Le terme a été répété plusieurs fois par nos différents interlocuteurs : "C’est Le Graal !" Pour un footballeur amateur ou un dirigeant, l’obtention des fameuses tuniques de la Coupe de France signifie souvent un moment historique, le souvenir aussi d'une épopée. Pour rappel, la Fédération française fournit un équipement complet à chaque formation atteignant le quatrième tour. Nombreux sont pourtant ceux qui restent sur le carreau, notamment dans les divisions départementales, où les trois premières étapes écrèment de nombreuses équipes. Et l’attente est parfois longue pour certains, notamment au FC de l’Elle (D2), qui atteint ce niveau pour la première fois depuis sa création il y a 30 ans. "La première émotion, c'est la joie", raconte Linda Quesnel, co-présidente de ce club manchois depuis trois ans en compagnie de Christophe Lenoël. "L'objectif était de passer, les joueurs l'ont réussi. Ils ont ressenti une telle joie, c'était très fort". Très émotive, la dirigeante se trouve comme dans un état second à l'idée de voir « ses » garçons porter ces maillots sur leurs épaules. "Pour notre anniversaire, c'est un cadeau énorme qu'ils font à tout le club".
Son capitaine, Nicolas Letellier, au FCE depuis trois saisons, mesure pleinement cette opportunité, lui qui les a déjà « touchés » à deux reprises dans sa « carrière » de footballeur à l’Agneaux FC et à Condé Sports. "C’est à la fois une motivation lors des premiers tours, mais aussi une récompense de tout le travail effectué, notamment depuis le début de la préparation estivale. La Coupe, c’est la première compétition qu’on joue, avant même de débuter le championnat. Donc, il faut être prêt directement. Après, cela dépend de beaucoup de choses, du tirage notamment". Et pour le club situé entre Saint-Lô et Bayeux, ce parcours 2026 reste historique. "C’est beau pour nous, pour les bénévoles, pour les petits jeunes et les gens qui nous suivent. Lors du troisième tour à Bretteville-sur-Odon (D1, 2-2, 4-2 tab), qui n’est pas la porte à côté, on avait pas mal de supporters. C’est une vraie fierté. J’ai même vu nos coprésidents pleurer", confie le milieu défensif de 36 ans. Opposés à un autre pensionnaire de D1, ce dimanche, l’US Percy, les hommes de Linda Quesnel rêvent toujours plus grand.
Le rêve d'affronter Malherbe ou le FC Rouen au 5e tour
Cette exaltation a également été ressentie à l’autre bout de la région, où le FC Hennezis Vexin Sud (D3), a obtenu son billet pour le quatrième tour après avoir sorti le RC du Port du Havre (D1, 1-1, 5-4 tab). Du haut de ses 32 ans, Jordan Komorniczak reçoit enfin cette récompense : "Je n’ai jamais eu l’occasion d’atteindre ce niveau en Coupe de France. Il y a pourtant 16 ans que j’ai pris ma première licence au club, et c’est la première fois qu’on est au quatrième tour. Je vais enfin porter ce maillot symbolique. Pour moi, c’est génial. C’est une grande fierté pour nous tous. C’est vrai qu’on se souvient souvent de deux choses : les montées et les maillots de la Coupe de France". Un exploit d’autant plus retentissant que l’association a été mise en sommeil durant une saison et n’a repris son activité qu’il y a deux ans. "On n’avait plus d’équipe. On on a repris en D4 l’an dernier. On termine champion dès la première saison, et aujourd’hui, en toute franchise, on ne se fixe pas de limites", révèle le joueur qui officie également en tant qu'entraîneur adjoint. Pour les Eurois, Petit Poucet normand, il faudra fournir une nouvelle grosse prestation ce week-end alors qu’ils recevront le FC Val de Risle, pensionnaire de D1.
Les joueurs de l’Union Sportive Blainville-Bieville-Beuville (R3) ont, eux aussi, eu leur lot d’émotions après le départ surprise de Sébastien Mazure du banc de touche pour raisons personnelles. Ce qui n’empêche pas les Calvadosiens de demeurer ambitieux. "On n’a rien vu venir, mais on s’est réuni avec les cadres, et on s’est dit que l’aventure devait continuer pour nous, pour Dylan Costy, qui assure l'intérim, et aussi pour Sébastien", témoigne le gardien Erwan Marie. "On a déjà eu les maillots l’an dernier, mais avant, ça faisait 30 ans que Blainville n’avait pas connu ce niveau. Il y a un côté historique et la fierté de rééditer l’exploit. Porter la tunique de la Coupe de France sur les épaules, c’est vraiment quelque chose de magique. C’est une journée inoubliable et magnifique pour nous sur le terrain, mais aussi pour l’encadrement, les supporters et surtout les bénévoles". Ce dimanche, ils ne seront peut-être pas nombreux à parcourir les deux heures de route qui les séparent de la pelouse du FC Ezy-sur-Eure (D2). Pourtant, la prochaine étape est tout aussi séduisante pour les 66 équipes normandes encore en lice, avec l'espoir d'affronter au prochain tour l'un des pensionnaires de Ligue 3. "On rêve d’affronter le Stade Malherbe ou le FC Rouen, on n'est plus qu’à un match", se projette Jordan Komorniczak.
Florian POLTEAU-GOMEZ
"On est resté bouchée bée, choqué de son départ. Il n'y avait aucun signe. Il n'a rien laissé paraître. C'est une très belle personne, bienveillante. Il était toujours présent pour nous. Tout se passait très bien. Il ne nous amenait que du positif, notamment sur le plan footballistique"
Erwan Marie, gardien de l'Union Blainville-Bieville-Beuville au sujet du départ de Sébastien mazure POUR DES MOTIFS PERSONNELS






