Ce dimanche matin, les Saint-Lois se sont réveillés avec le sourire. Au lendemain du succès 4-1 contre le FC Lannion (4-1), l'attaquant Maxence Danguy savourait une soirée qui a fait du bien aux jambes comme aux têtes. Après trois défaites consécutives en championnat, les Manchois ont en effet retrouvé le chemin de la victoire et leur attaquant celui des filets avec un doublé, son tout premier à ce niveau. "On sortait de quelques matches où on n’était pas inférieurs aux autres équipes, mais où on péchait dans l’efficacité, offensivement comme défensivement", résume-t-il. Même l’ouverture du score bretonne n’a pas entamé sa confiance : les occasions, de plus en plus nombreuses ces dernières semaines, allaient finir par payer et c'est ce qui s'est passé. Alors que Florian Bresteau a égalisé sur corner, Maxence Danguy s'est retrouvé à tirer un penalty importantissime en début de seconde période. "Forcément, devant le but, la jambe tremble un peu plus", reconnaît celui qui restait sur plusieurs occasions manquées. Sa frappe plein axe, passée de justesse sous la jambe du gardien, a libéré le buteur, qui a ensuite récidivé d’une tête croisée sur corner préalablement déviée par Flo Bresteau, encore lui. Ce succès, en plus de mettre la lanterne rouge à sept points, est venu rappeler que Saint-Lô avait mieux à proposer que ce que suggéraient ses derniers résultats.
Pour Maxence Danguy, ces soirées ont une saveur particulière. Le National 2 est un niveau qu'il découvre cette saison, au bout d’un parcours construit loin des centres de formation. "C’est tout nouveau pour moi. Chaque week-end, je découvre des trucs dont je n’ai pas du tout l’habitude. Je suis parti d’un petit club [l'Élan Sportif des Marais] très tard, je suis resté jusqu’à mes 17 ans. Forcément, quand tu n’as pas eu trop d’école de foot avant, tu as un peu moins de bases que les autres. C’est pour ça qu’arriver aujourd’hui en National 2 et pouvoir performer, c’est un kiff". Une ascension que l’attaquant explique moins par un talent particulier que par son investissement au fil des saisons. "Je ne pense pas avoir plus travaillé qu’un autre. Je n’ai peut-être pas plus bossé, mais j’ai toujours bossé. Je n’ai jamais triché sur les préparations individuelles, les préparations physiques, les tests VMA. Parce que j’adore ça, c’est ma passion. Je ne me suis jamais caché, je n’ai jamais refusé quoi que ce soit. Avec chaque coach que j’ai eu, j’ai toujours pris un peu de tout ce qu’on me disait".
"Je suis à ma place, clairement. Mais pour que ce soit acquis, il faut réitérer ce genre de performances plusieurs fois"
Cet enthousiasme communicatif, Saint-Lô peut aussi en profiter dans sa lutte pour rester hors de la zone rouge. Car Maxence Danguy ne prend plus seulement son plaisir devant le but : depuis son arrivée, il a appris à courir pour les autres. "Je ne faisais pas une part défensive pour aider l’équipe. J’étais vraiment attiré par le but, le but, le but. Après les trois premiers matches de championnat à Saint-Lô, le coach m’a dit : 'Tu sais que tu es un des deux ou trois joueurs de l’équipe qui courent le plus ?' Je n’avais jamais eu ça dans ma palette. Depuis, j’aime ça aussi. J’aime aider l’équipe sur des petits détails, même si c’est une course pour sauver un ballon". Une générosité qui accompagne sa découverte du niveau national, sans que son doublé d'hier ne l'encourage à vouloir brûler les étapes. Alors que plusieurs gros morceaux du championnat se profilent, l’attaquant attend encore de se mesurer à eux pour juger sa progression. "Je pense que j’ai encore des lacunes. Je ne peux pas me baser sur sept matches, souvent contre des équipes qui seront plutôt de notre championnat. Je suis à ma place, clairement. Mais pour que ce soit acquis, il faut réitérer ce genre de performances plusieurs fois". Les Manchois, qui auront besoin de son efficacité autant que de son énergie pour se maintenir, n'attendent que de le voir vite retrouver le chemin des filets. Dès qu'il a marqué cette saison, les Préfectoraux l'ont en effet emporté. Vous avez dit porte-bonheur ?
AR






