On jouait les derniers instants à La Hache samedi soir et tout semblait indiquer que l'ASPTT Caen allait repartir sans victoire pour la quatrième fois de suite cette saison en championnat. Mais ça, c'était avant que Sofiane Naïli ne décide de prendre les choses en main et de changer le cours des événements contre Milizac. Quand le Caennais a commencé son numéro, cela faisait déjà un moment que son compère Nicolas Camillo avait répondu à l'ouverture du score bretonne, et plus d'une mi-temps que la délivrance se faisait attendre. "Je contrôle au milieu de terrain et ça s'ouvre devant moi, donc je continue avec le ballon", décrit en toute simplicité le milieu offensif. "Je fais une chevauchée et j’arrive dans la surface. Je mets une feinte de frappe, puis j’enchaîne du pied gauche et ça rentre". Alors que le but vaut le coup d'œil, son auteur se veut particulièrement modeste quand il le décrit. "Je n'ai pas trop réfléchi, d'autant que moi, je marque très rarement. Après, le but est ce qu’il est, et même si j’avais marqué d’un plat du pied au ras du poteau, j’aurais ressenti la même chose. Le plus important, c’était les trois points".
Promu cette saison, l'ASPTT Caen n'avait pas encore goûté à la victoire en championnat après trois matches et était le seul club normand dans ce cas à l'échelon fédéral. Pour autant, l'inquiétude n'était pas vraiment de mise dans les rangs calvadosiens. "On voyait bien qu’on n’était pas très loin. Il nous manquait simplement quelques ingrédients, notamment dans les deux surfaces", confirme Sofiane Naïli. "Même le match nul à Guingamp (0-0) était, à la base, un bon résultat pour nous. On savait donc qu’on avait les moyens de faire quelque chose". La bascule pour les Postiers, c'est certainement l'exploit du week-end précédent au quatrième tour de la Coupe de France contre le FC Dieppe (2-1), pensionnaire de National 1. "Ça nous a rassurés et ça s’est senti sur notre match contre Milizac, surtout au niveau de la confiance du groupe".
"le but est ce qu’il est, et même si j’avais marqué d’un plat du pied au ras du poteau, j’aurais ressenti la même chose. Le plus important, c’était les trois points"
Comme bon nombre de joueurs qui composent l'effectif de Laurent Dufour, Sofiane Naïli ne découvre pas le cinquième échelon, pour l'avoir connu dans un passé très récent. Après le rebond en Régional 1, l'idée est maintenant de se servir de l'expérience du groupe pour s'imposer dans un championnat cependant plus rude encore que voilà deux ou trois saisons. "On avait réussi à se maintenir une première fois. La deuxième fois, on était descendus de peu", rappelle le milieu de 27 ans. "Là, ça nous tient vraiment à cœur de ne pas faire l’ascenseur, comme les années précédentes. On sait qu’on est capables de se maintenir. En plus, c’est à peu près le même groupe, avec quelques renforts et surtout davantage d’expérience". Maintenant que le compteur à victoires s'est joliment ouvert, il va rester le plus difficile : surfer sur la dynamique. "Le début de saison a été compliqué, la préparation aussi, mais là, on a bon espoir pour la suite, même si on sait que chaque match et chaque week-end vont être compliqués". Avec quatre points en quatre matches de N2 et un duel à venir contre Déville Maromme (R2) samedi, au 5e tour de Coupe de France, l'ASPTT Caen de Sofiane Naïli a définitivement réalisé un début de saison des plus encourageants.
AR






