L’instauration de play-off, du 3e au 6e
C’est la principale modification liée à l’arrivée de cette Ligue 3. Si les deux premiers seront toujours directement promus à l’étage supérieur, ce n’est plus automatiquement la formation se classant 3e qui défiera le 16e de L2 en barrage aller-retour, pour déterminer le dernier club appelé à évoluer en deuxième division. A partir de cet exercice 2026-2027, les équipes terminant de la 3e à la 6e place prendront part à des play-off d’accession, sur un match à élimination directe, sur le terrain du mieux classé, selon le schéma suivant :
> le 3e contre le 6e
> le 4e contre le 5e
Les vainqueurs de ces « demies » se retrouveront pour une « finale », disputée avec les mêmes modalités.
"Avec ce changement de formule, beaucoup d’équipes viseront les six premières places, qui permettent de disputer les barrages", estime Régis Brouard, le coach du FC Rouen.
A l’autre extrémité du tableau, les trois derniers seront relégués en N1 (ex-N2). A noter que contrairement aux deux saisons passées en National, la L3 sera composée de 18 équipes et non 17 ; ce qui avait donné lieu à un exempt à chaque journée et donc à un classement difficilement lisible. Autant dire qu’en affichant complet, ce championnat revêt un aspect plus professionnel.
Fini la gratuité, bonjour Ligue 1+
En vertu d’un accord contracté avec la Fédération française, la Ligue 3 sera désormais diffusée en exclusivité sur Ligue 1+, la plateforme créée il y a un an par la Ligue de football professionnel, pour la diffusion de la D1. Si certains acteurs de cette troisième division, à l’image de Michel Mallet, y voient une occasion de lui offrir "beaucoup plus de visibilité, avec une couverture TV forte et une vraie communication qui n’a jamais existé (notamment sur les réseaux sociaux)", pas sûr que le spectateur et le téléspectateur y gagne au change. Car au lieu d’une retransmission gratuite sur YouTube, avec pour une poignée de clubs de belles audiences à la clé (les matchs du SM Caen ont réuni jusqu’à 50 000 vues uniques la saison dernière), chaque supporter des pensionnaires de ce championnat devra s’acquitter d’un abonnement à 19,99 € (14,99 € les trois premiers mois) ; 16,99 € pour ceux qui y avaient déjà souscrit pour l’exercice précédent !
Dans ce deal avec la FFF, Ligue 1+ s’est engagée à augmenter la production audiovisuelle des rencontres. Au lieu d’une seule caméra, les matchs de L3 en bénéficieront de deux. « L’affiche » de chaque journée (lire ci-dessous) en disposera, elle, de cinq, contre deux auparavant. L’intégralité des buts sera également rediffusée le samedi soir, au cœur d’un magazine consacré à la L1. "On sera presque traité comme les clubs de Ligue 2", estime Marc Keller, membre du comité exécutif de la FFF et l’élu référent pour cette L3. Pas certain que le téléspectateur trouve que le jeu en vaut la chandelle… pour son porte-monnaie.

La programmation de Ligue 1+, avec l'arrivée des matchs de L3, pour cette saison 2026-2027.
Des matchs le jeudi soir et le samedi après-midi
Par ailleurs, terminé le multiplex du vendredi soir, il est fixé maintenant au samedi, à 14 H 45, avec huit matchs. « L’affiche » est, elle, avancée au jeudi, avec un coup d’envoi à 20 H 45. Cette programmation a fait grincer quelques dents chez les dirigeants du Stade Malherbe. L’Etat-major des « Rouge et Bleu » argumentant que ces jours et ces horaires ne sont pas adaptés à ses partenaires, surtout concernant le samedi. Et on ne vous parle même pas du jeudi pour les supporters, encore plus pour ceux souhaitant se déplacer à l’extérieur.
Pour la Fédération française, cette programmation permet une exposition maximale de « sa » Ligue 3, sans entrer en confrontation frontale avec ses homologues de L1 et de L2 ; ce qui est partiellement vrai puisque deux rencontres de chaque journée de deuxième division sont prévues le samedi 14 heures sur beIN Sports. On a surtout l’impression que Ligue 1+ a placé les matchs afin de remplir sa grille. Vous me rétorquerez que c’est de bonne guerre.
A noter que huit journées en début et en fin de saison ainsi que durant les périodes de fenêtre internationale (J1, J2, J3, J8, J9, J26, J33, J34), bénéficieront d’une programmation adaptée, avec notamment un multiplex décalé au vendredi soir.
Jusqu’à 450 000 € par club
Si Ligue 1+ ne reverse pas un euro de droit TV pour la diffusion de la L3, la FFF a, elle, sorti le carnet de chèques pour « sa » nouvelle compétition. La Fédération française y consacre 12,3 M€, contre 5,8 précédemment, dont 70% seront reversés aux clubs. S’il respecte les critères d’une licence spécialement mis en place pour ce championnat (infrastructures, stade, éclairage, sécurité…), les pensionnaires de cette troisième division toucheront jusqu’à 400 000 € chacun. Une dotation à laquelle s’ajoutent 50 000 € d’aide aux déplacements. La saison passée, les clubs au statut fédéral (non-professionnel) avaient perçu jusqu’à 300 000 €.
Bien sûr, on est très loin des plus de 3 M€ de droits TV octroyés au Stade Malherbe lors de son dernier passage en Ligue 2, en 2024-2025. Mais on peut toujours dire que c’est mieux que rien pour un club dont le budget avoisine les 12 M€ pour cet exercice 2026-2027.
Par contre, les membres de cette L3 ne savent pas s’ils toucheront une somme liée au naming de ce championnat alors que la société de paris sportifs, Betclic vient d'être annoncée en grande pompe par la Fédération comme sponsor principal.
La même DNCG pour tous les clubs
Avec la création de la Ligue 3, tous les pensionnaires de ce championnat sont passés devant la DNCG fédérale (Direction nationale du contrôle de gestion) pour valider leur atterrissage ainsi que leur budget prévisionnel. Auparavant, les clubs au statut professionnel, avec un passé en L2, voire en L1, présentaient leurs comptes au gendarme financier de la LFP (Ligue de football professionnel). Un changement d’interlocuteur, de méthode aussi (avec des documents supplémentaires à fournir), qui a nécessité quelques éclaircissements avec certains dirigeants, à l’image de ce sursis à statuer prononcé en première instance à l’encontre de QRM, pourtant un élève modèle en la matière. Finalement, tout est rentré dans l’ordre rapidement.
Deux challenges vidéo par match pour chaque coach
Alors que la L2 se désespère de disposer de la VAR, sa petite sœur, la Ligue 3 aura sa propre assistance vidéo à l’arbitrage : le Football Vidéo Support. Un système allégé par rapport au dispositif appliqué en L1, mais qui permettra à chaque entraîneur de bénéficier de deux challenges par match, sur le modèle de ce qui se pratique déjà sur le circuit professionnel de tennis (si ce Football Vidéo Support donne raison au coach, celui-ci conserve son challenge). Pour solliciter un challenge, les techniciens en référeront au quatrième arbitre qui fait son apparition sur les pelouses de L3. Des actions bien précises sont concernées par ces vérifications vidéo des décisions des « hommes en noir » : un but inscrit, un penalty accordé, un carton rouge distribué, une erreur d’identification d’un joueur.
Et aussi…
Cette saison, les entraîneurs auront la possibilité de coucher 18 noms sur la feuille de match, contre 16 jusqu’à présent. Ainsi, ils pourront systématiquement y noter un second gardien, tout en conservant un nombre identique de cartouches sur le banc pour leurs remplacements (et même une de plus). Un soulagement pour les coachs qui avaient pris l’habitude de ne pas inscrire de portier supplémentaire, au risque d’aligner un joueur de champ dans les cages en cas de blessure du n°1 ; ce qui s’est produit à quelques reprises lors de l’exercice précédent.
Mathieu BILLEAUD
Et à partir de 2027-2028...
A partir de l'exercice 2027-2028, les pensionnaires de cette Ligue 3 devront respecter de nouvelles réglementations :
> Sur le plan sportif, les effectifs seront limités à 20 joueurs sous contrat « pro ». Ne sont pas compris dans ce quota, les jeunes âgés de moins de 21 ans et ceux formés au club ou dans la ligue régionale d'appartenance.
> A noter qu'à l'horizon 2028, les surfaces synthétiques seront interdites pour disputer les matchs de cette troisième division. Les clubs promus de N1 (ex-N2) bénéficieront d'une dérogation d'un an afin de se mettre en règle s'ils évoluent sur ce type de terrain.
> Sur le plan économique, afin de garantir la pérennité financière des clubs, la masse salariale ne devra pas excéder 60% des revenus d'exploitation en 2028, 50% en 2029 et 40% en 2030. Si ce ratio n'est pas respecté, les contrevenants s'acquitteront d'une « Luxury Tax », une contribution de solidarité qui sera réinjectée pour la promotion du championnat.
> Par ailleurs, si les fonds propres des clubs ne sont pas suffisants pour couvrir des pertes nettes prévisionnelles, la DNCG sera en droit de demander un préfinancement en début de saison (des garanties bancaires de l'actionnaire principal).






