Neuf clubs normands décrocheront leur billet pour le 7e tour de la Coupe de France, marqué par l'entrée en lice des pensionnaires de Ligue 2, à l'issue du week-end prochain (24-25 octobre). Tout au long de la semaine, la rédaction de Foot Normand consacre une semaine spéciale à ces différentes affiches.
« Nous sommes Montfortais, rouge et jaune sur le maillot. Venez nous voir jouer, personne (ne) peut nous arrêter. Fière de nos couleurs, on joue tous avec le cœur. On battra tout le monde, chez nous comme à l'extérieur (...) On chantera toujours, et ça de plus en plus fort. On tape dans nos mains, et ça de plus en plus fort. À nos adversaires, écoutez cette chanson. Car vous l'entendrez, jusqu'à la fin de la saison ». Imaginez ces paroles sur l'air de la célèbre chanson italienne des années 1980, Sarà perché ti amo, et vous obtenez depuis deux saisons l'hymne du FC Val de Risle (D1), Petit Poucet normand au 6e tour de la Coupe de France (voir ci-dessous). Son coauteur, Dylan Brument a été inspiré par une reprise a cappella des supporters de l'AC Milan avant chaque rencontre. "On voyait des équipes qui avaient leur propre chant sur les réseaux sociaux, et nous, nous n’en avions pas vraiment", indique le joueur de 30 ans, revenant sur la genèse de cette idée. "Sur un coup de tête, on s’est dit qu’on allait créer le nôtre. J’aime beaucoup la version des fans de l'AC Milan, ils sont incroyables quand tout le monde chante".
Avec son coéquipier et collègue Adrien Déchant, ils choisissent la version instrumentale de Sarà perché ti amo, et commencent à travailler dessus. "On n’a aucune notion de musique ni l’un ni l’autre. On a demandé à des gars qu’on connaît, ils nous avaient dit qu’ils nous aideraient et puis plus rien. Donc on s’est lancés tous seuls", rembobine Dylan Brument. "On a écrit les paroles, on a fait plusieurs essais, on a modifié, remodifié… Et puis un jour, il a fallu se lancer. On a partagé le résultat avec les gars du club". Les réactions furent positives, à tel point que le duo de joueurs-compositeurs a reçu un petit coup de pression immédiat : leurs partenaires leur demandent de la chanter dès le dimanche suivant ! "On n’était pas prêts du tout, on n’était pas synchronisés avec la musique… On s’est entraînés chez moi, au boulot et puis du jour au lendemain, on a franchi le pas. La première fois, c’était il y a deux ans environ lors d’un derby contre Pont-Audemer". Depuis, ce tube remixé à la sauce euroise cartonne dans le vestiaire « Jaune et Rouge », après chaque victoire.
Avec Dylan Brument en chef d'orchestre
Dylan Brument y veille. "J’ai les paroles dans mes notes, je l’envoie à chaque nouveau qui arrive et je la remets dans notre groupe WhatsApp interne des joueurs avant chaque match. Comme ça, tout le monde peut suivre le rythme". S’il n’a plus spécialement besoin de la version écrite sous les yeux pour chanter, le milieu de terrain garde tout de même son téléphone en main, notamment pour que ses coéquipiers jettent un œil par-dessus son épaule. Seul bémol, il est l’unique maestro à la manœuvre. Aucun de ses partenaires ne veut prendre le risque de se tromper. Car, il ne faut pas croire, être dans le bon tempo est plus technique qu'il n'y paraît. "On démarre à 16 secondes, on chante le premier couplet, et il faut redémarrer à 1’09". Apparemment, ce timing rebute les autres membres de l'effectif pour se jeter à l'eau. "Quand je ne suis pas là, ils n’osent pas la chanter. Ils disent : « Il n’y a pas Dylan, on va jouer autre chose. » Alors que je leur ai dit de la faire aussi quand je ne suis pas présent". La saison dernière, les joueurs du coach Corentin Borgne ont voulu la diffuser dans la sono du stade, à l'occasion du match de coupe contre Bayeux, mais la manœuvre s'est avéré trop complexe.
Ce week-end, cet hymne portera-t-il de nouveau chance au FC Val de Risle, qui s'apprête à accueillir le Stade Sottevillais (R1) ? Car si les « Cheminots » évoluent trois divisions au-dessus, du côté des « Jaune et Rouge », on pense l’exploit possible. "On était un peu déçus au tirage, car comme tout le monde, on voulait tirer un gros : le SM Caen, le FC Rouen ou QRM. Maintenant, on se dit que c’est faisable. Ça reste un match de foot de 90 minutes. C’est chez nous, on pourra compter sur nos supporters, c’est un terrain en herbe alors que notre adversaire a plus l’habitude du synthétique. Et puis si on passe ce tour, il s'agira d'un record pour le club, sachant que les formations de Ligue 2 entrent en lice après", rappelle Dylan Brument. Pour ne pas s'infliger une pression inutile, les troupes de Corentin Borgne ne changent rien à leur préparation. "On veut travailler comme si c’était un match de championnat", confirme le milieu récupérateur. "On ne veut pas déjouer sur ce match, car c’est ce qu’on a fait l'an dernier contre Bayeux". Et qui sait, avec un peu de réussite, de talent et la magie de la Coupe de France, l’air de Sarà perché ti amo résonnera peut-être à nouveau dans les travées du Stade Jean-Duquesne.
> Coupe de France. 6e tour - FC Val de Risle (D1) / Stade Sottevillais CC (R1), samedi 24 octobre à 16 H 30 au Stade Jean-Duquesne à Montfort-sur-Risle.
Florian POLTEAU-GOMEZ
Inspiré de la reprise de Sarà perché ti amo par les supporters de l'@acmilan, l'hymne du FC Val de Risle (D1) résonne après chaque victoire. Les « Rouge et jaune » espèrent la chanter à nouveau après le 6e tour de @coupedefranceCA 🆚 le Sotteville CC (R1). https://t.co/fqhSwe7dLR
— FOOT NORMAND (@FOOT_NORMAND) October 20, 2026
Cette fois-ci, le président Christian Tihy ne s'absentera pour rien au monde
Même après avoir connu avec une épopée mémorable en tant que joueur, sous le maillot du CA Lisieux, en 1981-1982, qui les avait emmenés, lui et ses coéquipiers, jusqu'en 16e de finale contre les Girondins de Bordeaux, Christian Tihy (68 ans) ne reste pas insensible aux charmes de la Coupe de France. A la tête du FC Val de Risle depuis 15 ans, le président a vécu la qualification de son club pour le 6e tour depuis... l’Andalousie où il s’accordait un séjour avec son épouse. "J’essayais de suivre sur Delaunay+ qui retransmettait la rencontre, mais la connexion n’était pas bonne. Comme j’étais stressé, j’ai finalement préféré attendre le résultat final et regarder le match plus tard", témoigne le dirigeant. "Ça m’ennuyait de ne pas être présent, mais j’avais promis à ma femme qu’on partirait en vacances. Dans le calendrier, je n’avais pas vu que c’était un doublon. A la base, on devait jouer une rencontre de championnat de district. J’étais un peu déstabilisé".
Une absence qui ne s'est pas fait spécialement ressentir. Dans ce club familial, l’organisation est réglée comme une horloge. "Les bénévoles ont tellement bien préparé ce match... Par contre, ce qui m’a le plus manqué, c’est cette ambiance. Je suis un émotif, je vis pour ces moments. Pour le prochain tour, on organise à peu près la même chose avec des éléments supplémentaires. Des surprises que je ne peux pas annoncer. Mais le ballon de cette affiche arrivera d’une façon inhabituelle". Les 230 licenciés des « Jaune et Rouge » et leurs proches s’apprêtent donc à vivre de nouveau un grand événement. "Il y a une ambiance conviviale. Malgré notre niveau en district, on rassemble une centaine de spectateurs à chaque rencontre". Il y a fort à parier que, pour ce 6e tour historique contre les « Cheminots » du Sotteville CC, le Stade Jean-Duquesne battra un record d'affluence. Le président espère attirer plus de 800 spectateurs, ce samedi.
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