Ça ne va pas être simple, mais on donnera tout. On savoure et après, on aura le temps d'y réfléchir". En attendant, il y a donc un doublé coupe - championnat à décrocher. Prochaine étape : un quart de finale ce mercredi (3 juin) sur la pelouse de l’Olympique Pavillais (R2).

Florian POLTEAU-GOMEZ


Yann Binet : "On a un magicien qui s’appelle Laurent Dufour"

Passé, lui aussi, par toutes les émotions, le président de l’ASPTT, Yann Binet mesurait dès la fin de la rencontre la portée de cette accession et le travail accompli pour retrouver le niveau national. "C’est le scénario idéal. On est resté serein de notre côté, mais au loin, il y avait le FC Rouen, une belle équipe qui nous a battus deux fois cette saison. La possibilité qu'on monte était fragile. C’est dur. Il se profile un championnat de R1 avec un groupe unique qui ressemblera à l’ancienne N3 de Normandie, donc on monte peut-être au bon moment, avec une nouvelle appellation N2 qui est folle pour un club comme le nôtre. On est ravis, car on se débrouille avec les moyens du bord, mais on le fait bien".

Grâce, entre autres, à son coach. D'ailleurs, le dirigeant ne tarit pas d’éloges sur son entraîneur, premier responsable selon lui de cette « folie ». "On a un magicien qui s’appelle Laurent Dufour. Qui, tous les ans, me fascine de réussir ce qu’il fait. Recruter des garçons et construire des équipes qui jouent ensemble et pas que pour eux-mêmes, c’est impressionnant. Quand je vois d’où on est parti… Quand je suis arrivé il y a dix ans, mon prédécesseur, Guénaël Le Strat m’a fait découvrir ce club, il me l’a fait aimer. Je ne le remercierai jamais assez. On a vécu une montée en CFA2 puis deux en N3, et là, c’est la quatrième fois. C’est complètement dingue".

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