Un pensionnaire de D1 départementale qui élimine une écurie de R1, quand bien même celle-ci est promue à ce niveau, ce n’est pas banal. C’est d’ailleurs le plus bel exploit qui a été réalisé au 3e tour de la Coupe de France, en Normandie, il y a deux semaines. Il est à créditer au FC Val & Grèves, né de la fusion à la fin de la saison dernière des clubs du Val-Saint-Père et de Marcey-les-Grèves. La bande à Victor Deshayes est venue à bout de l’AS Tourlaville (0-0, 5-4 tab). "Alors que tous nos tireurs ont fait le travail, notre gardien, Clément Guerault a sorti la troisième tentative adverse", rembobine le technicien (27 ans). C’est à Evan Arondel, le plus jeune joueur du onze de départ (18 ans), qu’est revenue ensuite la charge de transformer l’ultime essai. "Que ce soit lui qui nous envoie au 4e tour, c’est tout un symbole. Il fallait le mettre ce cinquième tir, contre une R1. Ça ne se produit pas tous les jours".
Pour en arriver jusqu’à cette séance fatidique, le FC Val & Grèves a signé une première performance : préserver ses cages inviolées l’espace de 90’. "L’idée, c’était de faire douter notre adversaire un maximum, de le gêner le plus longtemps possible en gardant le score vierge. Avec l’absence de prolongation, le chrono tournait en notre faveur. Plus le temps passait, plus l’espoir grandissait chez nous", analyse Victor Deshayes, assisté sur le banc par Frédéric Guerault. A son avantage donc durant les tirs au but, le fils de l’entraîneur adjoint s’était déjà montré décisif, en effectuant "une superbe parade" avant le repos, renvoyant le « cuir » sur l’un de ses montants. "Le ballon a rebondi du bon côté. On a eu de la réussite. Il en faut toujours un peu", souligne le coach manchois qui a mis une poignée de jours pour se rendre compte de la portée de cet exploit. "Un 4e tour, c’est assez inespéré. En 51 ans d’histoire, le FC Val-Saint-Père n’avait jamais atteint ce stade de l’épreuve. Et là, pour une première participation avec ce nouveau nom, on le réalise d’entrée".
Le père et le fils Godefroy partenaires sur le terrain
Du reste, depuis sa création, le FC Val & Grèves traverse une période faste. Avant ce billet décroché pour le 4e tour, les « Rouge et Noir » avaient remporté, en juin et à la surprise générale, la Coupe de Normandie futsal. "C’est complètement dingue. Certains de nos joueurs qui n’avaient jamais gagné les maillots de leur vie (ceux de la Coupe de France) se retrouvent à en avoir deux en trois mois d’intervalle", n’en revient presque pas Victor Deshayes, référence également à la tunique offerte par la Ligue de Normandie aux finalistes des coupes régionales. C’est le cas du milieu défensif Moran Daligault, le fils de Thierry, l’un des deux co-présidents du club avec Miguel Ferreira. Car dans ce coin du Sud-Manche, c’est aussi une affaire de famille, à l’image de Romain (47 ans) et Gabriel (20 ans) Godefroy, père et fils dans la vie, coéquipiers sur le terrain ! "D’ailleurs, sans un retour défensif de Romain, il est possible qu’on ne voie pas le 4e tour".
Alors qu’ils rêvaient d’affronter le voisin avranchinais, sociétaire de N1, les partenaires de William Allain - qui ont regardé tous ensemble le tirage au sort dans le club house - ont hérité de l’USC Mézidon, fraichement reléguée de R2. "De toute façon, peu importe le tirage, c’est un match historique", en salivait d’avance Victor Deshayes. "Déjà, on reçoit", se félicite Miguel Ferreira. "Pour la commune, pour les joueurs, se déplacer dans la Calvados ou dans la Pointe du Cotentin (comme au 2e tour), ça nous aurait embêtés". Et pour que cette aventure, qui avait démarré par une victoire sur tapis vert face à Saint-Hilaire-Virey-Landelles (R3, l’adversaire ayant aligné un élément suspendu), se prolonge, il faudra donc signer une nouvelle performance. "On devra être au top. Les garçons ont conscience que c’est du bonus. On se mobilisera avec eux pour mettre les ingrédients nécessaires". Rendez-vous est pris pour dimanche, 15 heures.
> Coupe de France. 4e tour - FC Val & Grèves (D1) / USC Mézidon (R2), dimanche 27 septembre à 15 heures au Stade Louis-Hayère.
Mathieu BILLEAUD






