Le coup d’envoi est lancé pour les féminines du HAC. Au terme de sept semaines de préparation, les protégées de Maxime Di Liberto s’apprêtent à débuter une cinquième saison d’affilée dans l’élite du football français. Et d'entrée, elles rentreront dans le vif du sujet. Et pour cause, la première journée les confronte à un gros morceau : l’Olympique de Marseille, une formation taillée cette année pour postuler aux premiers rôles en Arkema Première Ligue. Pour lutter dans ce championnat, les « Ciel et Marine » misent sur la continuité de leur staff. A commencer par leur coach. Arrivé sur le banc havrais en 2024, après un passage par la formation, Maxime Di Liberto a été prolongé cet été. “Pour occuper le poste d’entraîneur de notre équipe première, il ne faut pas avoir peur de faire jouer des jeunes. Maxime en a l’habitude et il entretient de très bonnes relations avec Romain Chevrier, notre directeur de la formation chez les féminines", raconte Laure Lepailleur, la manager général de la section.
Car s’il y a bien une chose qui n’a pas changé au HAC, c’est la volonté de s'appuyer sur l’émergence de nouveaux talents. Pour construire son effectif en Arkema Première Ligue, le club doyen n’a pas vraiment eu d'autre choix que de compter sur sa jeunesse, notamment pour des raisons budgétaires, malgré la récente mise en place de la convention collective. “L’expérience s’achète et nous n’en avons pas les moyens. La convention permet de signer des contrats de cinq ans avec une évolution de salaire mais notre contexte économique ne nous permet pas d’y répondre", souligne l'ex-internationale française, qui doit composer avec l’un des plus petits budgets du championnat. "La prise de risque est trop importante pour notre club donc on signe des contrats courts, car on n’a pas la capacité financière de s’engager sur la durée".
"On signe des contrats courts, car on n'a pas la capacité financière de s'engager sur la durée"
Avec un peu plus de 2 M€ de budget annuel, bien loin des huit à dix millions du PSG ou de OL Lyonnes, le HAC est contraint d’encadrer sa masse salariale. En moyenne, une footballeuse havraise touche entre 1 150 € et 3 000 € par mois, loin des salaires mirobolants perçus au sein de la Ligue. “Sur certains dossiers, on atteint notre plafond de verre. Je comprends très bien que des joueuses partent au bout d’un moment, car on leur demande beaucoup sans avoir de grands moyens. Je considère le club du HAC comme un tremplin”, estime la « patronne » de la section féminine.
Cinq contrats professionnels pour la génération 2008
Fidèle à son identité, le HAC préfère faire grandir les talents locaux. Sur les 21 contrats professionnels qui composent l'effectif de Maxime Di Liberto cette saison, cinq sont issus de la génération 2008. La défenseure Maël Doré, les milieux Emmy Lefèvre, issue de la formation de l’AG Caen, et Talila Seika, qui peut aussi évoluer devant, les attaquantes Thaïs Gallais, au club depuis 2018, et Luna Laboucarié, qui entame sa quatrième saison en « Ciel et Marine », ont paraphé leur premier contrat « pro » cet été. “Je ne peux pas affirmer que ces joueuses sont complètement prêtes pour l’élite. Certaines avancent plus vite que d’autres. Mais notre priorité, c’est qu’elles grappillent petit à petit du temps de jeu”, indique Laure Lepailleur à propos de ces cinq internationales en équipe de France jeunes.
"L'objectif reste de se maintenir, mais ce qui change effectivement, c'est la période à laquelle on y arrivera"
Le club doyen doit également composer avec un effectif remodelé (12 départs dont Laëtitia Philippe, Romane Enguehard, Chancelle Effa Effa...), et faire en sorte que la mayonnaise prenne rapidement avec les sept recrues enregistrées, dont le retour de prêt d’Eden Le Guilly (PSG). Deux autres dossiers concernant des profils offensifs se trouvent encore en discussion. Après la défaite contre Nantes (2-0) pour leur entrée en lice en Coupe de la Ligue, les Hacwomen doivent vite basculer en mode championnat. “L’équipe est en progression, mais il va falloir être prêt rapidement, c’est tout l’enjeu. On joue des concurrents directs comme Toulouse, Saint-Malo ou encore le RC Lens très tôt dans la saison”, signale la manager générale de la section féminine.
Avec toujours la même ligne directrice : se maintenir à ce niveau après une 8e place obtenue la saison dernière. Paradoxalement, si elles n’ont jamais basculé dans la zone de relégation l’an passé, les filles de Maxime Di Liberto sont toujours restées sous pression dans “un championnat qui se resserre et progresse". “L’objectif reste de se maintenir, mais ce qui change effectivement, c’est la période à laquelle on y arrivera. Plus on l’acquiert tôt dans la saison, plus on pourra être ambitieux pour les années à venir”. A l'heure de démarrer son championnat, ce samedi, du côté de Martigues, pour affronter l'OM, le HAC avance avec beaucoup d’humilité. Sur le papier, le duel semble totalement déséquilibré, au vu du recrutement opéré par les Phocéennes. Mais le club doyen ne rendra pas ses armes sans combattre. “Ce sera un match compliqué, mais on donnera le meilleur de nous-même, comme d’habitude", rappelle Laure Lepailleur. "Si on arrivait à prendre un point à l’extérieur, ça serait déjà magnifique”. Réponse sous les coups de 23 heures.
> Arkema Première Ligue. J1 - Marseille / Le Havre AC, samedi 5 septembre à 21 heures au Stade Francis-Turcan à Martigues.
Léa QUINIO






