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Nouveau membre de la Team Normandie, l'athlète vise les JO 2028

Valentin Gondouin, le marathon olympique comme objectif

Valentin Gondouin fait partie des nouveaux visages de la Team Normandie annoncée fin 2025 par la Région. Alors qu'il avait débuté par le foot (AS La Selle La Forge, US Alençon, US Avranches, FC Flers) avant de se tourner vers la course à pied, le kinésithérapeute résidant à Granville vise désormais une place aux Jeux Olympiques de Los Angeles 2028 sur le marathon. Une distance qu'il découvre encore, mais sur laquelle le sociétaire du Stade Saint-Lois Athlétisme performe déjà et possède, selon lui, une belle marge de progression.

Pour obtenir son ticket pour les JO 2028 à Los Angeles, Valentin Gondouin devra obtenir les minima en temps sur le marathon mais également faire partie des trois meilleurs français. ©François Bellanger

Parcours, course à la qualification, souvenirs olympiques... En partenariat avec la Région Normandie, la rédaction de FOOT NORMAND a décidé de mettre à l'honneur les athlètes de la Team Normandie. Paris 2024 désormais dans le rétroviseur, tous se projettent sur les Jeux Olympiques et Paralympiques de Los Angeles, en 2028.

Son parcours

"J'ai fait partie des U17 nationaux de l'US Avranches"

À l'instar de Justine Lemetayer, qui a commencé par le handball avant de basculer vers la planche à voile, Valentin Gondouin ne s'est pas orienté vers l'athlétisme dès son plus jeune âge. Chez lui, plus jeune, c'est plutôt le foot qui obtenait ses faveurs. "J'ai commencé par le baby-foot puis j'ai joué de 6 à 18 ans à La Selle-la-Forge (dans l'Orne), proche de chez mes parents. Ensuite, j'ai évolué en U15-U16 à Alençon. J'ai aussi effectué le sport-études au Lycée Littré (à Avranches), en même temps que j'ai fait partie des U17 nationaux de l'US Avranches, avant de finir à Flers. Le foot a bercé ma jeunesse". En parallèle, il disputait les traditionnels cross scolaires et s'est rapidement aperçu qu'il disposait de quelques prédispositions. "Ça se passait plutôt bien à chaque fois. J'avais quelques facilités. Donc, à 19 ans, j'ai choisi la course à pied. Je voulais savoir ce que ça donnerait en s'entraînant. J'ai commencé durant mes études. La première année, j'ai fait STAPS pour pouvoir ensuite entrer en école de kiné".

Au regard de ses aptitudes dans cette discipline, le « néo-runner » n'a pas eu un instant l'idée de se lancer dans d'autres disciplines comme les lancers ou les sauts. "La course et les sports d'endurance étaient ce qu'il y avait de plus en adéquation avec mes capacités, et ma volonté". Alors qu'il s'était orienté vers le cross-country et le demi-fond avec des distances de 5 et 10 km, Valentin Gondouin a basculé depuis quelques années vers le semi puis vers le marathon. "Pour plusieurs raisons. Déjà d'une, on pense, avec mon coach, Adrien Taouji, que c'est là où je vais avoir le plus de facultés à performer à haut niveau. Et on se dit aussi que c'est là que les minima pour les Jeux sont, je ne dirais pas les plus simples, mais en tout cas les plus atteignables pour moi au vu de mes qualités physiques. Et puis il faut bien se spécialiser dans une distance, parce que c'est bien beau d'être à peu près bon partout, mais il faut essayer d'être très fort quelque part".

Son évolution vers la longue distance

"Mes deux marathons ont été les courses les plus difficiles dans ma vie"

Désormais tourné vers la plus mythique des distances, Valentin Gondouin dispose encore d'une grande marge de progression. "Les premières fois, il y a plein d'éléments nouveaux à gérer. C'est difficile d'être fort dès le début. Il faut de l'expérience, car il y a plein de choses à intégrer : la gestion de la course, l'hydratation, la nutrition…" Le kiné est également à l'écoute de son principal outil de performance. "Notre corps s'adapte tout le temps à ce qu'on lui propose. Le tout, c'est de le faire progressivement. Cela fait un moment que je m'entraîne plutôt bien en termes de volume, donc j'ai l'habitude d'encaisser. S'il y a une fatigue, elle est plutôt nerveuse ou mentale que physique. C'est par rapport à cet aspect qu'il faut s'écouter". Sur 42,195 km, les athlètes repoussent souvent leurs limites et il faut avoir une volonté de fer pour se surpasser. "Les défaillances arrivent à tout le monde. Les deux marathons que j'ai courus ont été les courses les plus difficiles dans ma vie. Le corps et l'esprit te disent d'arrêter, mais au final, tu ne le fais jamais, car tu vas toujours chercher plus loin".

Avec pour le moment seulement deux épreuves disputées dans sa carrière, Valence en 2023 et en 2025, Valentin Gondouin a tout de même porté son record personnel en Espagne le 7 décembre, avec une performance de 2 h 7'54", ainsi qu'une 17e place à la clé. "En termes de densité, c'est l'un des meilleurs marathons du monde pour améliorer ses performances. En revanche, il a fait chaud, ce n'était pas idéal et du coup, la deuxième partie n'a pas été évidente". Ce qui montre que le coureur, dans des conditions optimales, en a encore sous le pied. Car si son record personnel reste, pour le commun des mortels, exceptionnel, il ne semble pas partager cet avis. "Beaucoup de gens me disent ça, mais je n'arrive pas à m'en contenter. Je ne veux pas mentir, ça ne me satisfait pas du tout pour l'instant. C'est ce qui va me pousser à aller chercher plus haut. Je peux faire encore mieux. Quand j'aurais réussi à optimiser les éléments de gestion de l'effort et de nutrition, je pense que le chrono sera bien meilleur". Dans cette optique, il faut donc aussi choisir des épreuves dont les parcours favorisent les « perfs ». La ville espagnole et Berlin, la capitale allemande, sont alors considérés comme plus propices en raison de leur « platitude ». "On connaît bien ces tracés très roulants. Si on veut faire un chrono, il faut donc bien choisir sur quelle épreuve on s'aligne".

Son chemin vers Los Angeles 2028

"Ce sont les étapes intermédiaires amenant aux Jeux qui me motivent beaucoup"

Celui qui à ce jour n'a donc disputé que deux fois l'épreuve longue distance vise une place aux Jeux Olympiques de Los Angeles. Mais pour atteindre cet objectif, il faut adopter une nouvelle stratégie. "Le but évidemment, c'est de ne pas attendre deux ans entre chaque course. Mais il faut vraiment que le corps enregistre l'allure à tenir, qu'il prenne de l'expérience sur la distance, qu'il apprenne à courir et à résister. L'idée, c'est d'en faire plus. Celui de Valence 2026 est déjà programmé. Et avec mon entraîneur, on aimerait bien faire les Championnats d'Europe cet été à Birmingham (Royaume-Uni). Mais pas en mode chrono. Vraiment apprendre la course, sans montre, au feeling, avec la gestion de l'effort et la bataille pour un titre". Deux courses dans l'année, est-ce que le corps peut suivre ? Avec l'évolution des gains marginaux, l'athlète pense que oui. Trois seraient peut-être plus compliqués, en tout cas pour lui. "Aujourd'hui, un marathon laisse beaucoup moins de traces qu'avant. Il est plus facile de récupérer et de repartir à l'entraînement même si ça reste dur. Il y a des gens qui arrivent à en enchaîner plusieurs dans une année".

Pour décrocher son billet pour les JO aux États-Unis, Valentin Gondouin devra obtenir sa qualification via des minima, et être sélectionné par la Fédération française d'athlétisme. "Plus de deux ans avant, les chronos requis ne sont pas encore sortis. Mais en plus de ce temps, il faudra être dans les critères de sélection de la Fédé ainsi que dans les trois meilleurs Français. On sera certainement entre cinq et sept à se battre pour ces places". Et les Jeux, est-ce qu'il en rêve ? Oui évidemment. "Je pense que c'est le rêve de tout athlète. Il n'y a rien de plus grand, ça reste un objectif. Mais je ne suis pas obnubilé par ça. C'est l'objectif final, mais le chemin pour y arriver m'anime aussi. Ce sont les étapes intermédiaires qui me motivent beaucoup. Ça me permet aussi de m'en détacher un peu, car ce n'est que dans deux ans. Ça va vite, mais il y a tellement d'étapes avant". Deux ans, ça passe pourtant rapidement, et aucun impair ne sera toléré dans sa préparation s'il veut s'envoler pour la Californie.

Florian POLTEAU-GOMEZ

©Pierre Galliot - Région Normandie
©Pierre Galliot - Région Normandie

Valentin Gondouin

  • Née le 4 mars 1999 (27 ans).
  • Disciplines : marathon, demi-fond et cross-country
  • Club : Stade Saint-Lois Athlétisme (Manche)
  • Kinésithérapeute

Palmarès

  • Record personnel sur marathon : 2 h 7'54"
  • 2e à la Coupe d’Europe du 10 000 m (2025)
  • 3e du Championnat d’Europe de semi-marathon (2024)
  • 4e meilleur performeur français de l’histoire sur 10 km (2025, record personnel : 27'23")
  • 3e meilleur européen au Championnat du Monde de semi-marathon (2023)
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